vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003229 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUDRY STELANDRE PASCALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2020, la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail Rhône-Alpes, représentée par Me Boudry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 septembre 2019 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi Auvergne-Rhône-Alpes a considéré qu'il n'y avait pas lieu de prononcer à l'encontre de la société Secrets de ravioles une injonction pour la réalisation de mesures de prévention de risques professionnels ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait quant à la portée de l'injonction que son ingénieur conseil avait adressée à la société Secrets de ravioles ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration qui ne lui sont pas applicables.
Par une ordonnance du 22 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 janvier 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- l'arrêté du 9 décembre 2010 relatif à l'attribution de ristournes sur la cotisation ou d'avances ou de subventions ou à l'imposition de cotisations supplémentaires en matière d'accidents du travail ou de maladies professionnelles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Heintz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme d'Elbreil, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 juin 2019, un contrôleur de sécurité de la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) Rhône-Alpes a effectué une visite dans les locaux de la société Secrets de ravioles à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme. Par un courrier du 23 juillet 2019, notifié le 24 juillet suivant, l'ingénieur-conseil de la CARSAT a enjoint à cette société de prendre les mesures nécessaires afin de protéger les salariés contre les risques liés aux chutes de hauteur et au chargement/déchargement de véhicules. Le 2 août 2019, la société a formé un recours contre cette injonction auprès du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi Auvergne-Rhône-Alpes. Le 17 septembre 2019, le directeur régional a décidé qu'il n'y avait pas lieu à injonction. Le 23 octobre 2019, la CARSAT a formé auprès du ministre du travail un recours hiérarchique contre cette décision, qui a été implicitement rejeté. Par sa requête, la CARSAT Rhône-Alpes demande au tribunal d'annuler la décision du 17 septembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-3 du code de la sécurité sociale : " Les caisses régionales peuvent faire procéder à toutes enquêtes qu'elles jugent utiles en ce qui concerne les conditions d'hygiène et de sécurité. Ces enquêtes sont effectuées par les ingénieurs-conseils et les contrôleurs de sécurité prévus à l'article L. 243-11. () ". Aux termes de l'article L. 422-4 du même code : " La caisse régionale peut : / 1°) inviter tout employeur à prendre toutes mesures justifiées de prévention, sauf recours de l'employeur à l'autorité compétente de l'Etat qui doit être saisie et doit se prononcer dans les délais qui sont fixés par voie réglementaire ; () ". Et aux termes de l'article 11 de l'arrêté susvisé du 9 décembre 2010 : " Les mesures de prévention visées à l'article L. 422-4 du code de la sécurité sociale et, dans les conditions fixées par arrêtés ministériels, à l'article L. 422-1 du code de la sécurité sociale relèvent de la procédure d'injonction. / L'injonction est adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, après enquête sur place effectuée par un ingénieur-conseil ou un contrôleur de sécurité. / Elle doit indiquer avec précision le risque exceptionnel concerné, les mesures à prendre par l'employeur, les possibilités techniques de réalisation, fixer le délai d'exécution et mentionner qu'à l'expiration de ce délai l'employeur est passible d'une cotisation supplémentaire en application des dispositions de l'article 8 ci-dessus. Lorsqu'il s'agit d'une situation particulièrement grave de risque exceptionnel visée à l'article 10 ci-dessus, l'injonction doit faire mention qu'en cas de répétition de la même situation de risque l'employeur est passible d'une cotisation supplémentaire, sans nouvelle injonction préalable, en application de l'article 10 ci-dessus. / L'injonction doit également faire mention de la faculté pour l'employeur d'introduire un recours devant le directeur régional des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l'emploi dans les conditions fixées par l'article 14 du présent arrêté. / Après exécution complète des mesures prescrites, l'employeur est tenu d'en aviser, par lettre recommandée, la caisse mentionnée aux articles L. 215-1 et L. 215-3 du code de la sécurité sociale qui peut faire procéder à la vérification ".
3. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () / 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction () ". Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ".
4. La décision du 23 juillet 2019 par laquelle la CARSAT, qui est un organisme de sécurité sociale, a notifié à la société Secrets de ravioles une injonction à mettre en œuvre des mesures de prévention, ne constitue pas une sanction. Elle n'est donc pas soumise au respect de la procédure contradictoire instituée par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et organisée selon les modalités prévues à l'article L. 122-1 du même code. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir qu'en considérant qu'elle avait méconnu la procédure contradictoire définie à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Auvergne-Rhône-Alpes a entaché sa décision d'une erreur de droit.
5. Toutefois, pour considérer qu'il n'y avait pas lieu à injonction, le directeur régional s'est également fondé sur la circonstance que la décision de la CARSAT du 23 juillet 2019 portait à tort sur l'ensemble des sites de la société Secrets de ravioles et non seulement sur celui qui avait été visité par le contrôleur de sécurité à Châteauneuf-sur-Isère.
6. Aux termes du 2ème alinéa de l'article 11 de l'arrêté du 9 décembre 2010 précité : " l'injonction est adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, après enquête sur place effectuée par un ingénieur-conseil ou un contrôleur de sécurité ".
7. Il ressort de ces dispositions que l'injonction adressée par la CARSAT ne peut porter que sur le site d'une société visitée par l'un de ses agents et non sur ses autres sites ou chantiers qui n'ont pas fait l'objet d'une enquête sur place. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que d'autres sites que celui de la société Secrets de ravioles situé à Châteauneuf-sur-Isère aient fait l'objet d'une visite par un ingénieur-conseil ou un contrôleur de sécurité de la CARSAT. Dans ces conditions, compte tenu de la portée de l'injonction prise par la CARSAT le 23 juillet 2019, le directeur régional de la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi Auvergne-Rhône-Alpes était fondé à considérer qu'il n'y avait pas lieu à injonction. Et il résulte de l'instruction que le directeur régional aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif.
8. Il résulte de ce qui précède que la CARSAT Rhône-Alpes n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 septembre 2019.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la CARSAT une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la CARSAT Rhône-Alpes est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail Rhône-Alpes, au ministre du plein travail, du plein emploi et de l'insertion et à la Société secrets de ravioles.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le rapporteur,
M. HEINTZ
Le président,
V. L'HÔTELa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026