lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004895 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2020, Mme B épouse A, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'autorisation provisoire de séjour du 18 novembre 2019 en tant qu'elle ne l'autorise pas à travailler ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de délivrer à Mme B épouse A une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2021, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que Mme B épouse A a fait l'objet d'un refus de séjour et obligation de quitter le territoire français le 20 juillet 2021 et que la requête a perdu son objet.
Par ordonnance du 19 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 26 novembre 2021.
Mme B Épouse A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. Sauveplane a lu son rapport au cours de l'audience publique, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse A a été admise provisoirement au séjour en qualité de parent d'un enfant admis au séjour en raison de son état de santé sur le fondement du 11 de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur. Une autorisation provisoire de séjour lui a été délivrée le 18 novembre 2019 sur le fondement de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par le préfet de l'Isère. Mme B épouse A demande l'annulation de cette autorisation provisoire de séjour du 18 novembre 2019 en tant qu'elle ne l'autorisait pas à travailler.
Sur les conclusions aux fins de bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mme B épouse A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 octobre 2020. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur le non-lieu à statuer opposé par le préfet :
3. La circonstance que Mme B épouse A a fait l'objet, postérieurement à la décision attaquée, d'un refus d'admission au séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français ne rend pas sans objet la requête. Par suite, le non-lieu à statuer opposé par le préfet doit être écarté.
Sur les conclusions d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si leur présence constitue une menace pour l'ordre public, une autorisation provisoire de séjour est délivrée aux parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions mentionnées au 11° de l'article L. 313-11, ou à l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'autorisation provisoire de séjour mentionnée au premier alinéa, qui ne peut être d'une durée supérieure à six mois, est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues au 11° de l'article L. 313-11. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. "
5. Il résulte de ces dispositions que l'autorisation provisoire de séjour délivrée aux parents d'un enfant malade admis au séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Par suite, en délivrant à Mme B épouse A une autorisation provisoire de séjour qui ne l'autorisait pas à travailler, le préfet de l'Isère a commis une erreur de droit. Mme B épouse A est donc fondée à demander l'annulation de cette autorisation en tant qu'elle ne l'autorisait pas à travailler.
Sur les conclusions d'injonction :
6. Le préfet de l'Isère fait valoir que Mme B épouse A a fait l'objet, postérieurement à la décision attaquée, d'un refus d'admission au séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français le 9 juillet 2021, devenu définitif. Par suite, la présente annulation n'entraine aucune mesure d'exécution et les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du procès :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Me Huard tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 :L'autorisation provisoire de séjour du 18 novembre 2019 est annulée en tant qu'elle n'autorise pas Mme B épouse A à travailler.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête de Mme B épouse A est rejeté.
Article 4 :Les conclusions de Me Huard tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme B épouse A, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 9 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Mathieu Sauveplane, président,
Mme Céline Letellier, première conseillère,
Mme Emilie Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. Letellier
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026