lundi 27 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BALLALOUD-ALADEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 août 2020 et le 12 mai 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) ADEF IMMOBILIER, représentée par Me Ballaloud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 5 mars 2020 par laquelle le conseil municipal de Les Villards-sur-Thônes a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle classe la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole ;
2°) d'enjoindre à la commune de Les Villards-sur-Thônes de modifier le plan local d'urbanisme en classant la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone UC constructible ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Les Villards-sur-Thônes une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le classement de la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 11 janvier 2021 et le 2 septembre 2021, la commune de Les Villards-sur-Thônes, représentée par Me Duverneuil, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Les Villards-sur-Thônes fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en application des articles R. 613-3 et R. 613-1 du code de justice administrative, au 26 novembre 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Planchet, représentant la SARL ADEF IMMOBILIER et de Me Duverneuil, représentant la commune de Les Villards-sur-Thônes.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL ADEF IMMOBILIER est propriétaire de la parcelle, cadastrée section A n° 5195, située au lieu-dit " Les Champs Courbes " sur le territoire de la commune de Les Villards-sur-Thônes. Par une délibération du 5 mars 2020, le conseil municipal de Les Villards-sur-Thônes a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune et a notamment classé la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole. Par la présente requête, la SARL ADEF IMMOBILIER demande l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme définit notamment : " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
3. Il résulte des articles L. 151-5, L. 151-9 et R. 151-22 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. La SARL ADEF IMMOBILIER soutient que le classement par la délibération litigieuse de sa parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la parcelle de la société requérante située au lieu-dit " Les Champs Courbes ", est bordée sur un de ses côtés par le chemin des Bontemps, sur un autre de ses côtés par une parcelle vierge de construction classée en zone UC et s'ouvre à l'Est sur une vaste zone agricole. En outre, cette parcelle, vierge de toute construction, se trouve en dehors des parties urbanisées de la commune de Les Villards-sur-Thônes, dans une partie du territoire de la commune qui présente, très majoritairement, un caractère agricole. Par ailleurs, le classement de cette parcelle est cohérent avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), lequel prévoit précisément " un développement organisé du chef-lieu pour conforter la centralité " et, sur les hameaux, de " privilégier l'urbanisation à l'intérieur de l'enveloppe urbaine et de privilégier l'aménagement des interstices et des " dents creuses " ". A cet égard, il vise le hameau " Champs Courbes " au sein duquel se trouve la parcelle dont le classement est contesté comme un hameau où le développement urbain est à limiter. Enfin, les circonstances que la parcelle fait partie d'un lotissement et qu'elle est desservie par la voirie et les réseaux, ne font pas par elles-mêmes, obstacle à un classement en zone agricole. Ainsi, compte tenu du parti d'aménagement retenu par la commune de Les Villards-sur-Thônes et de la localisation de la parcelle de la SARL ADEF IMMOBILIER, le classement en zone agricole ne peut être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le classement de la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la SARL ADEF IMMOBILIER tendant à l'annulation de la délibération du 5 mars 2020 par laquelle le conseil municipal de Les Villards-sur-Thônes a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle classe la parcelle, cadastrée section A n° 5195, en zone agricole doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Les Villards-sur-Thônes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la SARL ADEF IMMOBILIER et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL ADEF IMMOBILIER la somme que demande la commune de Les Villards-sur-Thônes au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL ADEF IMMOBILIER est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Les Villards-sur-Thônes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL ADEF IMMOBILIER et à la commune de Les Villards-sur-Thônes.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2023.
La rapporteure,
P. A
La présidente,
D. JOURDAN La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026