lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BALLALOUD-ALADEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2020, le préfet de la Haute-Savoie demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2020 par lequel le maire de Lornay a sursis à statuer sur la demande de permis de construire déposée le 27 décembre 2019 par M. et Mme B ;
2°) d'enjoindre au maire de Lornay de procéder à une nouvelle instruction de cette demande de permis de construire.
Il soutient que :
-l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
-il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le projet de construction ne compromet pas et ne rend pas plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme au sens de l'article L.153-11 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2021, la commune de Lornay ne s'oppose pas à l'annulation de sa décision de sursis à statuer.
M. C B et Mme A B, représentés par Me Planchet, n'ont pas produit de mémoire.
Par une ordonnance en date du 30 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aubert,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Planchet, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 février 2020, le maire de Lornay a sursis à statuer sur la demande de permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé lieu-dit " Maunan et les Bernards " et cadastré section A n°1100 sur la commune de Lornay, déposée par M. B le 27 décembre 2019. Par une ordonnance du 2 juillet 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l'exécution de la décision de sursis à statuer au motif que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme était propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Le préfet de la Haute-Savoie demande l'annulation de l'arrêté du 21 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () / Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. () ". Aux termes de l'article A. 424-3 de ce code : " L'arrêté indique, selon les cas : () / c) S'il est sursis à statuer sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable. () ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-4 de ce code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours. ".
3. La décision contestée, qui vise les articles L. 424-1 et L. 153-11 du code de l'urbanisme et la délibération du conseil communautaire de Rumilly Terre de Savoie approuvant le PLUi, précise que le projet de construction se situe dans une zone qui deviendra inconstructible au regard du PLUi approuvé le 3 février 2020. Elle comporte ainsi les considérations de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3 () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
5. La faculté ouverte par ces dispositions législatives à l'autorité compétente pour se prononcer sur la demande de permis de construire, de surseoir à statuer sur cette demande, est subordonnée à la double condition que l'octroi de l'autorisation d'urbanisme soit susceptible de compromettre l'exécution du projet du plan local d'urbanisme et que ce dernier ait atteint, à la date à laquelle l'autorité doit statuer, un état d'avancement suffisant.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, le nouveau plan local d'urbanisme intercommunal était approuvé et faisait figurer la parcelle appartenant aux époux B dans la zone agricole, de sorte qu'il était suffisamment avancé pour permettre le cas échéant au maire d'envisager d'opposer un sursis à statuer au titre des dispositions précitées du code de l'urbanisme. Toutefois, le terrain d'assiette du projet, d'une superficie de 1048 m², est circonscrit par deux maisons, par la route et par le cimetière et s'il est limitrophe par son dernier côté à une zone à l'état naturel, il se situe dans la continuité immédiate de la zone déjà urbanisée. Dans ces conditions, au regard de la configuration des lieux et de la taille modeste de la parcelle ainsi que de son emplacement au regard de la vaste zone agricole se développant au Sud, le projet n'est pas de nature à compromettre l'exécution du PLUi ou à la rendre plus onéreuse. Par suite, en opposant le sursis à statuer contesté, le maire de Lornay a méconnu les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme et le moyen doit être accueilli.
7. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Haute-Savoie est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 février 2020 par lequel le maire de Lornay a opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire formée par les époux B. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Il résulte des articles L. 123-6, L. 600-2, R. 423-23 et R. 424-1 du code de l'urbanisme et L. 911-2 du code de justice administrative que l'annulation par le juge de l'excès de pouvoir de la décision qui a refusé de délivrer un permis de construire, ou qui a sursis à statuer sur une demande de permis de construire, impose à l'administration, qui demeure saisie de la demande, de procéder à une nouvelle instruction de celle-ci, sans que le pétitionnaire ne soit tenu de la confirmer.
9. Le sursis à statuer en litige ne constituant pas une décision de rejet au sens de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme qui impose qu'une telle décision indique l'intégralité des motifs qui le fondent, il n'y a pas lieu d'enjoindre au maire de la commune de Lornay de délivrer l'autorisation sollicitée. En revanche, sous réserve que les pétitionnaires ne déposent pas une demande d'autorisation portant sur un nouveau projet, il y a lieu d'enjoindre au maire de statuer à nouveau sur la demande de permis de construire de M. et Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, étant précisé que la décision de sursis à statuer annulée doit être regardée comme un refus au sens des dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme et, qu'en conséquence, lors du réexamen de cette demande, le maire devra faire application des règles d'urbanisme applicables au 21 février 2020. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 21 février 2020 par lequel le maire de Lornay a sursis à statuer sur la demande de permis de construire de M. et Mme B est annulé.
Article 2 :Il est enjoint au maire de la commune de Lornay de procéder au réexamen de la demande de permis de construire déposée le 27 décembre 2019 par M. et Mme B dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié au préfet de la Haute-Savoie, à M. et Mme B et à la commune de Lornay.
Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauveplane, président,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.
La rapporteure,
E. Aubert
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2003232
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026