jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003657 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | METIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 juillet 2020 et le 16 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Metier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 9 janvier 2020 déclarant d'utilité publique le projet de création d'un maillage urbain à Douvaine entre la route départementale 1005 et la route départementale 20, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 6 mars 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- les conclusions du commissaire enquêteur sont insuffisamment motivées en méconnaissance de l'article R. 112-19 du code de l'expropriation ;
- la création d'un maillage urbain est dépourvue d'intérêt général ; aucune alternative n'a été étudiée et les inconvénients de l'opération sont excessifs au regard des avantages attendus ;
- la concertation avec le public n'a pas été satisfaisante.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juin 2021, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le conseil municipal de Douvaine (Haute-Savoie) a sollicité l'ouverture d'une enquête préalable en vue de réaliser une voie de liaison entre les routes départementales 20 et 1005 visant à améliorer la circulation automobile au centre-ville, à desservir les terrains constructibles à l'est de la voie à créer et à aménager une voie cyclable reliée au cheminement existant. Par arrêté du 9 janvier 2020, le préfet de la Haute-Savoie a déclaré d'utilité publique le projet de création de ces voiries. Mme A, riveraine du projet, a exercé un recours gracieux par lettre du 6 mars 2020, reçue le 9 mars en préfecture. Elle demande, dans la présente instance, l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2020 ainsi que le rejet implicite opposé à son recours gracieux.
2. L'arrêté du 9 janvier 2020 est signé par Mme Gouache, secrétaire générale de la préfecture de la Haute-Savoie, qui disposait d'une délégation de signature, régulièrement publiée à cet effet.
3. Aux termes de l'article R. 112-19 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : " Le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête examine les observations recueillies et entend toute personne qu'il lui paraît utile de consulter ainsi que l'expropriant, s'il en fait la demande. Pour ces auditions, le président peut déléguer l'un des membres de la commission. Le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête rédige un rapport énonçant ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables ou non à l'opération projetée ".
4. Le commissaire enquêteur cite de manière synthétique dans ses conclusions, les motifs des avis défavorables formulés par les habitants lors de l'enquête, à savoir les nuisances engendrées par le projet et les incertitudes liées à son insertion dans un projet de contournement plus ambitieux sur lequel ils n'ont pas été consultés. Il émet un avis favorable sans réserves en estimant que le projet s'inscrit dans un emplacement réservé de longue date et intègre une piste cyclable, un trottoir ainsi que des noues ouvertes pour la gestion des eaux pluviales. Selon lui, les effets négatifs du projet ont été pris en compte, notamment l'installation de murs anti-bruit pour remédier aux nuisances sonores et l'aménagement de plateaux ralentisseurs ainsi que la question de la largeur de la voirie afin de remédier aux problèmes de vitesse. Ces éléments, certes sommaires, démontrent néanmoins que le commissaire enquêteur a pris en compte les avantages et inconvénients du projet afin d'émettre son avis qui apparaît, en l'espèce, suffisamment motivé.
5. En faisant valoir que la concertation avec le public aurait été insuffisante, la requérante ne soulève aucun moyen de droit utile.
6. Il appartient au juge, lorsqu'il doit se prononcer sur le caractère d'utilité publique d'une opération nécessitant l'expropriation d'immeubles ou de droits réels immobiliers, de contrôler successivement qu'elle répond à une finalité d'intérêt général, que l'expropriant n'était pas en mesure de réaliser l'opération dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation, notamment en utilisant des biens se trouvant dans son patrimoine et, enfin, que les atteintes à la propriété privée, le coût financier et, le cas échéant, les inconvénients d'ordre social ou économique que comporte l'opération ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente.
7. L'arrêté du 9 janvier 2020 déclare d'utilité publique le projet de création d'une liaison routière entre les voiries départementales 20 et 1005 à Douvaine afin de délester une partie de la circulation automobile engorgeant quotidiennement le centre-ville, de permettre la desserte de programmes immobiliers en construction et de réaliser une voie cyclable indépendante de la chaussée pour automobiles. Si le projet nécessite de prélever des terres agricoles et engendrera des nuisances liées à la circulation automobile dans un espace rural marquant la limite ouest de l'urbanisation de la ville, il ressort des pièces du dossier que le chemin privé raccordé à la route départementale numéro 20 ne permet pas la desserte des nombreux logements en cours de création dans la zone et que le rond-point aménagé au sud du projet dans le cadre d'une opération d'aménagement antérieure comporte déjà une amorce de la voie de desserte. Le délestage du trafic automobile attendu dans le cadre de ce projet n'apparaît pas significatif mais, eu égard à la nécessité rappelée ci-dessus de desservir les constructions en projet et d'aménager une liaison cyclable, il permettra une réduction partielle du nombre de véhicules empruntant le feu tricolore du centre-ville sans que le coût financier ainsi que les atteintes à la propriété privée et les inconvénients du projet n'apparaissent excessifs.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Douvaine.
Copie sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, premier conseiller,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
Le rapporteur,
C. Bailleul Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026