jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005567 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2020, Mme C F B, représentée Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 31 juillet 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de la rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil à compter du mois de février 2020 dans le délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A B soutient que :
- la décision implicite de rejet est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée de plusieurs erreurs de fait tenant à la date de sa première demande d'asile, à la circonstance qu'elle s'en est désistée et à la situation de vulnérabilité dans laquelle elle se trouve ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure caractérisé par le défaut d'entretien de vulnérabilité ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;
- les dispositions de l'article L. 744-8 2° et de l'article D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues.
Par un mémoire enregistré le 20 décembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Par décision du 24 novembre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme C A B.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 janvier 2023, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letellier,
- et les conclusions de Mme Beytout.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A B est une ressortissante algérienne, âgée de 40 ans. Le 25 septembre 2012, elle a formé une demande d'asile en France dont elle s'est désistée le 24 janvier 2013. Elle a regagné l'Algérie. Le 28 décembre 2019, elle est entrée à nouveau en France. Le 6 février 2020, elle a présenté une nouvelle demande d'asile. Par décision du même jour, elle s'est vue refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 14 février 2020, elle a présenté un recours gracieux reçu le 17 février 2020 auquel il n'a pas été répondu. Par la présente requête, Mme A B demande l'annulation de la décision implicite née le 31 juillet 2020 par laquelle le directeur général de l'OFII a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de rejet :
2. Un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours administratif, qu'il soit gracieux ou hiérarchique, doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours administratif dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours administratif, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours administratif, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Au cas d'espèce, si Mme A B demande uniquement l'annulation de la décision implicite ayant implicitement rejeté son recours hiérarchique formé devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, elle doit être regardée comme demandant également l'annulation de la décision initiale du 6 février 2020.
En ce qui concerne la décision du 6 février 2020 :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
4. Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre. () ".
5. Il ressort de la décision du 6 février 2020 que les conditions matérielles d'accueil ont été refusées à la requérante au motif que " votre première demande d'asile enregistrée par l'OFPRA le 27 septembre 2019 ayant fait l'objet d'un rejet notifié le 25 mars 2019, votre nouvelle demande enregistrée par la préfecture de l'Isère le 6 février 2020 est assimilée à une demande de réexamen de demande d'asile ".
6. Il ressort des pièces du dossier qu'en dehors du 6 février 2020, la requérante n'a présenté une autre demande d'asile que le 25 septembre 2012 dont elle s'est désistée le 24 janvier 2013, ce que l'OFII reconnait dans ses écritures. Ainsi, la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle quant aux dates à laquelle Mme A B a présenté une demande d'asile. En défense, l'OFII invoque les dispositions de l'article L.723-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour soutenir que la demande d'asile présentée le 6 février 2020 constitue néanmoins une demande de réexamen de la demande d'asile présentée le 25 septembre 2012. Si l'article L. 723-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée, dispose que " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure, y compris lorsque le demandeur avait explicitement retiré sa demande antérieure, lorsque l'office a pris une décision définitive de clôture en application de l'article L. 723-13 ou lorsque le demandeur a quitté le territoire, même pour rejoindre son pays d'origine. Ces dispositions s'appliquent sans préjudice du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride. () ", l'article 35 de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, ayant introduit l'article L. 723-15, dispose que : " I.-Les articles L. 723-3, L. 723-6, L. 723-7, L. 723-15, L. 723-16 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction résultant de la présente loi, s'appliquent aux demandes d'asile présentées à compter du 20 juillet 2015. ". Il en résulte que les dispositions de l'article L. 723-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile ne s'appliquent pas à la première demande d'asile de la requérante dont elle s'est désistée avant le 20 juillet 2015. Ainsi, la demande d'asile présentée le 6 février 2020 par la requérante ne constitue pas un réexamen mais une première demande d'asile. Par suite, Mme A B est fondée à demander l'annulation de la décision du 6 février 2020.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Par une décision du 1er décembre 2020, le directeur territorial de l'OFII a procédé au versement à Mme F B de l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 29 octobre 2020.
8. Dans ces conditions et eu égard aux motifs d'annulation qu'il retient, l'exécution du présent jugement implique que l'OFII procède au versement de l'allocation pour demandeur d'asile du 6 février 2020 jusqu'au 28 octobre 2020 inclus à la requérante. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à ce versement dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin de prévoir une astreinte.
Sur les frais d'instance :
9. L'Etat n'étant pas partie à la présente instance, les conclusions présentées par Mme A B à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 octobre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au versement de l'allocation pour demandeur d'asile au profit de Mme A B pour la période allant du 6 février 2020 jusqu'au 28 octobre 2020 inclus, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B, à Me Mathis et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Letellier, première conseillère,
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 19 janvier 2023.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
J.-P. WYSS
La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026