mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003544 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 juillet 2020, le 19 mars 2021 et le 10 mars 2022, M. C D, représenté par Me Laurent, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 12 février 2020 par laquelle le conseil municipal de Valgelon-La Rochette a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme sur le territoire de la commune déléguée de La Rochette, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 4 mai 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Valgelon-La Rochette une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le retrait de l'OAP n° 5 dite " des sables " à l'issue de l'enquête publique méconnaît les dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme car il ne répond ni à une demande des personnes publiques associées ni à celle du commissaire-enquêteur ;
- le règlement des zones UX et NI n'est pas conforme aux prescriptions de l'arrêté préfectoral de protection du forage de la Seytaz du 20 juin 1994 ;
- l'OAP n° 4 est irrégulière dès lors qu'elle présente la particularité d'être classée en zone Nl mais avec un décrochement en zone UX, zone où la commune projette un bâtiment pôle enfance-restaurant scolaire, ce qui n'était pas nécessaire puisque les bâtiments d'intérêt collectif sont autorisés en zone Nl du règlement ;
- l'OAP n° 4 est irrégulière dès lors que les parcelles cadastrées section AB n°163, 164 et 165 sont intégrées dans l'emprise de l'OAP alors qu'elles en sont exclues aux termes du document graphique présentant l'OAP n° 4/parc du Gelon ;
- le classement de la parcelle cadastrée section AB n° 170 en zone Nl est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2022, la commune de Valgelon-La Rochette, représentée par Me Vray, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les conclusions de Mme A ;
- et les observations de Me Laurent pour le requérant, et de Me Vray pour la commune de Valgelon-La Rochette.
Considérant ce qui suit :
1. Par la délibération du 16 décembre 2015, le conseil municipal de la commune de Valgelon-La Rochette a prescrit la révision du plan local d'urbanisme sur la commune déléguée de la Rochette. Le 19 juin 2019, le bilan de la concertation a été tiré et le projet de plan local d'urbanisme a été arrêté. Une enquête publique a été organisée du 21 octobre 2019 au 22 novembre 2019 à l'issue de laquelle le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable avec recommandations le 20 décembre 2019. Par la délibération en litige, a été approuvée la révision du plan local d'urbanisme. M. D demande l'annulation de cette délibération ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux du 4 mai 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les modifications apportées après l'enquête publique :
2. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible à l'autorité compétente de modifier le plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que ces modifications procèdent de l'enquête.
4. Il ressort du rapport du commissaire enquêteur que l'INAO a indiqué, dans son avis du 30 septembre 2019, regretté " l'urbanisation future de I'OAP 5 " les sables ", d'une superficie de 0.6 ha, en extension de la zone urbaine et située sur des parcelles cultivées ". En outre, les observations 14 et 26 du public p. 83 et p. 99 du rapport du commissaire enquêteur critiquent cette OAP faisant valoir notamment que le tènement de 7 000 m2 grevé de l'OAP n° 5 appartient au maire et qu'il est éloigné du centre-ville alors que le plan a vocation à lutter contre l'étalement urbain. Ainsi, et alors qu'il n'est pas contesté que cette modification ne porte pas atteinte à l'économie générale du plan, la suppression de l'OAP n° 5 procède de l'enquête publique. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit été écarté.
En ce qui concerne le règlement des zones Nl et UX :
5. D'une part, il est loisible aux auteurs d'un PLU de prévoir des règles de constructibilité plus restrictives dans le périmètre de protection rapprochée d'un captage d'eau que celles édictées par l'autorité préfectorale dans le cadre des dispositions du code de la santé publique. Dans ces conditions, la circonstance que le règlement de la zone Nl autorise uniquement les extensions de constructions existantes et interdit les constructions nouvelles à usage d'habitation qui pourraient, selon certaines conditions être autorisées par l'arrêté préfectoral de protection du forage de la Seytaz du 20 juin 1994 n'est pas de nature à établir son illégalité.
