vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002751 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2020, M. A B, représenté par Me Segard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne Rhône-Alpes du 24 décembre 2019 confirmant la sanction disciplinaire de placement en cellule disciplinaire pendant une durée de quatorze jours, dont sept jours avec sursis, prononcée à son encontre par la commission de discipline du centre pénitentiaire de Grenoble-Varces le 27 novembre 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de procéder à l'effacement des données relatives à la procédure disciplinaire dans son dossier ainsi que les mentions inscrites dans le logiciel " GIDE ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée de vices de procédure tirés, d'une part, du manquement par un membre de la commission de discipline au principe d'impartialité, d'autre part, à la violation des règles du procès équitable au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- les droits de la défense ont été méconnus en raison du refus de la présidente de la commission de discipline de faire droit à sa demande d'audition de témoins ;
- la sanction prononcée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 avril 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Heintz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, incarcéré au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces, a fait l'objet le 27 novembre 2019 d'une sanction disciplinaire de placement en cellule disciplinaire pour une durée de quatorze jours, dont sept jours avec un sursis actif pendant six mois, prononcée par le président de la commission de discipline du centre pénitentiaire. Par une décision 24 décembre 2019, le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Auvergne Rhône-Alpes a confirmé la sanction disciplinaire prononcée à son encontre. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision du 24 décembre 2019.
2. Seule la décision prise à la suite du recours administratif préalable obligatoire, qui se substitue nécessairement à la décision initiale, est susceptible d'être déférée au juge de la légalité. Toutefois, si l'exercice d'un tel recours a pour but de permettre à l'autorité administrative, dans la limite de ses compétences, de remédier aux illégalités dont pourrait être entachée la décision initiale, sans attendre l'intervention du juge, la décision prise sur le recours n'en demeure pas moins soumise elle-même au principe de légalité. Si le requérant ne peut invoquer utilement des moyens tirés des vices propres à la décision initiale, lesquels ont nécessairement disparu avec elle, il est recevable à exciper de l'irrégularité de la procédure suivie devant la commission de discipline.
3. En premier lieu, eu égard à la nature et au degré de gravité des sanctions disciplinaires encourues par les personnes détenues, qui n'ont, par elles-mêmes, pas d'incidence sur la durée des peines initialement prononcées, le requérant ne peut être regardé comme ayant fait l'objet d'une accusation en matière pénale au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, si les sanctions disciplinaires encourues par les personnes détenues peuvent entraîner des limitations de leurs droits et doivent être regardées de ce fait comme portant sur des contestations sur des droits à caractère civil au sens du paragraphe 1 du même article 6, la nature administrative de l'autorité prononçant les sanctions disciplinaires fait obstacle à ce que ces stipulations soient applicables à la procédure disciplinaire dans les établissements pénitentiaires. Par suite, M. B ne saurait utilement soutenir qu'il n'a pas bénéficié d'un procès équitable au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, le requérant soutient que lors de son audition devant la commission de discipline qui s'est tenue le 27 novembre 2019, était présent en qualité de surveillant un agent pénitentiaire avec lequel il était en conflit à la suite d'un précédent incident et que la présidente de la commission de discipline aurait été influencée par ce litige pour le sanctionner. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est allégué que l'agent pénitentiaire en cause serait intervenu de quelque façon au cours de la séance de la commission de discipline, ni qu'il aurait été présent lors du délibéré. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la présidente de la commission de discipline, qui a mentionné notamment dans la décision du 27 novembre 2019 les nombreux antécédents disciplinaires de M. B, aurait manifesté une quelconque animosité à son égard ou fait preuve de partialité. Ainsi, aucun manquement à l'obligation d'impartialité qui s'imposait au président de la commission de discipline ne peut être retenu.
4. En deuxième lieu, la décision contestée du directeur interrégional des services pénitentiaires comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, le directeur interrégional, lorsqu'il est saisi du recours administratif préalable obligatoire formé par le détenu, n'est pas tenu de répondre à l'ensemble de l'argumentation soulevée par l'intéressé mais seulement d'indiquer les éléments sur lesquels il se fonde pour prendre sa décision. Par suite, le moyen tiré de ce que le directeur interrégional des services pénitentiaires n'aurait pas répondu à l'argument tiré du manque d'impartialité de la présidente de la commission de discipline, doit être écarté.
5. En troisième lieu, aucune disposition des articles R. 57-7-5 et suivants du code de procédure pénale, alors applicable, ni aucun autre texte ne prévoyait expressément la possibilité, pour le président de la commission de discipline, de faire auditionner des témoins. Il résulte cependant du principe de valeur constitutionnelle du respect des droits de la défense qu'en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires, le président de la commission de discipline a toujours la possibilité, s'il l'estime utile au regard du bon déroulement de la procédure et pour la manifestation de la vérité, de faire entendre des témoins par la commission. Si la personne détenue qui fait l'objet d'une procédure disciplinaire peut également demander à faire entendre des témoins par la commission, l'opportunité d'une telle décision demeure toutefois réservée à la seule appréciation du président de la commission de discipline. Il suit de là que le refus du président de la commission de discipline de faire droit à la demande du détenu n'est pas susceptible d'entacher d'irrégularité la procédure mise en œuvre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, dans sa rédaction applicable : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () / 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; () ". Aux termes de l'article R. 57-7-47 du même code : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré () ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été sanctionné pour avoir, le 20 novembre 2019, interpellé un agent pénitentiaire et proféré à son égard, à plusieurs reprises, des propos insultants et menaçants. S'il conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés, il n'apporte toutefois à l'appui de sa contestation aucun élément de nature à mettre valablement en doute l'exactitude ou la sincérité des incidents établis par le surveillant qui les a constatés alors. Par ailleurs, compte tenu de la réitération des propos tenus et des circonstances dans lesquelles ils ont été prononcés, ces insultes et menaces, dont le requérant n'a pas contesté la matérialité lors de son audition devant la commission de discipline mais a tenté d'en minimiser la portée, constituent une faute disciplinaire du premier degré et la sanction prononcée n'apparaît pas disproportionnée au regard de la gravité des faits.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 décembre 2019. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Segard et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 5 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
Le rapporteur,
M. HEINTZ
Le président,
V. L'HÔTE La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026