mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mai 2020, Mme B F, M. G E, Mme I E C et M. H E, représentés par Me Doux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Réauville a délivré à Mme B F un certificat d'urbanisme opérationnel négatif ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de délivrer Mme B F un certificat d'urbanisme opérationnel positif dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Réauville la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, le maire ayant statué au nom de la commune et non au nom de l'Etat ;
- les gestionnaires de réseaux n'ont pas été consultés en méconnaissance de l'article R. 410-10 du code de l'urbanisme ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, le terrain étant situé dans les parties urbanisées de la commune.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 septembre 2020, la commune de Réauville, représentée par Me Rigoulot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas avoir notifié leur requête conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2021, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'incompétence du maire de Réauville n'est pas fondé ;
- le surplus de la requête, qui est mal dirigé, ne pourra qu'être rejeté à son encontre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bedelet,
- les conclusions de Mme André.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants sont propriétaires indivisaires de la parcelle cadastrée section D n°569 située rue de Montjoyer à Réauville. Mme B F a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel le 20 janvier 2020 pour la construction d'une maison individuelle. Par la décision du 17 mars 2020, le maire a déclaré cette opération non réalisable au motif que le terrain se situe hors des parties actuellement urbanisées de la commune. Les requérants demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme est délivré () par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code ". Aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes () ". Il résulte de ces dispositions que même si le plan local d'urbanisme a été annulé, le maire reste compétent pour délivrer les certificats d'urbanisme en son nom.
3. La commune de Réauville était dotée d'un plan d'occupation des sols devenu caduc le 27 mars 2017. L'annulation par le Tribunal de la délibération en date du 15 mai 2013 approuvant la révision du plan local d'urbanisme de la commune n'a pas eu pour effet de dessaisir le maire de sa compétence pour statuer au nom de la commune sur les demandes de certificats d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en ce que le maire aurait dû statuer au nom de l'Etat doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 410-10 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente recueille l'avis des collectivités, établissements publics et services gestionnaires des réseaux mentionnés à l'article L. 111-11 ainsi que les avis prévus par les articles R. 423-52 et R. 423-53. Ces avis sont réputés favorables s'ils n'ont pas été émis dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis ".
5. Le certificat d'urbanisme en litige mentionne, en son article 3, que la parcelle en cause est desservie par les réseaux d'eau potable, d'assainissement et par la voirie et s'agissant du réseau électricité, il est mentionné " SDED - à vérifier ". Cependant, pour déclarer l'opération envisagée non réalisable au droit de ce terrain, le maire de Réauville s'est uniquement fondé sur le motif tiré de ce que le projet ne se trouvait pas " en continuité des parties urbanisées de la commune " et non sur les conditions de desserte du terrain par les réseaux. Dans ces conditions, la circonstance que le maire n'aurait pas consulté le gestionnaire du réseau d'électricité ou, à tout le moins, n'ait pas attendu l'expiration du délai d'un mois courant à compter de la demande d'avis du 4 mars 2020, n'a pas été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise et n'a pas privé les requérants d'une garantie. Par suite, le vice de procédure invoqué n'a pas constitué une irrégularité de nature à entacher la légalité de cette décision.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune, il doit notamment être tenu compte de la géographie des lieux, de la desserte par des voies d'accès, de la proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune, du nombre et de la densité des constructions projetées, du sens du développement de l'urbanisation, ainsi que de l'existence de coupures d'urbanisation, qu'elles soient naturelles ou artificielles.
7. Le terrain d'assiette du projet, côté sud, se situe à proximité immédiate de terrains bâtis relevant des parties urbanisées de la commune. Toutefois, sa superficie est de 3 610 m², il ne comporte pas de construction mais est constitué de bois et s'ouvre au nord sur un vaste espace naturel. Il est en outre séparé, à l'est, de quelques maisons par une grande parcelle boisée et, à l'ouest, de la parcelle construite cadastrée section F 785 par une route (la rue de Montjoyer) qui constitue une coupure d'urbanisation. Dans ces conditions, alors même que le terrain est desservi par l'ensemble des réseaux, ce projet situé en dehors des parties urbanisées de la commune, aurait nécessairement pour effet d'étendre celles-ci. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme et sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le maire de la commune de Réauville a considéré que le projet n'était pas réalisable sur la parcelle.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Réauville, que les conclusions présentées par les requérants tendant à l'annulation de la décision du 17 mars 2020 doivent être rejetées, ainsi que, par conséquent, celles aux fins d'injonction.
Sur les frais d'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Réauville, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Réauville au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête n°2002709 est rejetée.
Article 2 :Les requérants verseront à la commune de Réauville une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme B F, à la commune de Réauville et à la préfète de la Drôme. Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
A. Bedelet
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026