6. D'autre part, il résulte des dispositions combinées des articles R. 151-51 du code de l'urbanisme et de son annexe que les servitudes attachées à la protection des eaux potables instituées en vertu des articles L. 1321-2 et R. 1321-13 code de la santé publique sont annexées au plan local d'urbanisme comme servitudes d'utilité publique affectant l'utilisation du sol. Elles sont opposables aux demandes d'autorisation d'occupation du sol. Toutefois, il ne résulte ni de ses dispositions ni d'aucun texte ou principe, que les dispositions régissant une telle zone de protection des eaux potables seraient au nombre des règles au regard desquelles doit être appréciée la légalité du plan local d'urbanisme. Ainsi, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la violation des prescriptions contenues dans l'arrêté du 20 juin 1994 qui demeurent, en tout état de cause, opposables aux autorisations d'urbanisme qui seront délivrées dans la zone.
7. Ainsi, le moyen tiré l'irrégularité du règlement des zones Nl et Ux doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'OAP n°4 dit parc de Gelon :
8. S'agissant du périmètre de l'OAP n°4, il ressort tant de la page 20 du tome 2 du rapport de présentation que du document graphique du plan local d'urbanisme que les parcelles cadastrées section AB n° 163, 164 et 165 sont intégrées dans le périmètre de l'OAP n° 4. La circonstance qu'elles ne seraient pas comprises dans le document graphique du cahier des OAP résulte d'une simple erreur matérielle sans incidence sur la légalité de la délibération contestée. Il en est de même de la circonstance que les constructions existantes sur ces parcelles ont fait l'objet de rénovation et de reconstruction en exécution de permis de construire délivrés avant l'approbation de la délibération contestée, ce qui n'est pas de nature à faire obstacle au classement des parcelles en zone Nl et à ce qu'elles soient incluses dans l'OAP n° 4.
9. M. D fait valoir que l'OAP n° 4 est irrégulière dès lors qu'elle est classée en zone Nl avec un décrochement classé en zone UX pour l'aménagement d'un restaurant scolaire. Toutefois, aucune disposition du code de l'urbanisme et notamment pas les articles L. 151-6 et suivants relatifs aux OAP ne prévoient qu'une OAP doive comporter un zonage unique. En outre, ce classement est cohérent avec le règlement de la zone UX qui correspond à une zone urbaine - équipement public alors que l'OAP mentionne à cet emplacement un restaurant scolaire et ce même si le règlement de la zone Nl autorise les constructions nouvelles à usage d'équipements d'intérêt collectif et services publics.
10. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de l'OAP n° 4 parc de Gelon doit être écarté.
En ce qui concerne le classement de la parcelle cadastrée section AB n° 170 :
11. La parcelle cadastrée section AB n° 170 d'une superficie de 2 380 m2 située au lieu-dit Rogue froide a été classée en zone Nl. Il ressort du rapport de présentation que cette zone concerne les secteurs actuellement en parc dans le tissu urbain ainsi que la zone à constructibilité limitée en raison du captage où la commune souhaiterait créer un nouveau parc urbain. Cette parcelle se situe à l'intérieur du périmètre de protection rapprochée du captage d'eau potable de la Seytaz soumis à l'arrêté du 20 juin 1994. Elle est séparée du centre bourg par la rivière de Gelon, le long de laquelle l'OAP n° 4 prévoit la réalisation d'un " axe mode doux " qui assurera la connexion piétonne entre l'hypercentre et le pôle d'équipement (" école, halle sportive, médiathèque "). Cette parcelle jouxte à l'Est une vaste zone concernée par les risques naturels. En outre, le classement de la parcelle du requérant en zone Nl répond aux objectifs du PADD notamment ceux visant à recentrer les projets sur le centre-ville par la construction d'un parc ludique et récréatif, à aspirer à une approche plus durable en protégeant les abords du captage de la Seytaz et en encourageant les déplacements doux ou mutualisés notamment dans la zone NI au droit de la parcelle section AB n°170. Enfin, le requérant ne saurait utilement se prévaloir du classement antérieur de cette parcelle dès lors que les auteurs d'un plan local d'urbanisme ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'occupation et d'utilisation des sols. Par suite et sans qu'y fasse obstacle la proximité avec le centre-bourg et le fait que cette parcelle supporte une construction, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement en zone Nl de la parcelle en cause doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 12 février 2020 et de la décision de rejet de son recours gracieux. Il y a lieu en conséquence de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation.
Sur les frais de justice :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Valgelon-la Rochette, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
14. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme de 1 200 euros à verser ce même titre à la commune de Valgelon-la Rochette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera la somme de 1 200 euros à la commune de Valgelon-la Rochette au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la commune de Valgelon-la Rochette.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme André, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
E. B
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2003544
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026