mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2020 sous le numéro 2005218, Mme B C épouse A, représentée par Me Ursini-Maurin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 juillet 2020 par laquelle la directrice du centre hospitalier de Saint-Marcellin a prononcé sa révocation ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Marcellin une somme de 2 000 euros sur fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis motivé du conseil de discipline ne lui a pas été transmis ; il n'a donc pas été satisfait aux prescriptions de l'article 11 du décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- la sanction attaquée n'est pas suffisamment motivée en fait ;
- la sanction attaquée est entachée d'erreur de fait ; elle est disproportionnée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2020, le centre hospitalier de Saint-Marcellin, représenté par Me Le Blanc, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2020 sous le numéro 2005652, Mme B C épouse A, représentée par Me Ursini-Maurin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2020 par laquelle la directrice du centre hospitalier de Saint-Marcellin a rejeté sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Marcellin à lui verser la somme de 718,44 euros pour juillet 2020 et de 1436,87 euros par mois écoulé depuis août 2020 à titre d'indemnité pour perte de gains ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Marcellin à lui verser les cotisations sociales correspondantes ;
4°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Marcellin à lui verser une somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Marcellin une somme de 2 000 euros sur fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la sanction attaquée étant illégale, elle est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de son employeur ;
- elle est fondée à obtenir la réparation des préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2020, le centre hospitalier de Saint-Marcellin, représenté par Me Le Blanc, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier fait valoir que les prétentions indemnitaires de Mme A ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- les observations de Me Ursini-Maurin, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Breysse, représentant le centre hospitalier de Saint-Marcellin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée à compter de 1996 en qualité d'aide-soignante titulaire par le centre hospitalier de Saint-Marcellin pour exercer en EHPAD. Suite à des signalements de vols de denrées et de maltraitance, elle a fait l'objet d'une mesure de suspension le 5 mai 2020. A l'issue de la procédure disciplinaire, Mme A a été révoquée par une décision du 10 juillet 2020, dont elle demande l'annulation dans la présente instance, ainsi que l'indemnisation de son préjudice.
2. Les requêtes susvisées sont présentées par la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 11 du décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière : " L'avis émis par le conseil de discipline est communiqué sans délai au fonctionnaire intéressé ainsi qu'à l'autorité qui exerce le pouvoir disciplinaire. Celle-ci statue par décision motivée. ".
4. La décision de sanction attaquée énonce de façon précise et circonstanciée chacun des griefs ayant motivé cette sanction, ainsi que les textes de droit qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée. S'il est constant que l'avis du conseil de discipline n'a pas été communiqué à Mme A, cette dernière, qui était présente lors du conseil de discipline, n'allègue pas en avoir demandé la communication. En outre, compte tenu, comme il vient d'être dit, du caractère précis et circonstancié de la motivation de la sanction attaquée, Mme A était en mesure, à la seule lecture de cette décision, d'en connaître les motifs. Enfin la sanction attaquée précisait dans ses visas la teneur précise de l'avis du conseil de discipline, les dispositions précitées n'imposant pas que la communication à l'agent de l'avis du conseil de discipline intervienne, à peine d'illégalité de la décision de sanction, avant que cette décision ne soit prise. Dans ces conditions, les dispositions précitées n'ont pas été méconnues.
5. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986, dans sa version applicable au litige : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () Troisième groupe : La rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à l'échelon correspondant à un indice égal ou, à défaut, immédiatement inférieur à celui afférent à l'échelon détenu par l'agent, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; / Quatrième groupe : / La mise à la retraite d'office, la révocation. () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Il est reproché à Mme A, d'une part des faits de maltraitance vis-à-vis des résidents de l'EHPAD, d'autre part des vols récurrents de produits et denrées appartenant aux résidents et à l'établissement. Mme A ne conteste pas sérieusement les faits de vol, qui sont précisément documentés par plusieurs rapports et qui portent sur un volume conséquent de produits. Si Mme A attribue ce comportement à un trouble psychologique médicalement constaté et qui serait aggravé par une situation personnelle difficile, cette circonstance n'est attestée que par un seul certificat médical non circonstancié qui ne peut donc être regardé comme démontrant que Mme A n'était pas responsable de ses actes. S'agissant des faits de maltraitance, ceux-ci sont documentés par un rapport du 5 mai 2020, qui recense des témoignages de ses collègues faisant principalement état d'une impatience et d'une tendance à gaver des résidents lors des repas, générant de l'anxiété au sein du service et parmi les résidents. Ces faits ne sont pas non plus sérieusement contestés par Mme A, qui se borne à contester, dans ses écritures, la matérialité d'une gifle qu'on lui aurait reproché d'avoir donnée, mais qui ne figure pas dans les motifs de la sanction attaquée, ainsi que la supposée anxiété d'une résidente. Si la notion de maltraitance peut apparaître une qualification excessive, l'inadaptation du comportement de Mme A à ses fonctions doit également être regardée comme établie. Eu égard à la gravité et à la récurrence des fautes commises par Mme A, la sanction de révocation n'apparaît pas disproportionnée ou entachée d'une erreur d'appréciation. Mme A n'est donc pas fondée à en demander l'annulation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires
8. La décision du 10 juillet 2020 n'étant, comme il vient d'être dit, pas illégale, les conclusions indemnitaires de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions précitées au profit de l'une ou l'autre partie.
DECIDE :
Article 1er : Les requêtes susvisées de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Saint-Marcellin sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et au centre hospitalier de Saint-Marcellin.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2005218-200565
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026