mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003770 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 10 juillet 2020 et le 25 février 2022, M. F E, représenté par Me Perdrix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 27 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Chambéry a délivré à la société MNB construction un permis de construire valant permis de division de trois lots en vue de la construction de deux maisons, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chambéry et de la société MNB construction la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- le dossier de permis de construire est incomplet au regard des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le chemin privé de desserte est insuffisant et le projet n'est pas desservi par le réseau public d'assainissement ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- le projet aurait dû faire l'objet d'un permis d'aménager ;
- le projet méconnaît les articles UD 7 et UD 11 du plan local d'urbanisme ainsi que l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 février 2022 et le 11 mars 2022, la commune de Chambéry, représentée par Me Laurent, conclut au rejet de la requête ou subsidiairement au sursis à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne justifie pas de son intérêt pour agir
- les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 27 octobre 2022, M. A C, représenté Me Chopineaux, conclut au rejet de la requête ou subsidiairement au sursis à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le requérant ne justifie pas de son intérêt pour agir
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Perdrix, représentant M. E, de Me Laurent, représentant la commune de Chambéry et de Me Brun, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 novembre 2019, la société MNB construction a déposé, auprès des services de la commune de Chambéry, une demande de permis de construire pour la division de trois lots en vue de la construction de deux maisons. Par l'arrêté contesté, le maire de la commune a délivré le permis de construire sollicité. Ce permis a, par arrêté du 17 mai 2021, été transféré à M. C.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier de permis de construire :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. D'une part, la notice du dossier de demande de permis de construire précise le traitement du chemin d'accès, les caractéristiques du terrain naturel et le traitement des plantations. A ce titre les plantations à créer ou maintenues sont précisées sur le plan de masse. Le dossier s'avère donc conforme à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme.
4. D'autre part, les plans de masse comportent tous une échelle permettant de vérifier les cotes mentionnées et les plans de coupe qui comportent également une échelle permettent de compléter toutes les informations relatives aux côtes en trois dimensions. Pour ce qui est des travaux extérieurs aux constructions, la notice les précise et les plans de masse comportent ainsi qu'il a été dit, la localisation des arbres maintenus ou à planter. Il apparaît également qu'il n'est pas prévu de maintien des constructions existantes, ainsi que le précisent tant la notice que le plan de l'existant. Le dossier s'avère donc également conforme aux exigences de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.
5. Enfin, alors que les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme n'exigent la production que d'un plan de coupe, le dossier comprend, outre un plan de coupe AA des plans de coupes transversaux intégrés aux plans des toitures de chaque villa. De même, le dossier comprend des photographies de l'environnement proche et lointain, une projection graphique ainsi qu'un plan cadastral mentionnant l'implantation des constructions avoisinantes. Par ailleurs, la circonstance que la localisation des prises de vue ait été reportée sur le plan cadastral est sans influence sur le caractère complet du dossier de permis de construire. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la nécessité d'obtenir un permis d'aménager :
6. Aux termes de l'article R. 442-1 du code de l'urbanisme : " Ne constituent pas des lotissements au sens du présent titre et ne sont soumis ni à déclaration préalable ni à permis d'aménager : () d) Les divisions de terrains effectuées conformément à un permis de construire prévu à l'article R. 431-24 () ". Le permis de construire délivré par l'arrêté attaqué vaut division au sens de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, de sorte qu'il n'avait pas à être précédé d'une demande de permis d'aménager pour la création de la voie commune aux trois lots. Le moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les réseaux :
7. D'une part, il ressort du plan de masse que la voie de desserte existante présente une largeur de 4,15 mètres, suffisante pour permettre l'accès des engins de secours et d'incendie. D'autre part, la notice précise que le réseau d'eaux usées est raccordé sur l'avenue Rops, ainsi qu'il ressort également de l'avis du service des eaux de Chambéry. Le moyen tiré de l'insuffisance des réseaux, au demeurant non assorti des précisions de droit permettant de venir à son soutien, doit être écarté.
En ce qui concerne l'article UD 7 du plan local d'urbanisme :
8. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". L'article UD 7 ne prévoyant pas de disposition particulière pour l'application de ces règles au sein d'une unité foncière divisée ou d'un lotissement, celles-ci ne trouvent pas à s'appliquer entre les bâtiments projetés de cette unité foncière, divisée en vertu du permis de construire attaqué. Le moyen doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 11 du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
9. D'une part, contrairement à ce qui est soutenu, le projet n'emporte pas la création de clôtures. Le plan de masse matérialise des haies et la notice précise cette délimitation des espaces de chaque lot par des haies de différentes essences locales. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 11 du plan local d'urbanisme doit par suite être écarté.
10. D'autre part, le secteur d'implantation du projet accueille des maisons d'habitation en R+1 de styles architecturaux et de teintes variés, dont certaines en lotissement. Dans ces conditions, et compte tenu notamment du volume des constructions, le projet n'est pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants et ne méconnaît ainsi pas l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. E doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Chambéry et à M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. E est rejetée.
Article 2 :M. E versera à la commune de Chambéry une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :M. E versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. E, à M. C et à la commune de Chambéry.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La rapporteure,
J. D
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2003770
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026