mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er septembre 2020, M. B, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 24 août 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir son droit aux conditions matérielles d'accueil sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 744-6 du même code et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
L'office fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'à la suite de la suspension de l'exécution de la décision contestée par ordonnance du juge des référés en date du 8 octobre 2020, elle a rétabli les conditions matérielles d'accueil de l'intéressé à compter de juin 2020 et qu'il ne peut plus bénéficier de celles-ci, sa demande d'asile ayant été rejetée par la CNDA par décision du 16 avril 2021, notifiée le 17 mai 2021.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2020.
Par un courrier en date du 16 septembre 2022 les parties ont été informées que l'affaire enregistrée sous le numéro mentionné ci-dessus, qui était inscrite au rôle de l'audience du 15/09/2022, avait été renvoyée à une séance ultérieure.
Par un courrier du 6 octobre 2022, M. B a indiqué maintenir sa requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 19 février 1993, a présenté une demande d'asile en France le 7 mai 2018, enregistrée en procédure dite " Dublin ", dans le cadre de laquelle il s'est vu remettre un arrêté de réadmission vers l'Italie le 23 juillet 2018 avec placement en assignation à résidence. En suite de l'expiration du délai de transfert, et en vertu des dispositions de l'article 29 § 2 du règlement Dublin III, l'Etat français est devenu responsable de la prise en charge de M. B. Entre-temps, l'OFII a procédé au retrait des conditions matérielles d'accueil de l'intéressé au motif qu'il aurait été placé en fuite par décision du 15 janvier 2019, en raison de son refus d'embarquement au vol à destination de l'Italie, le 7 janvier 2019. Par une ordonnance n° 1907588 du 13 décembre 2019, le juge des référés a enjoint au préfet de l'Isère d'enregistrer la nouvelle demande d'asile de M. B, en ce qu'il ne pouvait être procédé au transfert du requérant à la date du 7 janvier 2019, le délai de transfert étant expiré depuis le 2 janvier 2019. En conséquence, M. B a pu se voir délivrer une attestation de demandeur d'asile le 10 janvier 2020, suite à quoi, il a demandé à ce que les conditions matérielles d'accueil lui soient rétablies par un courrier en date du 4 avril 2020. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet dont il demande l'annulation.
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. Il ressort de l'attestation non contestée de versement de l'allocation pour demandeur d'asile émanant de la directrice territoriale de l'OFII, qu'il a été procédé au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. B à compter du mois de juin 2020 et que cette décision s'est matérialisée par la remise d'une nouvelle carte d'allocation pour demandeur d'asile le 29 juin 2020. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII, la somme demandée par M. B sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Huard et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. A et M. C, premier conseillers,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023
Le rapporteur,
S. A
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026