lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003071 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MOINE-PICARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2020, M. H F, Mme G F, Mme E F, Mme D F, Mme B F et M. A F, représentés par Me Moine-Picard, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 10 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la délibération du 10 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle classe les parcelles, cadastrées section AK n°s 185, 131, 132, 144, 184, 142 et 174, situées au lieu-dit " les Tattes " en zone naturelle ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Archamps une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération en litige est entachée d'un vice de procédure, l'autorité environnementale n'ayant pas été consultée pour avis ;
- le classement en zone naturelle des parcelles, cadastrées section AK n°s 185, 131, 132, 144, 184, 142 et 174, situées au lieu-dit " les Tattes " sur le territoire de la commune, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la délibération litigieuse méconnaît les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;
- la délibération litigieuse méconnaît les dispositions de l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2021, la commune d'Archamps, représentée par Me Mollion, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Archamps fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que la requête serait tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 11 octobre 2021 à 12 heures en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wyss,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Djeffal, représentant la commune d'Archamps.
Considérant ce qui suit :
1. M. H F, Mme I F, Mme E F, Mme D F, Mme B F et M. A F sont propriétaires des parcelles, cadastrées section AK n°s 185, 131, 132, 144, 184, 142 et 174, situées au lieu-dit " les Tattes " sur le territoire de la commune d'Archamps. Par une délibération du 10 décembre 2019, le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par un courrier du 6 février 2020, notifié le 10 février suivant, M. F et autres ont formé un recours gracieux à l'encontre de cette délibération qui classe leurs parcelles en zone naturelle. Ce recours gracieux a été rejeté par une décision de la commune d'Archamps du 30 avril 2020. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de cette délibération et de cette décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 104-2 du code de l'urbanisme dans ses dispositions en vigueur à la date d'approbation du document contesté : " Font également l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 les documents suivants qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local : 1° Les plans locaux d'urbanisme : a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés ; / () ". Aux termes de l'article L. 104-6 de ce même code : " La personne publique qui élabore un des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 transmet pour avis à l'autorité environnementale le projet de document et son rapport de présentation. ". En outre, aux termes de l'article R. 104-25 de ce code : " L'autorité environnementale formule un avis sur l'évaluation environnementale et le projet de document dans les trois mois suivant la date de sa saisine. / L'avis est, dès son adoption, mis en ligne et transmis à la personne publique responsable. Lorsqu'il est rendu par la mission régionale d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable, il est transmis pour information au préfet de région lorsque le périmètre du document d'urbanisme est régional ou aux préfets de départements concernés dans les autres cas. Il est, s'il y a lieu, joint au dossier d'enquête publique ou mis à la disposition du public. / A défaut de s'être prononcée dans le délai indiqué au premier alinéa, l'autorité environnementale est réputée n'avoir aucune observation à formuler. Une information sur cette absence d'avis figure sur son site internet. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la commune d'Archamps a saisi le 17 avril 2019, pour demande d'avis, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, c'est-à-dire, conformément aux dispositions citées au point précédent, le service régional chargé de l'environnement. Il ressort des pièces du dossier, et plus précisément du rapport de l'enquête publique, que l'autorité environnementale, saisie du projet de plan local d'urbanisme par les services de la commune, n'a rendu aucun avis dans le délai de trois mois fixé par les dispositions précitées. Elle est donc réputée n'avoir eu aucune observation à formuler sur ce projet. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération en litige est entachée d'un vice de procédure, l'autorité environnementale n'ayant pas été consultée pour avis.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment : " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ".
5. Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : /1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; /5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. "
6. Il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du premier thème du projet d'aménagement et de développement durables intitulé " Démographie, urbanisation et objectifs de modération de la consommation d'espace ", que ce dernier prévoit un objectif de " réduire la consommation d'espace et de lutter contre l'étalement urbain " avec comme moyens d'" organiser prioritairement le développement urbain dans les dents creuses des enveloppes urbaines et de " localiser les extensions urbaines pour l'habitat uniquement au chef-lieu / () ". En outre, au sein du cinquième thème du PADD intitulé " Ressources, continuités écologiques, patrimoine et paysages ", est prévu un objectif de " conserver les qualités paysagères liées à l'équilibre entre les secteurs bâtis des hameaux et les séquences naturelles et agricoles ". Au titre des moyens mis en œuvre pour ce faire, les auteurs du plan local d'urbanisme ont prévu de " préserver les espaces verts significatifs (vergers, jardins, haies, ) pour conserver l'identité rurale qui est caractérisée par la combinaison d'espaces bâtis et d'espaces libres. " et de " conserver les coupures d'urbanisation entre les hameaux ". Une carte illustre ces choix au sein du projet d'aménagement et de développement durables.
8. S'il apparaît que les parcelles litigieuses sont bordées sur un de leur côté par le chemin de Montfort et qu'elles sont en partie construites, elles sont incluses au sein des " espaces agricoles à protéger " et sont séparées du hameau " Les Pommeraies " par un espace boisé qui constitue une coupure d'urbanisation. En outre, elles se situent au sein d'une vaste zone naturelle avec laquelle elles ne sont pas en rupture. Par ailleurs, il ressort du rapport d'enquête publique que le commissaire enquêteur a indiqué que " selon le SCoT, l'intégration de ces parcelles en zone Uh correspondrait à une création d'un hameau. Elles ne peuvent être considérées en continuité du hameau des Pommeraies puisqu'un ruisseau les sépare d'une zone rouge du PPR ". Enfin, dès lors que cette délimitation effectuée dans un plan local d'urbanisme ne repose pas sur une appréciation manifestement erronée, elle ne porte pas d'atteinte illégale au principe d'égalité des citoyens devant la loi.
9. En l'espèce, en l'absence d'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement des parcelles dont ils sont propriétaires, les requérants ne peuvent utilement soutenir que des parcelles, sans d'ailleurs en préciser le numéro, selon eux comparables à leur tènement, ce qui n'est pas le cas dès lors qu'ils présentent des caractéristiques différentes, notamment en termes de taille, localisation ou d'aménagement, sont classées en zone constructible. Dans ces conditions, et compte tenu du parti d'aménagement retenu, le classement en zone naturelle de ces parcelles n'apparaît entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées. "
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses, cadastrées section AK n°s 185, 131, 132, 144, 184, 142 et 174, situées au lieu-dit " les Tattes ", classées en zone naturelle par la délibération litigieuse, se situent à environ 150 mètres des constructions du hameau " Les Pommeraies " et en sont séparées par un espace boisé qui constitue une rupture d'urbanisation. En outre, ces parcelles se situent au sein d'une vaste zone naturelle. Dès lors, la délibération litigieuse qui ne prévoit pas l'urbanisation de ces parcelles ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
12. En dernier lieu, les requérants se prévalent des dispositions de l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme. Cependant, ces dispositions ont été abrogées par l'article 10 du décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 relatif à la partie réglementaire du livre Ier du code de l'urbanisme et à la modernisation du contenu du plan local d'urbanisme. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
13. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions présentées par M. F et autres tendant à l'annulation de la délibération du 10 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune ainsi que, par voie de conséquence, la décision rejetant leur recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Archamps, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. F et autres et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. F et autres la somme que demande la commune d'Archamps au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2003071 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Archamps présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H F en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune d'Archamps.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président-rapporteur,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023
Le président-rapporteur,
J.P. Wyss
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
E. BARRIOL La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026