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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2005996

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2005996

mardi 13 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2005996
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant de ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

1. Aux termes de l'article 17 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale : " 1. Les États membres font en sorte que les demandeurs aient accès aux conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils présentent leur demande de protection internationale./ 2. Les États membres font en sorte que les mesures relatives aux conditions matérielles d'accueil assurent aux demandeurs un niveau de vie adéquat qui garantisse leur subsistance et protège leur santé physique et mentale./ Les États membres font en sorte que ce niveau de vie soit garanti dans le cas de personnes vulnérables, conformément à l'article 21 ".

L'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 prévoit que : " () 2. Les États membres peuvent aussi limiter les conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils peuvent attester que le demandeur, sans raison valable, n'a pas introduit de demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'État membre. Aux termes du de ce même article : " Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions

matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent

article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées.

Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier

dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de

proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins

médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les

demandeurs () ". () ". L'article 21 de la directive précitée prévoit en outre : " Dans leur droit national transposant la présente directive, les États membres tiennent compte de la situation particulière des personnes vulnérables, telles que les mineurs, les mineurs non accompagnés, les handicapés, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes ayant des maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, par exemple les victimes de mutilation génitale féminine ". Enfin, selon l'article 22 de la directive, les Etats membres doivent procéder à une évaluation des besoins particuliers en matière d'accueil des personnes vulnérables. Il résulte de ces dispositions combinées que tout demandeur d'asile en situation de vulnérabilité doit faire l'objet d'une telle évaluation.

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à compter du 1er janvier 2019 : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article L. 744-6 de ce code dans sa version alors en vigueur : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. (). " Aux termes de l'article L. 744-8 du même code : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : / () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. / ()". Aux termes du III de l'article L. 723-2 du même code : " L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que :/ () / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; / () ". Aux termes de l'article R. 744-14 du même code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. ". Aux termes de l'article D. 744-37 du même code : " Le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile peut être refusé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration : / 1° En cas de demande de réexamen de la demande d'asile ; / 2° Si le demandeur, sans motif légitime, n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 ; / 3° En cas de fraude. ".

3. M. A B, né le 6 mai 1991 à Porto-Novo (Bénin), de nationalité béninoise, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire national le 18 septembre 2015. Sa demande d'asile a été enregistrée en guichet unique de la préfecture de l'Isère le 5 août 2020 et placée en procédure accélérée, pour tardiveté mais également pour présentation de cette demande en vue de faire échec à une mesure d'éloignement. Après un entretien de vulnérabilité, l'OFII a, par décision du 5 août 2020, notifiée par remise en mains propres, refusé à l'intéressé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait présenté, sans motif légitime, une demande d'asile plus de quatre-vingt-dix-jours après son arrivée en France. Le 12 août 2020, M. B a présenté un recours administratif contre la décision du 5 août 2020, lequel a été rejeté implicitement par l'OFII par une décision du 12 octobre 2020.

4. La décision attaquée est une décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise sur le fondement du 2° de l'article L. 744-8 et de l'article D. 744-37 du même code, qui ne prévoient pas de recours administratif préalable obligatoire, ainsi que le précisent les mentions des voies et délais de recours figurant dans cette décision. Ainsi, la décision prise sur ce recours, qui doit être regardé comme un recours gracieux, le 12 octobre 2020, n'a pu avoir pour effet de se substituer à la première décision prise le 5 août 2020. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision implicite du 12 octobre 2020 par laquelle l'OFII a rejeté le recours gracieux de M. B doivent être regardées comme dirigées contre la décision initiale du 5 août 2020.

5. La décision attaquée du 5 août 2020 indique que sans motif légitime, M. B a présenté sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée en France de sorte que conformément aux dispositions des articles L. 744-8 2° et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui est refusé. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.

