jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés le 8 octobre 2020 et le 5 novembre 2021, la SARL Jy Trouvetou, représentée par Me Balestas, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune d'Annecy à lui verser la somme de 36 549 euros en réparation des préjudices que lui ont causé les travaux de voirie réalisés rue de la Barrade ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Annecy la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- la responsabilité sans faute de la commune d'Annecy est engagée en raison du dommage anormal et spécial causé par les travaux de voirie sur la rue de la Barrade ;
- le lien de causalité entre les travaux et sa perte de chiffre d'affaires est établi ;
- le préjudice financier résultant de sa diminution du chiffre d'affaires est évalué à 36 549 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 avril 2021 et le 28 avril 2022, la commune d'Annecy, représentée par Me Cariou, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'existe pas de lien de causalité entre les travaux réalisés et le préjudice allégué, l'accès au commerce de la société requérante étant resté possible durant les travaux ;
- la perte de chiffre d'affaires alléguée n'est pas établie, alors que ce chiffre d'affaires était déjà en baisse avant le commencement des travaux ;
- en tout état de cause le préjudice allégué ne peut être regardé comme anormal et spécial.
Par lettre du 2 mai 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 20 mai 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 27 mars 2023, par l'avis d'audience du même jour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doulat,
- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique,
- les observations de Me Leurent, représentant la SARL Jy Trouvetou ;
- et les observations de Me Dagonat représentant la commune d'Annecy.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Jy Trouvetou exploite un commerce dont l'activité principale est le dépôt-vente d'objets, mais également la vente de lots et la vente de négoce. Elle fait valoir que la réalisation de travaux de voirie dans la rue de la Barrade qui permet l'accès à son commerce a entrainé une baisse importante de la fréquentation et de son chiffre d'affaires, ce qui lui a causé un préjudice financier. Par courrier du 9 juin 2020, la commune d'Annecy a rejeté la demande d'indemnisation présentée par la société par courriel du 13 mai 2020. Par une requête enregistrée le 8 octobre 2020, la SARL Jy Trouvetou demande au tribunal de condamner la commune d'Annecy à lui verser une indemnité de 36 549 euros en réparation de son préjudice.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient au riverain d'une voie publique qui entend obtenir réparation des dommages qu'il estime avoir subis à l'occasion d'une opération de travaux publics à l'égard de laquelle il a la qualité de tiers d'établir, d'une part, le lien de causalité entre cette opération et les dommages invoqués et, d'autre part, le caractère grave et spécial de son préjudice, les riverains des voies publiques étant tenus de supporter sans contrepartie les sujétions normales qui leur sont imposées dans un but d'intérêt général. Le caractère grave du préjudice et des dommages supportés se déduit, notamment, des difficultés particulières rencontrées par les clients dans l'accès au fonds de commerce ou encore de l'impossibilité même d'accéder à ce fonds.
3. Il résulte de l'instruction que la commune d'Annecy a réalisé des travaux sur la voie de la rue de la Barrade, initialement prévus du 10 juillet 2019 au 20 octobre 2019 et qui se sont prolongés jusqu'au 27 décembre 2019. Ces travaux de voirie ont constitué une opération de travaux publics à l'égard de laquelle la société Jy Trouvetou avait la qualité de tiers. Il résulte également de l'instruction que si ces travaux ont, du fait de la fermeture de la voie aux véhicules à l'exception des riverains, nécessairement occasionnés une gêne pour l'accès au commerce de la société requérante, la commune avait mis en place une déviation et un cheminement piéton, un parking existait à proximité du magasin et le passage des véhicules était possible en s'adressant aux ouvriers du chantier. Ainsi, malgré le retard pris par le chantier, les gênes occasionnées à la SARL Jy Trouvetou n'ont pas excédé les sujétions normales que sont tenus de supporter les riverains des voies publiques sans contrepartie, qui leur sont imposées dans un but d'intérêt général.
4. Au surplus, si la SARL Jy Trouvetou se prévaut d'une baisse de son chiffre d'affaires pour les mois de juillet à décembre 2019, qui est inférieur à celui des années 2018 et 2017 pour la même période, le chiffre d'affaires du 1er semestre 2019, avant l'ouverture des travaux, était déjà inférieur à celui des années précédentes pour les périodes correspondantes. En outre, la comparaison du chiffre d'affaires et de la fréquentation au cours des années 2017 et 2018 révèle une forte variabilité d'une année sur l'autre et fait globalement apparaître une baisse de la fréquentation et du chiffre d'affaires entre 2017 et 2018, qui s'est donc confirmée en 2019. Dès lors, par la seule production du rapport d'un expert-comptable qui apparait approximatif et incomplet dans les chiffres présentés et non étayé de pièces probantes, la société n'établit pas l'existence d'un lien de causalité entre les travaux en cause et le préjudice allégué.
5. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions indemnitaires présentées par la SARL Jy Trouvetou ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Annecy, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SARL Jy Trouvetou demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Jy Trouvetou est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Jy Trouvetou et à la commune d'Annecy.
Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient
M. Wyss, président,
M. Doulat, premier conseiller,
M.Villard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
F. DOULAT
Le président,
JP. WYSS
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026