vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005970 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LAVAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 octobre 2020, le 17 novembre 2020 et le 12 juillet 2022, M. A Jolly, représenté par Me Laval, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération n°23 en date du 28 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Echirolles a approuvé son règlement intérieur pour le mandant 2020-2026 ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Echirolles de convoquer les membres du conseil municipal afin qu'il soit à nouveau statué sur les dispositions du règlement intérieur, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler l'article 2.1.6 dudit règlement intérieur ;
4°) d'enjoindre à la commune d'Echirolles de convoquer les membres du conseil municipal afin qu'il soit à nouveau statué sur cet article du règlement intérieur, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de la commune d'Echirolles une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération approuvant le règlement intérieur est illégale, en ce que le principe de publicité a été méconnu par le conseil municipal qui, d'une part, s'est réuni, à huis clos, le 28 septembre 2020, sans que cette décision de huis clos n'ait fait l'objet d'un vote de l'organe délibérant et en dehors de tout cadre légal, et d'autre part, s'est borné à retransmettre la séance sur la chaine Youtube de la collectivité ;
- l'article 2.1.6 du règlement intérieur est illégal et porte une atteinte excessive au droit de proposition des conseillers municipaux pour les raisons exposées ci-dessus et du fait de la méconnaissance du droit de proposition des conseillers municipaux prévu par les dispositions de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales ;
- le nouvel article 2.1.6 ramenant le délai de présentation des vœux des conseillers municipaux à présenter au conseil municipal de 15 à 5jours demeure illégal.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 janvier 2021 et le 29 juillet 2022, la commune d'Echirolles représentée par Me Fessler conclut au rejet de la requête.
Elle soutient :
- à titre principal que la requête est irrecevable à défaut pour le requérant de produire l'acte attaqué et est sans objet dès lors que par délibération du 14 décembre 2020, le délai de transmission des vœux et propositions par les conseillers municipaux a été ramené de 15 à 5 jours francs, conformément à la demande de M. Jolly ;
- à titre subsidiaire que le conseil municipal n'a pas été tenu à huis-clos dès lors que la retransmission a eu lieu en direct sur Youtube et qu'en outre, l'interdiction d'accès à la salle du conseil municipal au public était légitime alors que les indicateurs de suivi de l'épidémie Covid 19 traduisaient une détérioration de la situation sanitaire dans le département de l'Isère et que l'arrêté préfectoral du 25 septembre 2020 prévoyait entre autres l'interdiction des rassemblements de plus de dix personnes dans les lieux ouverts au public à compter du samedi 26 septembre 2020 ;
- il n'y a plus lieu de statuer sur le moyen tiré du délai de dépôt des propositions de vœux qui a été ramené à cinq jours par la délibération du 14 décembre 2020, conformément à la demande du requérant lors du conseil municipal du 28 septembre 2020.
Par ordonnance du 10 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2020-856 du 9 juillet 2020 organisant la sortie de l'état d'urgence sanitaire ;
- le décret n° 2020-860 du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans les territoires sortis de l'état d'urgence sanitaire et dans ceux où il a été prorogé, dans sa rédaction issue du décret n° 2020-1128 du 12 septembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourion, première conseillère,
- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public,
- et les observations de Me Fessler, représentant la commune d'Echirolles.
Considérant ce qui suit :
1. M. Jolly, conseiller municipal, demande l'annulation pour excès de pouvoir de la délibération n°23 en date du 28 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Echirolles a approuvé son règlement intérieur pour le mandat 2020-2026.
2. Il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 28 septembre 2020, le conseil municipal a spécifié dans son règlement intérieur, en son article 2.1.6, que les vœux ou propositions devaient être adressés au maire au moins 15 jours avant la date de la séance du conseil municipal. Toutefois, par une nouvelle délibération en date du 14 décembre 2020, le conseil municipal a uniformisé les délais de dépôt des demandes, dont les vœux et propositions, qu'il a ramenés à cinq jours ouvrés maximum avant la tenue du conseil municipal.
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Toutefois, dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. D'une part, il ressort des termes de la délibération du 14 décembre 2020 qu'elle a approuvé un nouveau règlement intérieur, qui se substitue au précédent. Par suite, la délibération du 14 décembre 2020 doit être regardée comme procédant à l'abrogation de la délibération du 28 septembre 2020 qui avait elle-même approuvé le règlement intérieur litigieux.
5. D'autre part, dans la mesure où il ne ressort pas des pièces du dossier que les dispositions du règlement intérieur adopté le 28 septembre 2020 aient reçu exécution pendant la période où elles étaient en vigueur, jusqu'à leur abrogation à la séance du 14 décembre 2020 et où, la seconde délibération du 14 décembre 2020 n'ayant pas été contestée, est devenue définitive, l'abrogation de la délibération du 28 septembre 2020 prive d'objet le pourvoi formé à son encontre.
6. Il résulte ce que précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la légalité de la délibération du 28 septembre 2020. En conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sont rejetées.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation et d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article : Le présent jugement sera notifié à M. A Jolly et à la commune d'Echirolles.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Bourion, première conseillère,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
I. BOURION
Le président,
J-P. WYSSLa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026