lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004300 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | POULET MERCIER LABBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 31 juillet 2020, le 23 C 2022, le 23 juin 2022 et le 27 juillet 2022, Mme G C et M. E J, représentés par Me Poulet-Mercier-L'Abbé, demandent au Tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 19 février 2020 par laquelle le conseil municipal de Sainte-Agnès a approuvé le plan local d'urbanisme, subsidiairement en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section B n° 243 en zone agricole, la parcelle cadastrée section B n° 206 en zone Ua, en tant qu'il fixe le règlement de la zone OAP n° 2 et en tant qu'il crée un emplacement réservé n° 18 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Agnès la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C et M. J soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- la commune doit justifier des mesures de publicité de l'ouverture de l'enquête publique ;
- l'avis d'enquête publique est insuffisamment précis ;
- le dossier dématérialisé de l'enquête publique était incomplet ;
- le bilan de la concertation ne figure pas dans le rapport de l'enquête publique ;
- les conclusions du rapport d'enquête publique sont insuffisantes ;
- le projet aurait dû faire l'objet d'une évaluation environnementale ;
- les modifications apportées au projet après l'enquête publique sont substantielles ; une nouvelle enquête publique devait être organisée ;
- le rapport de présentation est entaché d'insuffisance et d'inexactitudes ;
- les documents du plan local d'urbanisme ne sont pas cohérents ;
- l'emplacement réservé n° 18 est entaché d'illégalité ;
- l'OAP n° 2 Le Mollard aval est entachée d'illégalité ;
- un secteur a été identifié comme étant constructible en méconnaissance des risques naturels figurant dans le plan de prévention des risques naturels prévisibles ;
- le classement de plusieurs parcelles est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, de détournement de pouvoir et d'une erreur de droit ;
- le parti d'aménagement retenu est insuffisamment ouvert à l'urbanisation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 3 décembre 2021, le 4 mai 2022 et le 13 juillet 2022, la commune de Sainte-Agnès, représentée par la société d'avocats CDMF-Affaires publiques, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Sainte-Agnès fait valoir, à titre principal, que les conclusions présentées par Mme C ne sont pas recevables et, subsidiairement, que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Par une lettre du 5 avril 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 5 mai 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 29 août 2022.
Vu :
- la délibération attaquée et les autres pièces du dossier ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 avril 2023 :
- le rapport de Mme I,
- les conclusions de Mme D,
- les observations de Me Basset, pour Mme C et M. J,
- et les observations de Me Punzano, pour la commune de Sainte-Agnès.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G C est la propriétaire de plusieurs parcelles sur le territoire de la commune de Sainte-Agnès, dont la parcelle cadastrée section B n° 251 située dans le hameau Le Mollard. M. E J est le propriétaire de la parcelle cadastrée section B n° 243 dans le même hameau. Par délibération du 19 février 2020, le conseil municipal a approuvé le plan local d'urbanisme. L'OAP n° 2 Le Mollard Aval a été créée. Dans la présente instance, Mme C et M. J demandent l'annulation de la délibération du 19 février 2020, subsidiairement en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section B n° 243 en zone agricole, la parcelle cadastrée section B n° 206 en zone UA, en tant qu'elle fixe le règlement de la zone de l'OAP n° 2 et qu'elle crée un emplacement réservé n° 18.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'absence d'évaluation environnementale :
2. L'article L. 104-2 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur, dispose que : " Font également l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 les documents suivants qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local : 1° Les plans locaux d'urbanisme : a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés ; b) Qui comprennent les dispositions des plans de déplacements urbains mentionnés au chapitre IV du titre Ier du livre II de la première partie du code des transports ; () ". Aux termes de l'article R. 104-30 du même code, dans sa version en vigueur : " La personne publique responsable transmet à la formation d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable ou, lorsque la mission régionale d'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable est compétente, au service régional chargé de l'environnement (appui à la mission régionale d'autorité environnementale), les informations suivantes : 1° Une description des caractéristiques principales du document ; 2° Une description des caractéristiques principales, de la valeur et de la vulnérabilité de la zone susceptible d'être touchée par la mise en œuvre du document ; 3° Une description des principales incidences sur l'environnement et la santé humaine de la mise en œuvre du document. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les plans locaux d'urbanisme qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés, doivent faire l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 du même code. L'annexe II à la directive du 27 juin 2001 prévoit que, au nombre des critères permettant de déterminer l'ampleur probable des incidences environnementales d'un plan, figurent notamment " la mesure dans laquelle le plan ou programme concerné définit un cadre pour d'autres projets ou activités, en ce qui concerne la localisation, la nature, la taille et les conditions de fonctionnement () " et " l'adéquation entre le plan ou le programme et l'intégration des considérations environnementales, en vue, notamment de promouvoir un développement durable ".
4. Les requérants soutiennent que la commune de Sainte-Agnès n'a pas transmis les pièces utiles à l'autorité environnementale et que le projet aurait dû faire l'objet d'une évaluation environnementale compte tenu de ses effets notables sur l'environnement.
5. Toutefois, d'une part, les requérants ne mentionnent aucune pièce énumérée par les dispositions précitées de l'article R. 104-30 du code de l'urbanisme, parmi lesquelles ne figure pas un " rapport géologique ", qui aurait manqué au dossier et qui n'aurait pas permis à l'autorité environnementale de prendre une décision éclairée sur la nécessité de soumettre le plan local d'urbanisme à une évaluation environnementale. En tout état de cause, il ne ressort pas de la décision du 18 octobre 2019 que l'autorité environnementale n'aurait pas reçu les documents adéquats pour examiner le projet de la commune.
6. D'autre part, il ressort de la décision du 18 octobre 2019 qu'elle énonce les critères mentionnés à l'article L. 104-2 du code de l'urbanisme, en précisant le nombre d'habitants de la commune, sa superficie, ses objectifs en terme de nombre de logements pour les 12 années à venir, les conséquences de la construction de logements sur le territoire communal quant aux secteurs retenus, en énonçant, en outre, l'existence de deux secteurs Nt1 et Nt2, assimilables à des SETCAL, dont les possibilités d'évolution sont limitées aux constructions existantes, et enfin, en évoquant les zones naturelles protégées ZNIEFF type 1 et zones humides et leur protection réglementaire dans le document, ainsi que les mesures prises pour limiter l'imperméabilisation des sols, l'amélioration de la gestion des eaux pluviales et la prévention des risques naturels. Ces critères sont au nombre de ceux devant être examinés par l'autorité environnementale pour retenir, au cas par cas, que le projet n'avait pas à faire l'objet d'une évaluation environnementale.
7. Il suit de là que le moyen tiré du défaut d'évaluation environnementale doit être écarté dans ses deux branches.
En ce qui concerne l'enquête publique :
S'agissant de l'avis d'enquête publique :
8. Aux termes de l'article R. 123-9 du code de l'environnement : " I. - L'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête précise par arrêté les informations mentionnées à l'article L. 123-10, quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et après concertation avec le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête. Cet arrêté précise notamment : / 1° Concernant l'objet de l'enquête, les caractéristiques principales du projet, plan ou programme ainsi que l'identité de la ou des personnes responsables du projet, plan ou programme ou de l'autorité auprès de laquelle des informations peuvent être demandées ; / 2° En cas de pluralité de lieux d'enquête, le siège de l'enquête, où toute correspondance postale relative à l'enquête peut être adressée au commissaire enquêteur ou au président de la commission d'enquête ; / 3° L'adresse du site internet comportant un registre dématérialisé sécurisé auxquelles le public peut transmettre ses observations et propositions pendant la durée de l'enquête. En l'absence de registre dématérialisé, l'arrêté indique l'adresse électronique à laquelle le public peut transmettre ses observations et propositions ; / 4° Les lieux, jours et heures où le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête, représentée par un ou plusieurs de ses membres, se tiendra à la disposition du public pour recevoir ses observations ; / 5° Le cas échéant, la date et le lieu des réunions d'information et d'échange envisagées ; / 6° La durée, le ou les lieux, ainsi que le ou les sites internet où à l'issue de l'enquête, le public pourra consulter le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête ; / 7° L'information selon laquelle, le cas échéant, le dossier d'enquête publique est transmis à un autre Etat, membre de l'Union européenne ou partie à la convention sur l'évaluation de l'impact sur l'environnement dans un contexte transfrontière, signée à Espoo le 25 février 1991, sur le territoire duquel le projet est susceptible d'avoir des incidences notables ; / 8° L'arrêté d'ouverture de l'enquête précise, s'il y a lieu, les coordonnées de chaque maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable des différents éléments du ou des projets, plans ou programmes soumis à enquête. () " En outre, aux termes de l'article R. 123-11 du même code : " I. - Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés.(). / II. - L'avis mentionné au I est publié sur le site internet de l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête () / III. - L'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête désigne le ou les lieux où cet avis doit être publié par voie d'affiches et, éventuellement, par tout autre procédé. / Pour les projets, sont au minimum désignées toutes les mairies des communes sur le territoire desquelles se situe le projet ainsi que celles dont le territoire est susceptible d'être affecté par le projet. Pour les plans et programmes de niveau départemental ou régional, sont au minimum désignées les préfectures et sous-préfectures. / Cet avis est publié quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et pendant toute la durée de celle-ci. / Lorsque certaines de ces communes sont situées dans un autre département, l'autorité chargée de l'ouverture de l'enquête prend l'accord du préfet de ce département pour cette désignation. Ce dernier fait assurer la publication de l'avis dans ces communes selon les modalités prévues à l'alinéa précédent. / IV. - En outre, dans les mêmes conditions de délai et de durée, et sauf impossibilité matérielle justifiée, le responsable du projet procède à l'affichage du même avis sur les lieux prévus pour la réalisation du projet. / Ces affiches doivent être visibles et lisibles de la ou, s'il y a lieu, des voies publiques, et être conformes à des caractéristiques et dimensions fixées par arrêté du ministre chargé de l'environnement.".
9. Il ressort des pièces du dossier que l'avis de l'enquête publique, qui s'est tenue du 3 décembre 2019 au 3 janvier 2020, est paru dans deux journaux locaux, " Le Dauphiné Libéré " du 11 novembre et du 11 décembre 2019 et " Terre dauphinoise ", du 14 novembre 2019 et du 5 décembre 2019, diffusés dans le département de l'Isère, et qu'il a été affiché sur les panneaux d'affichage de la commune. En outre, cet avis indique les lieux, jours et heures où le commissaire-enquêteur se tiendra à la disposition du public et recevra leurs observations. En outre, cet avis a été mis en ligne sur le site internet de la commune. Si les requérants font état de personnes résidant sur la commune qui ne disposaient pas de connexion, rien ne les empêchait de prendre connaissance du dossier en mairie où le dossier était disponible. Dans ces conditions, ils n'établissent pas l'insuffisance de l'avis d'enquête publique et des mesures de publicité au regard de la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-9 et de l'article R. 123-11 du code de l'environnement doit être écarté.
S'agissant du contenu de l'avis de l'enquête publique :
10. D'une part, aux termes de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales : " I. - Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. / Dans ce cadre, elles établissent un schéma d'assainissement collectif comprenant, avant la fin de l'année 2013, un descriptif détaillé des ouvrages de collecte et de transport des eaux usées. Ce descriptif est mis à jour selon une périodicité fixée par décret afin de prendre en compte les travaux réalisés sur ces ouvrages. (). ". Aux termes de l'article L. 2224-10 du même code : " Les communes ou leurs établissements publics de coopération délimitent, après enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement : 1° Les zones d'assainissement collectif où elles sont tenues d'assurer la collecte des eaux usées domestiques et le stockage, l'épuration et le rejet ou la réutilisation de l'ensemble des eaux collectées ; 2° Les zones relevant de l'assainissement non collectif où elles sont tenues d'assurer le contrôle de ces installations et, si elles le décident, le traitement des matières de vidange et, à la demande des propriétaires, l'entretien et les travaux de réalisation et de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif ; 3° Les zones où des mesures doivent être prises pour limiter l'imperméabilisation des sols et pour assurer la maîtrise du débit et de l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ; 4° Les zones où il est nécessaire de prévoir des installations pour assurer la collecte, le stockage éventuel et, en tant que de besoin, le traitement des eaux pluviales et de ruissellement lorsque la pollution qu'elles apportent au milieu aquatique risque de nuire gravement à l'efficacité des dispositifs d'assainissement. ". Aux termes de l''article R. 2224-8 de ce code : " L'enquête publique préalable à la délimitation des zones mentionnées à l'article L. 2224-10 est conduite par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent, dans les formes prévues par les articles R. 123-1 à R. 123-27 du code de l'environnement. ". Aux termes de l'article R. 2224-9 de ce code : " Le dossier soumis à l'enquête comprend un projet de délimitation des zones d'assainissement de la commune, faisant apparaître les agglomérations d'assainissement comprises dans le périmètre du zonage, ainsi qu'une notice justifiant le zonage envisagé. ".
11. En outre, selon l'article L. 151-24 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter les zones mentionnées à l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales concernant l'assainissement et les eaux pluviales. ". Selon l'article R. 151-53 de ce code : " Figurent également en annexe au plan local d'urbanisme, s'il y a lieu, les éléments suivants : () 8° Les zones délimitées en application de l'article L. 2224-10 du code général des collectivités territoriales et les schémas des réseaux d'eau et d'assainissement et des systèmes d'élimination des déchets, existants ou en cours de réalisation, en précisant les emplacements retenus pour le captage, le traitement et le stockage des eaux destinées à la consommation, les stations d'épuration des eaux usées et le stockage et le traitement des déchets ; () ".
12. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une enquête publique n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Tel est notamment le cas s'il a eu pour effet de nuire à l'information et à la participation de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête.
13. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions et notamment celles de l'article R. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, qui renvoient aux articles R. 123-9 et R. 123-11 précités du code de l'environnement, que l'avis d'enquête publique doit contenir la mention de la révision du schéma d'assainissement. Il n'est pas contesté en l'espèce par la commune de Sainte-Agnès que l'avis d'enquête publique ne comporte pas cette mention. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport d'enquête publique que le public a pu consulter ce schéma dès lors qu'il figurait en annexe du dossier d'enquête publique, au titre des " annexes sanitaires (alimentation en eau potable, assainissement) ". En outre, si les requérants soutiennent que cette absence a pu préjudicier à la participation à l'enquête publique, ces allégations ne ressortent pas des pièces du dossier et alors que le commissaire enquêteur a relevé dans son rapport d'enquête qu'une observation (lettre n° 24) a été faite sur le réseau pluvial et d'assainissement. Dans ces conditions, l'absence de la mention de la révision du schéma d'assainissement dans l'avis d'enquête publique n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, nui à l'information complète de la population ou été de nature à exercer une influence sur le sens de la délibération attaquée. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit, dès lors, être écarté.
S'agissant du dossier dématérialisé d'enquête publique :
14. Aux termes de l'article R. 123-9 du code de l'environnement : " () II - Un dossier d'enquête publique est disponible en support papier au minimum au siège de l'enquête publique. / Ce dossier est également disponible depuis le site internet mentionné au II de l'article R. 123-11. ".
15. Les requérants soutiennent que le dossier dématérialisé d'enquête publique, mis en ligne pendant la durée de l'enquête sur le site internet de la commune, était incomplet dès lors qu'il ne comportait pas l'avis du préfet de l'Isère du 29 novembre 2019, l'avis du SCoT du 3 octobre 2019 et l'avis de l'ARS du 5 septembre 2019, le schéma d'assainissement et les annexes relatives aux risques naturels. Toutefois, en se bornant à produire des captures d'écran illisibles et les attestations de Mme H, M. B et Mme B, qui sont soit non circonstanciées, soit ne font qu'exprimer un avis général sur le projet, les requérants n'infirment pas les termes du commissaire enquêteur dans son rapport selon lesquels " la version numérique du dossier d'enquête était consultable pendant toute la durée de l'enquête sur le site Internet de la commune () comme j'ai pu le vérifier ". Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier numérique de l'enquête publique ne peut être qu'écarté.
S'agissant de l'incomplétude du dossier d'enquête publique :
16. Les requérants soutiennent que le dossier d'enquête publique déposé en mairie était incomplet.
17. En ce qui concerne les avis des personnes publiques, et ainsi qu'il a été dit précédemment, le dossier d'enquête publique comprenait ces avis, ainsi que l'a relevé expressément le commissaire enquêteur dans son rapport en page 5, à l'exception de l'avis du conseil départemental, arrivé après l'expiration du délai réglementaire mentionné à l'article R. 153-4 du code de l'urbanisme, avis qui a néanmoins été joint par ses soins après l'ouverture de l'enquête publique.
18. En ce qui concerne les annexes sanitaires relatives à l'assainissement, zone de protection rapprochée des captages et les servitudes liées aux risques naturels du plan de prévention des risques naturels, le commissaire enquêteur fait également état de leur présence dans son rapport. Les captures d'écran et les attestations de Mme H, M. B et Mme B produites par les requérants ne sont pas de nature à infirmer le rapport du commissaire enquêteur, pour les motifs énoncés au point 15. Si le commissaire enquêteur a noté, en page 27 de son rapport, que " - des insuffisances rédactionnelles, des actualisations à envisager, des corrections et des compléments (sont) à apporter dans le dossier définitif ainsi que des reports à prévoir sur les documents graphiques (captages) ou des représentations des risques à supprimer - des annexes à compléter (servitudes, risques naturels, assainissement, captages () ", ces éléments mentionnés dans son avis motivé ne signifient pas que le dossier d'enquête publique n'était pas complet mais seulement que le projet pourrait être enrichi par ces pièces à l'issue de l'enquête publique pour être amélioré. Enfin, les requérants invoquent que le préfet de l'Isère a fait des observations sur l'insuffisance des annexes sanitaires et des annexes risques naturels. Toutefois, et ce faisant, les requérants se prévalent d'un avis formulé par le préfet le 29 novembre 2019, repris dans le rapport de l'enquête publique, sur le dossier que la commune lui a transmis pour avis le 2 septembre 2019. Cette réponse ne corrobore pas l'incomplétude du dossier d'enquête publique constitué postérieurement.
19. En ce qui concerne le bilan de la concertation, les requérants soutiennent qu'il ne figurait pas dans le dossier d'enquête publique, ce qui a nui à l'information complète de la population.
20. Aux termes de l'article L. 103-6 du code de l'urbanisme : " A l'issue de la concertation, l'autorité mentionnée à l'article L. 103-3 en arrête le bilan. / Lorsque le projet fait l'objet d'une enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, le bilan de la concertation est joint au dossier de l'enquête. ". Aux termes de l'article R. 153-8 du code de l'environnement : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : () 5° Le bilan de la procédure de débat public organisée dans les conditions définies aux articles L. 121-8 à L. 121-15, de la concertation préalable définie à l'article L. 121-16 ou de toute autre procédure prévue par les textes en vigueur permettant au public de participer effectivement au processus de décision. () ".
21. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant le dossier soumis à enquête publique ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette enquête que si elles ont eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur cette décision.
22. Il ressort des pièces du dossier que le bilan de la concertation n'a pas été inclus dans le dossier d'enquête publique, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 103-6 du code de l'urbanisme. Toutefois, le bilan de la concertation a été arrêté, en dernier lieu, par la délibération du 28 août 2019. Il ressort du rapport d'enquête publique que le dossier était notamment composé des " différentes délibérations du conseil municipal relatives au PLU ". Cette mention est suffisante pour retenir que le bilan de la concertation était intégré au dossier d'enquête publique et alors qu'en outre cette délibération a fait l'objet d'un affichage en mairie pendant un mois, ce qui a permis au public d'en prendre connaissance. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de l'enquête publique doit être écarté dans toutes ses branches.
S'agissant du rapport de l'enquête publique :
24. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement, dans sa version en vigueur : " () Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. / Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics par voie dématérialisée sur le site internet de l'enquête publique et sur le lieu où ils peuvent être consultés sur support papier. () ". En outre, aux termes de l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ".
25. En application de ces dispositions, le commissaire enquêteur, qui n'est pas tenu de répondre à chacune des observations présentées au cours de l'enquête publique, doit donner son avis personnel en précisant s'il est ou non favorable et indiquer au moins sommairement, les raisons qui en déterminent le sens.
26. En l'espèce, le commissaire enquêteur a répondu aux observations du public qui lui avaient été faites, et contrairement aux allégations des requérants, il a mené une analyse personnelle à caractère technique quand les observations du public le permettaient, ainsi qu'il l'a fait en réponse au courriel adressé par le conseil de M. J. En outre, le commissaire enquêteur a rendu un avis motivé sur le projet de plan local d'urbanisme qui ne révèle aucune complaisance à l'égard de la commune de Sainte-Agnès. Par suite, les conclusions du commissaire enquêteur doivent être regardées comme respectant les exigences des dispositions précitées.
En ce qui concerne les modifications apportées après l'enquête publique :
27. L'article L.153-21 du code de l'urbanisme dispose que : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé () ". Ces dispositions permettent à l'autorité compétente de modifier le plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que cette modification procède de l'enquête, ces deux conditions découlant de la finalité même de la procédure de mise à l'enquête publique.
28. Les requérants soutiennent qu'en méconnaissance de ces dispositions, le projet arrêté a été substantiellement modifié après l'enquête publique quant aux règles d'assainissement et aux zones de captage d'eau potable, si bien que la commune de Sainte-Agnès aurait dû procéder à une nouvelle enquête publique.
29. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les modifications dont font état les requérants résultent de deux des quatre réserves que le préfet de l'Isère a formulées dans son avis favorable du 29 novembre 2019, lui-même intégré au rapport d'enquête, relatives aux dispositions applicables à l'assainissement collectif et non collectif, d'une part, et aux dispositions applicables à la protection des ressources en eau, d'autre part, et dont le commissaire enquêteur a recommandé qu'elles soient intégrées au projet. Ces modifications, dont celui-ci a relevé qu'elles ne remettaient pas en cause les orientations et les dispositions du projet mais qu'elles demanderaient un travail minutieux de corrections et d'adaptations des différents documents du projet, ne sont pas, dans ces circonstances, de nature à porter atteinte à l'économie générale du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne l'insuffisance du rapport de présentation :
30. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements notamment sportifs, et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. ".
31. Les requérants soutiennent que le rapport de présentation est entaché d'insuffisances et d'inexactitudes.
S'agissant du diagnostic :
32. En premier lieu, les requérants se prévalent de ce que le diagnostic fait un constat erroné sur le renouvellement de la population. Toutefois, en se bornant à soutenir que " la rétention foncière existe et le phénomène de turn-over n'est pas justifié et est en contradiction avec d'autres données relatives aux résidences secondaires ", les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
33. En deuxième lieu, ils soutiennent que le diagnostic est insuffisant quant à l'évaluation des besoins de logements et des contraintes sur la construction (volumétrie, implantation). Toutefois, il ressort du 3 " Approche habitat et urbanisation " de la première partie " Diagnostic du territoire " qu'elle comporte des éléments circonstanciés sur ce point, répondant aux dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme.
34. En troisième lieu, ils soutiennent que le rapport de présentation est insuffisant quant aux données cartographiques des plans d'assainissement qui déterminent les zones de constructibilité. Toutefois, il ressort du 2 " Gestion de l'eau " de la deuxième partie " Etat initial de l'environnement " qu'il comporte des éléments sur l'assainissement des eaux usées et des eaux pluviales " et notamment des éléments chiffrés et des cartographies. Si les requérants ajoutent que le rapport de présentation comporte une erreur sur le réseau d'eau pluviale du hameau de la Perrière, cela ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas de la carte communale de zonage d'assainissement d'octobre 2017 et de la carte du réseau d'alimentation en eau potable de C 2016 qu'ils produisent. Par suite, ils n'établissent pas que le rapport de présentation ne répondrait pas aux dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme sur ces points.
35. En quatrième lieu, le rapport de présentation comporterait des informations erronées sur la forêt, au 3 " Les milieux naturels " de la deuxième partie, lorsqu'il est dit que la forêt communale " possède un capital sur pied faible résultant d'une surexploitation dans les années 70 ". S'appuyant sur le plan d'aménagement forestier 2016/2025, les requérants soutiennent qu'au contraire, le rendement est intéressant. Toutefois, à supposer que cette allégation soit avérée, les requérants n'indiquent pas en quoi cette information fausserait la justification des choix opérés par les auteurs du plan local d'urbanisme quant à la protection des milieux naturels et en particulier du milieu forestier qui est une composante importante du territoire communal.
36. En dernier lieu, les requérants soutiennent que le rapport de présentation indique de manière erronée que la commune se situe en zone Natura 2000. Toutefois, cela ne ressort pas du rapport de présentation, le 3 " Milieux naturels " de la deuxième partie " Etat initial de l'environnement " ne faisant état d'aucune zone Natura 2000 sur le territoire communal. Le rapport de présentation n'est donc entaché d'aucune inexactitude sur ce point.
S'agissant de la justification des choix retenus :
37. Les requérants soutiennent que le rapport de présentation ne justifie pas des choix retenus sur la diminution " drastique " du potentiel de constructions et l'accès difficile des jeunes ménages à se loger. Toutefois, au 3 " Nécessité des dispositions réglementaires pour la mise en œuvre du PADD et justification de la délimitation des zones ", " Orientation n° 2 : renforcer la dynamique démographique et accueillir dans de bonnes conditions " de la troisième partie " Justification des choix ", il est exposé la volonté de la commune d'accueillir de nouveaux habitants en prévoyant le besoin en logements nécessaires sur le territoire pour favoriser l'accueil des jeunes et le renouvellement de population, par la création d'un zonage adapté : - des zones calibrées pour la création de 29 nouveaux logements, - proposer des règles pour de l'habitat groupé et - imposer de renforcer la mixité sociale par la création de logements aidés sur l'ancienne école du Fay. Ainsi, le rapport de présentation répond aux dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne la cohérence entre le classement et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables :
38. L'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable, dispose que : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles. ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
39. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
40. En premier lieu, les requérants soutiennent que le classement en zone naturelle des parcelles cadastrées C n° 1421, C n°1414 et C n° 1407 est incohérent avec le PADD en ce que celui-ci prévoit de renforcer la dynamique démographique et l'accueil dans de bonnes conditions des nouveaux habitants.
41. Toutefois, les parcelles C n° 1421, C n°1414 et C n° 1407, qui appartiennent à Mme C, sont situées à l'Ouest du territoire communal, dans une partie totalement naturelle et boisée, où il n'existe aucune construction et aucun équipement, au lieu-dit Le Michu. Elles se situent dans une zone de captage d'eau. Elles sont éloignées des hameaux de la commune, qui se situent à l'Est du territoire communal, qui ont été définis par les orientations n° 2 " Renforcer la dynamique démographique et accueillir dans de bonnes conditions " et 3 " Modérer la consommation d'espace, structurer le développement " du PADD au titre des espaces préférentiels de développement et plus précisément le hameau de la Ville, de l'Eglise et Le Mas, le hameau du Mollard et le hameau du Fay et, dans une moindre mesure, le hameau de La Gorge, qui se situent en interaction avec la vallée du Grésivaudan. Le classement des parcelles de l'intéressée en zone N répond, au contraire, à l'orientation n° 1 " Préserver le territoire rural et montagnard de qualité de Sainte-Agnès " du PADD. Par suite, le moyen tiré de l'incohérence entre le classement desdites parcelles et les orientations du PADD ne peut qu'être écarté.
42. En deuxième lieu, les requérants invoquent le même moyen à l'égard de la parcelle cadastrée section B n° 251, appartenant également à Mme C. Toutefois, la parcelle B n° 251, dont il a été confirmé à la barre qu'elle se situe dans le hameau du Mollard, est classée en zone 1AU dans le règlement du plan d'occupation des sols et est intégrée dans le périmètre de l'OAP n° 2 Le Mollard Aval ayant vocation à être densifiée. Il n'y a donc aucune incohérence entre le classement de cette parcelle et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, sur ce point.
43. En dernier lieu, ils invoquent le moyen à l'égard de l'emplacement réservé n° 18. Toutefois, en se bornant à soutenir que l'objet de l'emplacement réservé n° 18, qui intégrerait la parcelle n° 770, " n'est pas pertinent ", sans autre précision, les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
44. Il résulte de ce qui précède que le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne la cohérence entre le règlement et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables :
45. En premier lieu, en soutenant que le règlement devrait être plus précis en faisant apparaitre les zones desservies par l'assainissement collectif et l'assainissement individuel par référence à la carte d'aptitude des sols d'une part, et en se bornant à énoncer que le règlement souffre de nombreuses imprécisions concernant les risques naturels qui ne seraient pas reportés en annexe du plan de prévention des risques naturels, les requérants ne font état d'aucune incohérence entre le règlement et les objectifs du PADD.
46. En deuxième lieu, les requérants font état d'une erreur matérielle entachant le règlement écrit de la zone Uc, en page 12 selon laquelle : " En zone Uc, les nouvelles constructions à usage d'habitat sont interdites en dehors : - des annexes ou extensions liées à l'habitat existant. L'emprise au sol cumulées des extensions et/ou extensions à créer ne devra pas dépasser 30 m². Les surfaces d'extensions ou d'annexes supplémentaires autorisées précédentes sont à entendre par rapport à la surface de plancher ou l'emprise au sol des bâtiments pré-existants à la date d'approbation du présent PLU () ". En limitant à 30 m² l'emprise au sol de toute extension à créer dans cette zone, la règle précitée, qui ne comporte aucune erreur matérielle, n'est pas incohérente avec l'orientation du PADD consistant à " Modérer la consommation d'espaces et structurer le développement de la commune ".
47. En troisième lieu, les requérants soutiennent que la régle de la constructibilité limitée à 700 m² " relève une vraie difficulté pour construire, car il n'y a pas de prise en compte des contraintes liées aux pentes caractéristiques de la commune ". Toutefois, et alors qu'ils n'invoquent aucune disposition précise du règlement écrit du plan local d'urbanisme, les requérants ne font état d'aucune incohérence avec les orientations du PADD qui visent notamment à modérer la consommation d'espace et à lutter contre l'étalement urbain, comme il a déjà été dit, et alors que la commune de Sainte-Agnès fait valoir, sans être contredite, que la problèmatique des fortes pentes a été prise en compte par des régles de terrassement, d'incitation à l'encastrement des constructions dans le terrain, de proximité des stationnements des accès à la parcelle, d'un recul limité des constructions par rapport aux emprises publiques et l'interdiction des implantations en fond de parcelles, ce qui est cohérent avec l'orientation n°1 du PADD, " Prendre en compte la configuration du territoire et les particularités locales - Veiller à l'intégration des constructions et de leur aménagement dans la pente ". Par suite, le moyen doit être écarté dans cette branche.
48. En dernier lieu, s'appuyant sur un avis de la chambre d'agriculture du 28 octobre 2019 ayant formalisé une réserve sur les changements de destination de certains bâtiments agricoles qui ne seraient plus exploités, les requérants invoquent une incohérence entre l'orientation n° 1 du PADD " Préserver le territoire rural et montagnard de qualité de Sainte-Agnès " et certaines régles de construction propres à la zone A qui visent à permettre le changement de destination des granges pour une vocation d'habitat, tout en limitant à 100 m² de surface de plancher l'habitat des exploitants agricoles, à raison d'une seule unité de logement et par exploitation agricole. Toutefois, ces régles ne sont pas fixées de manière incohérente avec l'orientation n°1 du PADD dès lors que, d'une part, le règlement écrit de la zone A précise que les changements de destination sont possibles " dans la mesure où (ils) ne compromettent pas l'activité agricole et pastorale environante et la qualité paysagère des sites " et, d'autre part, que la régle de la construction limitée à 100 m² par unité de logement d'un exploitant agricole n'est pas en elle-même incohérente avec la préservation du territoire rural et la modération de la consommation d'espace.
49. Il résulte de ce qui précède que le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'illégalité de l'emplacement réservé n° 18 :
50. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier () ".
51. Les requérants soutiennent que la création de l'emplacement réservé n° 18 remet en question la création d'un captage d'eau par les arrêtés préfectoraux du 22 décembre 2011 alors que les pièces afférentes à la " modification " du captage ne figuraient pas au dossier de l'enquête publique et qu'en outre, il n'est pas cohérent avec l'orientation n° 1 du PADD puisque ce périmètre réduit d'autant la zone pastorale.
52. Il ressort des pièces du dossier et notamment du document graphique 4.0 du plan local d'urbanisme qu'un emplacement réservé n° 18 a été créé dans le secteur Michu/Graillat au titre du " périmètre des réservoirs de Villard Bonnot " au profit de la communauté de communes du Grésivaudan. Il se situe sur les parcelles n° 1406, n° 1414, n° 1421, n° 1420 et n° 607.
53. D'une part, la création de l'emplacement réservé n° 18 ne remet pas en cause les arrêtés du préfet de l'Isère du 22 décembre 2011 lesquels ont été pour partie intégrés au règlement écrit du plan local d'urbanisme, au titre de la protection de l'eau. D'autre part, les requérants n'établissent pas que la zone de l'emplacement réservé, qui se trouve intégralement classée en zone naturelle, constituerait une atteinte à l'activité pastorale et serait incohérente avec l'orientation n° 1 du PADD tendant à " préserver le territoire rural et montagnard de qualité de Sainte-Agnès ". Par suite, l'emplacement réservé n° 18 n'est entaché d'aucune illégalité.
En ce qui concerne l'OAP n° 2 " Mollard Aval " :
54. Aux termes de l'article L.151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. ( ) ". L'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
55. Les requérants soutiennent que l'OAP n° 2 " Mollard Aval ", qui intègre la parcelle n° B 251 de Mme C, serait illégale dès lors que le règlement écrit, trop strict ou trop imprécis, rendrait impossible toute construction et qu'en outre " il n'est pas démontré quelle était l'orientation du PADD poursuivi au travers " cette OAP.
56. Il ressort des pièces du dossier que l'OAP n° 2 est située sur 3 parcelles en enfilade, dans le hameau Le Mollard, située le long de la route départementale, en zone urbanisée. Elle doit recevoir 5 à 6 logements, implantés au plus proche de la voie, s'intégrant dans la pente, avec un faîtage dans le sens de la pente, le tout sous forme d'un aménagement d'ensemble.
57. En premier, l'OAP n° 2 est fixée en cohérence avec le PADD et notamment avec l'orientation n° 2 " Renforcer la dynamique démographique et accueillir dans de bonnes conditions " qui tend à donner la " priorité remplissage aux dents creuses " et à " prévoir de l'habitat groupé sous forme de maison de village ". Le PADD a défini des " espaces préférentiels de développement ", au nombre desquels figure le hameau du Mollard, " bien exposé et également facilement accessible à pied depuis l'école et la mairie ". La localisation de l'OAP n° 2 répond, dans le même temps, à l'orientation n° 6 qui consiste à " profiter d'une exposition solaire favorable ", en optant pour le développement des secteurs les mieux exposés et ensoleillés ". Ainsi, l'OAP n° 2 est fixée en cohérence avec les orientations du PADD.
58. En second lieu, et s'agissant du règlement du plan local d'urbanisme, l'OAP n° 2 se situe en zone 1AU dont la vocation principale est l'habitat. Les requérants, qui énoncent les règles de recul des constructions par rapport aux voies et emprises publiques, devant être entre 2 et 10 m des routes départementales, ou de 1 à 10 m des autres voies, qui limitent la hauteur des constructions à 11 m ou 8 m selon que la construction est en toiture à pans inclinés ou en toiture terrasse, qui prévoient que l'implantation des constructions et leur volumétrie seront optimisées de sorte qu'elles bénéficient au mieux des apports solaires et qu'elles devront présenter une forme simple et compacte, n'établissent pas que ces règles seraient soit trop imprécises, soit trop restrictives de sorte qu'elles empêcheraient toute construction sur les parcelles. En ce qui concerne l'orientation des toitures à deux pans, il ne ressort d'aucun principe ou d'aucune règle de droit que serait interdite l'orientation du faîtage qui ne donnerait pas la meilleure rentabilité à l'installation de panneaux photovoltaïques. En ce qui concerne les toitures terrasses, il est vrai que le milieu montagnard se caractérise par des maisons à deux pans. Toutefois, en autorisant en zone 1AU les toitures terrasses qui doivent être végétalisées, le règlement du plan local d'urbanisme répond à une orientation du PADD consistant à pallier la surchauffe estivale par des aménagements spécifiques. Il résulte de ce qui précède que le moyen doit être écarté dans ces deux branches.
En ce qui concerne la prise en compte des risques naturels dans le hameau de La Gorge :
59. Aux termes de l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : 1° Les espaces boisés classés définis à l'article L. 113-1 ; 2° Les secteurs où les nécessités du fonctionnement des services publics, de l'hygiène, de la protection contre les nuisances et de la préservation des ressources naturelles ou l'existence de risques naturels, de risques miniers ou de risques technologiques justifient que soient interdites les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols. ".
60. Les requérants soutiennent que certaines parcelles sont classées en zone constructible alors qu'elles sont affectées d'un risque naturel, notamment " les parcelles situées dans le hameau de La Gorge et une vingtaine de maisons en rouge au PPRN, et parcelle n° 285 située en zone PPRN ".
61. Il ressort des pièces du dossier et notamment du document graphique 4.0 qu'une grande partie du territoire communal, dont le hameau La Gorge, au sein duquel se situe la parcelle n° 285, est dans le périmètre du plan de prévention des risques naturels approuvé par un arrêté du préfet de l'Isère du 31 juillet 2003. Ainsi que le relèvent les requérants, le hameau La Gorge est classé en zone Ua. Toutefois, et comme le fait valoir la commune de Sainte-Agnés, l'existence d'un risque naturel ne fait pas obstacle à un classement en zone urbaine. En l'espèce, le règlement écrit de la zone Ua prend en compte les risques naturels, précise que " tout projet de construction pourra être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leur dimension, se trouvent soumises à des risques naturels () " et intègre les prescriptions du plan de prévention des risques naturels applicables à la zone. En outre et à l'intérieur de ce périmètre, il ressort du document graphique 4.3.3. et du rapport de présentation l'existence d'un risque de crues des torrents et rivières torrentiels, à la confluence du ruisseau du Grand Joly et du torrent de Vorz, en amont du hameau La Gorge. Ce secteur fait l'objet d'une protection particulière qui prend la forme d'un porté à la connaissance des services de l'Etat. Cette zone est classée essentiellement en zone agricole et en zone naturelle, à l'exception d'une partie de la parcelle n° 276, qui se situe à la sortie du hameau de La Gorge, elle-même classée en Bt2 (zone bleue) et pour laquelle les prescriptions du plan de prévention des risques naturels, en l'occurrence, " crues des torrents et des ruisseaux torrentiels ", s'appliquent. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance du plan de prévention des risques naturels doit être écarté comme non fondé.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation du classement de certaines parcelles :
62. D'une part, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
63. Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
64. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de définir des zones urbaines normalement constructibles et des zones dans lesquelles les constructions peuvent être limitées ou interdites. Ils ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme ou par la qualification juridique qui a pu être reconnue antérieurement à certaines zones sur le fondement d'une réglementation d'urbanisme différente. L'appréciation à laquelle ils se livrent ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste ou de détournement de pouvoir.
S'agissant du classement de la parcelle B n° 243 en zone agricole :
65. Il est vrai que la parcelle de M. J est bâtie. Toutefois, la parcelle, d'une surface d'environ 1700 m², est détachée du hameau Le Mollard et est entourée de parcelles non bâties, toutes classées en zone agricole, s'ouvrant à l'Est sur une vaste zone agricole laquelle intègre d'autres parcelles bâties mais disséminées. De la photographie aérienne produite par les requérants, il ressort que la parcelle B n° 243 est enherbée dans sa partie non construite. En outre, les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu densifier le hameau du Mollard, comme il a déjà été dit au point 57, en créant deux OAP n° 2 et n° 3 " Habitat ", situées sur des parcelles au cœur du hameau. Par ailleurs, les allégations des requérants selon lesquelles les parcelles des opposants à l'équipe municipale ont été classées en zone A ne ressortent pas des pièces du dossier. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que la parcelle cadastrée section B n° 243 a été classée en zone agricole.
S'agissant du classement de la parcelle B n° 206 en zone urbaine :
66. La parcelle cadastrée B n° 206 se situe en sortie du hameau Le Mollard, coté Ouest. Elle est voisine d'une parcelle n° 215, elle-même construite. Elle est desservie par les réseaux et une voie publique. La parcelle litigieuse, très étroite et toute en longueur, est dans la frange de la zone urbanisée du hameau. Si la construction édifiée sur la parcelle est une grange, elle ne fait pas l'objet d'une exploitation agricole. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que la parcelle B n° 206 a été classée en zone urbaine.
En ce qui concerne l'erreur de droit affectant le classement de la parcelle B n° 243 en zone agricole :
67. En soutenant que s'agissant de parcelles classées en zone agricole dans le plan local d'urbanisme, les possibilités de construction offertes aux exploitants agricoles et aux non exploitants sont différentes pour en déduire que les uns seraient lésés par rapport aux autres, les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne le détournement de pouvoir :
68. Les requérants soutiennent que le classement en zone U de la parcelle cadastrée section B n° 206 et la création de l'OAP n° 2 sont entachés d'un détournement de pouvoir dès lors que ces décisions répondent excluvisement à l'intérêt privé de leur propriétaire, membre du conseil municipal de Sainte-Agnés.
69. La commune ne conteste pas sérieurement que M. F, membre du conseil municipal, est le propriétaire des trois parcelles litigieuses et il ressort des pièces du dossier que M. F était présent lors de séance du conseil municipal au cours de laquelle le plan local d'urbanisme a été arrêté, le 28 aout 2019, puis lors de l'approbation du plan local d'urbanisme par la délibération du 19 février 2020 et qu'il a pris part au vote dans les deux cas.
70. Toutefois, s'agissant de la parcelle cadastrée section B n° 206, le classement en zone U n'est pas illégal comme il vient d'être dit. S'agissant de la création de l'OAP n° 2, sur trois parcelles dont deux appartiennent à l'intéressé (B n° 252 et B n° 231), la troisième appartenant à Mme C (A n° 251), elle n'est pas illégale et elle est justifiée par le parti d'aménagement retenu par le plan local d'urbanisme, ainsi qu'il a été dit au point 57. Le classement des trois parcelles en zone U et la création de l'OAP n° 2 sont justifiés par des considérations urbanistiques. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
En ce qui concerne les principes d'équilibre prévus à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme :
71. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme alors applicable : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants :1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité ; 2° La qualité urbaine, architecturale et paysagère, notamment des entrées de ville ; 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile () ".
72. En soutenant que la commune de Saint-Agnès, qui prévoit une croissance de population de 90 personnes et fixe un besoin de logements entre 30 et 40, s'est méprise dans l'estimation du besoin de construction et a méconnu l'équilibre entre le développement urbain et les espaces agricoles, les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
73. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir.
Sur les frais liés à l'instance :
74. Les conclusions présentées par les requérants, partie perdante, sont rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, Mme C et M. J verseront la somme de 1500 euros à la commune de Saint-Agnès, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C et de M. J est rejetée.
Article 2 : Mme C et M. J verseront la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Agnès en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Saint-Agnés est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. J, en application de l'article R. 751-3 et à la commune de Sainte-Agnès.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
La rapporteure,
C. I
La présidente,
D. JOURDAN
La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026