lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés le 13 août 2020, le 13 décembre 2021, les 12 et 14 avril 2022, M. A B, représenté par Me Py, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2020 par lequel le maire de la commune de Vinay lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif sur les parcelles cadastrées E 202 et 203 pour la réalisation de trois lots et la construction d'une maison d'habitation sur un des lots ;
2°) d'enjoindre à la commune de Vinay de lui délivrer le certificat d'urbanisme demandé et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les deux mois suivant la notification du jugement ;
3°) d'enjoindre à la commune de Vinay d'inscrire la question de l'illégalité du plan local d'urbanisme à l'ordre du jour d'une séance du conseil municipal dans les deux mois suivants la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Vinay une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé, le maire n'expliquant pas pourquoi les dispositions des articles L. 123-1-5 7°, L 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme ainsi que l'article UD 13 du plan local d'urbanisme relatives aux espaces boisés s'appliquent aux espaces verts à préserver ;
- il est entaché d'une erreur de droit, les dispositions des articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme qui le fondent n'étant pas applicables au terrain d'assiette du projet ; l'article UD13 qui fonde la décision litigieuse ne saurait fonder une interdiction de construction ; le point 6, relatif aux espaces verts ne prévoit pas d'interdiction de construire ; le point 9 prévoit déjà une limitation des constructions ; les parcelles en cause n'ont pas de rôle de bassin de rétention ;
- la décision litigieuse est entachée d'une illégalité en raison de l'illégalité du classement par le plan local d'urbanisme de la commune de Vinay de la parcelle E 202 en espace vert à préserver au sens de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, lequel est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 26 avril 2021 et le 18 février 2022, la commune de Vinay, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, président-rapporteur
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Duca représentant M. B, et de Me Fessler, représentant la commune de Vinay.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 avril 2020, M. A B a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la séparation des parcelles E 202 et E 203 situées sur la commune de Vinay en trois lots et la construction sur l'un d'entre eux d'une maison d'habitation. Par l'arrêté attaqué du 25 juin 2020, dont M. B demande l'annulation, le maire de la commune de Vinay a refusé de lui délivrer le certificat d'urbanisme demandé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements. " Aux termes de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. [] ". Aux termes de l'article L. 151-19 du même code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. " A la différence des dispositions de l'article L. 113-1 qui instituent un régime de protection prévu par les dispositions de l'article L. 113-2 pour les espaces boisés classés, les dispositions précitées de l'article L. 151-19 que celles-ci se limitent à ouvrir la possibilité aux auteurs d'un plan local d'urbanisme d'identifier des espaces à conserver ou à mettre en valeur sans instituer de régime protecteur particulier. L'identification d'un tel espace au sein du règlement graphique d'un plan local d'urbanisme ne saurait ainsi, en l'absence de mesure expressément prévues par le règlement dudit plan local d'urbanisme ou de renvoi à une réglementation particulière, instituer un régime protecteur pour cet espace.
3. Il résulte du règlement graphique du plan local d'urbanisme de la commune de Vinay que la parcelle E 202, qui constitue le terrain d'assiette de l'essentiel de l'opération projetée par M. B et qui accueillerait, notamment, la construction envisagée, est incluse dans une zone décrite par ce règlement graphique comme " parcs et espaces boisés ou espaces verts à préserver (au titre de l'article L.123-1-5, 7° du code de l'urbanisme) " dont les dispositions ont été reprises à la date de la décision attaquée à l'article L. 151-19 du même code.
4. Il résulte de ce qui précède qu'un tel classement au titre de l'article L. 151-19 précité, ne saurait s'assimiler à celui d'un espace boisé classé prévu à l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme, lequel ne peut résulter que d'une indication explicite dans le règlement du plan local d'urbanisme. Il ne résulte d'aucune des prescriptions du plan local d'urbanisme de la commune de Vinay, notamment des règles applicables aux zones Ud applicables aux deux parcelles concernées qu'elles instituent des règles de protections précises pour la zone " à préserver (au titre de l'article L.123-1-5, 7° du code de l'urbanisme) ". Elles n'instituent notamment aucune interdiction de construire. Dès lors, M. B est fondé à soutenir qu'en rejetant sa demande de certificat d'urbanisme au motif que l'opération projetée était de nature à méconnaître les dispositions l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme et l'article UD 13 du plan local d'urbanisme, le maire a entaché sa décision d'une erreur de droit. Il est ainsi fondé à demander, pour ce motif l'annulation de la décision litigieuse du 25 juin 2020.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés par M. B n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder autrement cette annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. "
7. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Toutefois, ni les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, qui imposent aux refus d'autorisation d'urbanisme d'indiquer l'intégralité des motifs qui les justifient, ni les dispositions de l'article L. 600-2 du même code, qui font obstacle dans certaines conditions à ce que la demande d'autorisation d'urbanisme fasse l'objet d'une nouvelle décision défavorable sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée, ne sont applicables aux certificats d'urbanisme, notamment à ceux délivrés sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, lesquels certificats ne statuent pas sur une demande d'autorisation d'urbanisme et, quel qu'en soit le sens, n'ont ni pour objet ni pour effet de délivrer ou refuser la délivrance d' une telle autorisation.
8. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction de M. B tendant à ce que le tribunal enjoigne au maire de la commune de Vinay de lui délivrer le certificat d'urbanisme sollicité doivent être rejetées. L'annulation de la décision litigieuse implique seulement que le maire de Vinay réexamine la demande de M. B. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prescrire l'exécution de cette mesure dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
9. L'annulation de l'arrêté attaqué n'implique pas davantage que la commune de Vinay abroge, en tout ou partie son plan local d'urbanisme. Par suite, les conclusions présentées par M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de Vinay d'inscrire la question de l'illégalité du plan local d'urbanisme à l'ordre du jour du conseil municipal ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vinay une somme de 1 500 euros qu'elle paiera à M. B, au titre des frais non compris dans les dépens que ce dernier a exposés.
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de la commune de Vinay en ce sens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 juin 2020 du maire de la commune de Vinay est annulé.
Article 2 :Il est enjoint au maire de la commune de Vinay de réexaminer la demande de certificat d'urbanisme de M. B dans les deux mois suivants la notification du jugement.
Article 3 :La commune de Vinay versera à M. B une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Les conclusions de la commune de Vinay relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 6 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Vinay.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme C et Mme D, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
Le président,
P. Thierry L'assesseur le plus ancien,
C. C
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 20046192
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026