mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 6 |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI & ASSSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 juillet 2020 et 30 novembre 2023, M. G, représenté par la SELARL Grimaldi Molina et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2020 par laquelle le maire de Chambéry a prononcé à son encontre la sanction de blâme, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 19 mars 2020 ;
2°) de condamner la Commune de Chambéry à verser la somme de 2 000 euros au requérant en vertu de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de l'acte était incompétent ;
- les droits de la défense n'ont pas été respectés ;
- il n'a commis aucune faute pouvant lui être imputable et justifiant un blâme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2020, la Commune de Chambéry conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés sont infondés.
Par ordonnance du 30 novembre 2023, la clôture d'instruction a été reportée au 14 décembre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°83-634du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vial-Pailler, président
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. G est professeur d'enseignement artistique de classe normale au sein de la commune de Chambéry. Par une décision du 28 janvier 2020, M. G a été sanctionné d'un blâme. Par un courrier du 19 mars 2020, le requérant a formé un recours gracieux aux fins de retrait de la décision lui infligeant ce blâme. La commune n'ayant pas répondu au recours gracieux, M. G demande l'annulation de la décision du 28 janvier 2020, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été prise par Mme C, adjointe chargée des ressources humaines et de la démocratie participative, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature en matière disciplinaire en date du 10 mars 2015, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 2 décembre 2019, l'autorité territoriale a indiqué à M. G qu'elle avait décidé d'engager à son encontre une procédure disciplinaire en raison de son refus d'accompagner un élève de la classe de trompette dans sa préparation au DEM, le 25 mai 2019. Ce courrier lui indiquait qu'il avait droit à la communication intégrale de son dossier et qu'il disposait de la faculté de se faire assister par les conseils de son choix. Le requérant fait valoir que la décision attaquée se fonderait sur une pièce qui n'a pas été versée à son dossier complété le 18 décembre 2023, que cette pièce servait de fondement à l'entretien disciplinaire du 10 janvier 2020 et que, par ailleurs, cette pièce ne lui a pas été communiquée malgré ses demandes. Toutefois, les visas de la décision attaquée ne permettent pas d'établir qu'elle se fonderait sur cette nouvelle pièce qui, selon le mail envoyé par le représentant du syndicat FO, ferait référence à un autre élève, " M. B E ", dont le nom n'est mentionné ni dans la décision attaquée, ni dans aucune autre pièce du dossier. En outre, M. G a eu accès à toutes les pièces de son dossier à la date du 20 décembre 2019. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des droits de la défense. Ce moyen sera écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : Premier groupe : l'avertissement ; le blâme ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours () ".
6. La décision de sanction est fondée sur la circonstance que le requérant a refusé, le 25 mai 2019, d'accompagner un élève du conservatoire à l'examen d'obtention du diplôme d'études musicales (DEM) et qu'il a interrompu prématurément la répétition à cet examen. Le requérant soutient qu'il n'a commis aucun manquement professionnel puisque la commune de Chambéry ne produit aucun élément justifiant qu'il devait dispenser une heure de cours à M. A.
7. Aux termes de la charte des accompagnateurs des conservatoires de l'Arc Alpin, dans sa version du 3 juillet 2018, dont il n'est pas contesté qu'elle avait été fournie à chaque accompagnateur : " () L'accompagnateur gère lui-même son planning, () c'est lui qui, dans le respect du règlement des études, fixe le temps nécessaire d'une répétition. () Lors des examens de passage de cycle, de DEM ou d'entrée en CEPI, les enseignants de la dominante fourniront aux accompagnateurs le nombre total d'élèves à accompagner plusieurs semaines à l'avance. Les programmes à accompagner seront donnés par les enseignants plusieurs semaines à l'avance. () Durant ces périodes, les accompagnateurs peuvent donner priorité aux élèves se présentant aux examens. () ".
8. S'il apparaît qu'à la date du 2 mai 2019, les partitions relatives à l'accompagnement au piano pour la préparation au diplôme d'étude musicales (DEM) de M. A ne figuraient pas dans le lien mis à disposition de M. G, ce dernier avait été informé par M. F, professeur de trompette, dès le 17 avril, que M. A préparait le diplôme d'étude musicales. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la séance de répétition du 25 mai 2019, M. G a fait état auprès de ses collègues et de la direction qu'il était dans l'incapacité d'assurer l'accompagnement de M. A en raison du fait que " la cité sera fermée JVSD la semaine prochaine ", qu'il n'y a " plus de temps de caler le nécessaire temps de travail ", qu'il n'est " pas possible de préparer un DEM ainsi " et qu'il n'avait " pas de solution ". Dans ces circonstances, l'équipe de direction du conservatoire de la commune de Chambéry a dû faire appel à Mme D, assistante territoriale d'enseignement artistique, pour prendre la suite de M. G, professeur d'enseignement artistique, dans l'accompagnement de M. A pour son DEM qui devait avoir lieu quelques jours plus tard. Il apparaît ainsi que M. G a refusé d'accompagner M. A à quelques jours de son DEM alors que cet accompagnement était toujours possible en un temps restreint et que cet accompagnement lui incombait ainsi qu'il a été dit au point 7. Dès lors, M. G n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas manqué à son obligation de service et que c'est la commune de Chambéry qui l'a volontairement écarté de l'accompagnement de M. A en faisant appel à Mme D. Par suite, les moyens soulevés par M. G selon lesquels il n'a commis aucune faute pouvant lui être imputable et justifiant un blâme doivent être écartés.
9. Considérant tout ce qui précède, la requête de M. G doit être rejetée.
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
10. La Commune de Chambéry n'étant pas partie perdante à l'instance, les conclusions de M. G au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G, à Me Grimaldi et à la Commune de Chambéry.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
Le président
C. VIAL-PAILLER
Le greffier
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026