LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2003263

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2003263

jeudi 9 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2003263
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juin 2020, M. C D A, représenté par Me Huard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 mai 2020 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le versement à son profit des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir à son profit le versement de ses conditions matérielles d'accueil, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la déclaration de fuite sur laquelle elle se fonde ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que l'OFII s'est cru à tort en situation de compétence liée par rapport à la déclaration de fuite ;

- elle méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 en ce qu'il prévoit que les conditions matérielles d'accueil ne peuvent être suspendues dès lors que le demandeur se présente de nouveau aux autorités chargées de l'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur une déclaration de fuite ancienne et en ne prenant pas en compte son état de vulnérabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 septembre 2020.

Par une ordonnance du 10 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;

- la loi n° 91-47 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme d'Elbreil, conseillère, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen né en 2000, a présenté une demande d'asile le 25 octobre 2018 et a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Le 11 février 2019, il a fait l'objet de deux arrêtés du préfet de l'Isère portant remise aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile et assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Le transfert n'ayant pas été exécuté, il a été déclaré en fuite. Par un courrier du 3 janvier 2020, la directrice territoriale de l'OFII lui a notifié son intention de suspendre le versement de ses conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 27 mai 2020, la directrice territoriale a procédé à cette suspension. Par une ordonnance du 7 juillet 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l'exécution de cette décision, dont M. A demande dans la présente instance l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le droit applicable au présent litige :

2. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " La décision de suspension, de retrait ou de refus des conditions matérielles d'accueil est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. () / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

3. M. A demande l'annulation de la décision suspendant le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil. Il ressort des pièces du dossier que l'enregistrement de sa première demande d'asile a eu lieu le 25 octobre 2018, date à laquelle il a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII. Dans ces conditions, la décision attaquée est régie par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

En ce qui concerne la légalité de la décision attaquée :

4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne également que M. A a été déclaré en fuite par la préfecture de l'Isère le 27 juin 2019. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la directrice territoriale de l'OFII se serait crue, à tort, en situation de compétence liée par la déclaration de fuite.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au présent litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; / () ".

7. Si M. A produit une fiche de routing mentionnant " échange impossible après départ, suite TGV 9862 complet, autorisé à emprunter le TGV 9862 " ainsi que " ce jour le 24/06.2019 la boutique voyage en gare de Grenoble ouvre à 8h30 ce qui oblige Monsieur à attendre l'ouverture de la boutique ", aucune pièce du dossier ne permet d'attester de ce que M. A n'aurait pu prendre le premier train qui lui a été réservé à 6 heures 30 le 24 juin 2019 pour une raison indépendante de sa volonté. En ce sens, les mentions apportées par les agents de la SNCF sur le routing du ministère de l'intérieur, si elles attestent de ce qu'il a été autorisé à emprunter un train pour lequel il n'avait pas initialement de réservation, n'impliquent aucunement qu'il n'aurait pu prendre le premier train à destination de Valence. Dès lors, M. A n'établit pas, par les seules pièces qu'il produit, qu'il aurait tenté en vain de se présenter aux autorités pour l'exécution de son transfert en Espagne, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile. Par suite, M. A ne démontre qu'il a été déclaré en fuite à tort, si bien que le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aucune disposition du droit de l'Union européenne directement applicable en droit interne ne fait obstacle à ce que l'OFII fonde sa décision de suspension des conditions matérielles d'accueil du 27 mai 2020 sur un manquement du requérant commis près d'un an plus tôt, soit le 24 juin 2019, l'intéressé ayant été placé en fuite le 27 juin 2019. En outre, le requérant ne peut utilement se prévaloir du régime juridique applicable aux décisions de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil à l'encontre d'une décision de suspension de ces dernières. Par suite, ce moyen doit être écarté.

9. En cinquième lieu, M. A ne produit pas d'éléments permettant de conclure qu'il se trouverait dans une situation de vulnérabilité telle que la directrice territoriale de l'OFII aurait entaché la décision attaquée d'erreur manifeste d'appréciation.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D A, à Me Huard et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Heintz, premier conseiller,

Mme d'Elbreil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.

La rapporteure,

M. D'ELBREIL

Le président,

V. L'HÔTELa greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions