mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL EUROPA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 septembre 2020 et 11 mai 2021, Mme E C, représentée par le cabinet Europa Avocats, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a considéré qu'elle avait quitté volontairement son emploi, révélée par le contenu de l'attestation d'employeur transmise aux services de Pôle Emploi le 25 novembre 2019 indiquant comme motif de rupture du contrat " rupture anticipée d'un contrat de travail à durée déterminée () à l'initiative du salarié ", ensemble la décision implicite du ministre en charge de l'éducation nationale portant rejet du recours gracieux qu'elle avait formé à son encontre le 21 février 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Grenoble d'établir une nouvelle attestation d'employeur indiquant que le motif de la rupture de son contrat de travail est la fin de son contrat à durée déterminée, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du recteur de l'académie de Grenoble une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la rectrice a commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'elle aurait mis fin de manière anticipée à un contrat à durée déterminée en refusant la proposition qui lui avait été faite le 2 septembre 2019, alors que son dernier contrat expirait le 31 août 2019 ; même si elle avait refusé le renouvellement de son contrat, elle aurait dû être regardée comme involontairement privée d'emploi, dès lors que son dernier contrat était arrivé à terme, comme le prévoit le règlement général de l'UNEDIC annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 18 et 25 mai 2021, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. A,
- et les observations de Me Roudil, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1.Mme E C a été recrutée à compter du 1er avril 2013 par le rectorat de l'académie de Grenoble en qualité d'accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH), dans le cadre de contrats à durée déterminée d'un an, renouvelés jusqu'au 31 août 2019. Le 2 septembre 2019, la rectrice de l'académie de Grenoble lui a proposé le renouvellement de son contrat pour une durée de trois ans, ce que Mme C a refusé par un courrier du même jour. Le 25 novembre 2019, la rectrice a transmis aux services de Pole-Emploi une attestation indiquant dans le paragraphe 5 " motif de la rupture du contrat de travail " : " rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée () à l'initiative du salarié ". Le 16 décembre 2019, les services de Pôle-Emploi ont informé Mme C qu'elle ne pouvait prétendre aux allocations d'aide au retour à l'emploi, dès lors qu'il ressortait de l'attestation d'employeur qui leur avait été transmis qu'elle avait quitté volontairement son dernier emploi. Par un courrier du 21 février 2020, Mme C a demandé en vain au ministre en charge de l'éducation nationale de modifier le motif de fin de leurs relations contractuelles en " fin de contrat à durée déterminée ". Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite, révélée par le contenu de l'attestation du 25 novembre 2019, par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a considéré qu'elle avait quitté volontairement son emploi, ensemble le rejet implicite du recours gracieux qu'elle avait formé à son encontre le 21 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2.D'une part, aux termes du I de l'article L. 5422-1 du code du travail dans sa version en vigueur depuis le 23 août 2019 : " Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 ; () ". Aux termes de l'article L. 5424-1 du même code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire () : / () 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat () ". Aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi. () ".
3.Pour l'application des articles L. 5422-1 et L. 5424-1 du code du travail, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de déterminer si les circonstances dans lesquelles un contrat de travail à durée déterminée n'a pas été renouvelé permettent de l'assimiler à une perte involontaire d'emploi.
4.Il est constant que le dernier contrat de travail à durée déterminée de Mme C a pris fin le 31 août 2019, et que ce n'est que le 2 septembre 2019 que la rectrice de l'académie de Grenoble lui a fait parvenir par courrier un nouveau contrat prenant effet à compter du 1er septembre 2019. Comme le fait valoir la rectrice, le non-respect du délai de prévenance prévu par l'article 45 du décret du 17 janvier 1986, pour regrettable qu'il soit, ne saurait nécessairement faire regarder l'intéressée comme ayant eu un motif légitime pour refuser le renouvellement de son contrat. Toutefois, il est constant en l'espèce que Mme C n'a reçu aucune offre formalisée de la part de l'administration tendant au renouvellement de son engagement avant l'expiration de son contrat de travail le 31 août 2019. Dès lors, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'elle a ensuite refusé la proposition de poste qui lui avait été notifiée le 2 septembre 2019, elle doit être regardée comme ayant été, à la date du 31 août 2019, involontairement privée d'emploi à raison de l'expiration de son contrat de travail à durée déterminée.
5.Il résulte de ce qui précède que la décision implicite, révélée par le contenu de l'attestation du 25 novembre 2019, par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a considéré que Mme C avait quitté volontairement son emploi en procédant à la rupture anticipée de son contrat de travail à durée déterminée doit être annulée, ensemble le rejet implicite du recours gracieux qu'elle avait formé à son encontre le 21 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6.En application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble d'établir une nouvelle attestation d'employeur indiquant comme motif de fin de leurs relations contractuelles " fin de contrat à durée déterminée ", et ce dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sans qu'il soit besoin d'assortir cette mesure d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Grenoble la somme de 1 500 euros à verser à Mme C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite, révélée par le contenu de l'attestation d'employeur du 25 novembre 2019, par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a considéré que Mme C avait quitté volontairement son emploi est annulée, ensemble le rejet implicite du recours gracieux qu'elle avait formé à son encontre le 21 février 2020.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Grenoble d'établir une nouvelle attestation d'employeur indiquant comme motif de fin de leurs relations contractuelles " fin de contrat à durée déterminée ", et ce dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir.
Article 3 : Le rectorat de l'académie de Grenoble versera la somme de 1 500 euros à Mme C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. B et M. D, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
Le rapporteur,
N. D
La présidente,
A. TRIOLET La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2005463
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026