6. Il ne ressort pas de cette motivation ni d'aucune des pièces du dossier que l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B. D'autre part, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni d'aucune des pièces du dossier que l'OFII se serait estimé en situation de compétence liée. M. B n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de droit. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des captures d'écran du dossier du requérant, produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que M. B a bénéficié d'une évaluation de sa vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, au cours d'un entretien réalisé par un agent formé spécifiquement et dans une langue que le requérant comprenait. Cette évaluation montre que, sur une échelle de 0 à 3, sa situation de vulnérabilité a été évaluée à 1. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait alors attiré l'attention des services de l'office sur une particulière vulnérabilité. Par la suite, si les dispositions de l'article L. 744-6 du code susvisé prévoient, également, que les besoins particuliers du demandeur d'asile sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait transmis, antérieurement à la décision litigieuse, un certificat médical ou qu'il ait attiré l'attention de l'OFII sur des éléments susceptibles de caractériser un état de vulnérabilité au sens de cet article. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas fait l'objet d'un entretien destiné à apprécier sa vulnérabilité. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

7. M. B est entré en France le 18 septembre. Sa demande d'asile n'a été enregistrée au guichet unique des demandeurs d'asile que le 5 août 2020, soit plus de 90 jours donc à compter de son entrée en France. S'il fait valoir que lors de son entrée en France il était mineur, et à ce titre ignorait comment déposer une demande d'asile, qu'il n'avait d'ailleurs aucun représentant légal pour l'assister dans cette démarche, que par la suite il a obtenu un droit au séjour provisoire lui laissant penser que le risque de renvoi dans le pays d'origine était lointain, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) lors de son entrée sur le territoire français, que sa qualité de mineur ne faisait pas obstacle à des démarches de demande d'asile alors qu'il bénéficiait d'un référent en charge de son accompagnement au titre de l'ASE. En outre, l'intéressé a déposé sa demande d'asile plus de quatre ans après sa majorité et n'assortit ses affirmations d'aucun élément probant. Il ne peut ainsi être regardé comme justifiant d'un motif légitime au sens du 2° de l'article L. 732-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, si l'intéressé se prévaut d'une situation de vulnérabilité en raison de son absence totale de ressources en France, il n'apporte à l'appui de ses affirmations aucun élément probant. Par suite, l'OFII a pu estimer, sans erreur d'appréciation, que M. B ne justifiait pas d'un motif légitime au sens du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. M. B soutient que l'OFII a méconnu les dispositions de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013. Toutefois, les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du même code permettent de refuser le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile. Dans la décision n° 394686, 394770 du 30 janvier 2017, le Conseil d'Etat a jugé que les cas de suspension, de retrait et de refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévus par les dispositions de l'article L. 744-8, issues de la loi du 29 juillet 2015 transposant en droit interne la directive précitée, correspondaient aux hypothèses, fixées à l'article 20 de cette directive, dans lesquelles les Etats membres peuvent " limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ". Les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui écartent toute automaticité de refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil et imposent un examen particulier de la situation du demandeur d'asile, en particulier de sa vulnérabilité, ne peuvent être regardées comme ayant procédé à une transposition incorrecte de la directive. Par suite, en l'absence d'incompatibilité avec les dispositions précitées de la directive n° 2013/33 UE du 26 juin 2013, les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 et de l'article D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pouvaient légalement fonder la décision contestée. Le requérant ne pouvait obtenir de manière automatique dans sa situation, contrairement à ce qu'il soutient, l'attribution des conditions matérielles d'accueil en vertu de de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. M. B ne démontre pas davantage qu'il se serait trouvé dans une des situations particulières de vulnérabilité mentionnées à l'article 21 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou méconnu le principe de proportionnalité défini par l'article 20.5 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 précité.

10. Il ne ressort d'aucune disposition que le refus des conditions matérielles d'accueil ferait en toutes circonstances obstacle à l'accès aux autres dispositifs prévus par le droit interne répondant aux prescriptions de l'article 20, paragraphe 5, de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, si l'étranger considéré en remplit par ailleurs les conditions, et notamment à l'application de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles relatives à l'aide médicale de l'Etat ou de l'article L. 345-2-2 du même code relatives à l'hébergement d'urgence. Dans ces conditions, le requérant, qui ne justifie pas avoir été placé dans l'impossibilité de solliciter le bénéfice de ces autres dispositifs de soutien prévus en droit interne, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il la priverait de tout moyen lui permettant de subvenir à ses besoins essentiels.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Huard, à l'office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 30 août 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président-rapporteur,

M. d'Argenson, premier conseiller,

Mme Fourcade, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.

Le président-rapporteur,

C. C

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

PH. D'ARGENSON Le greffier,

J. BONINO

La République mande et ordonne au ministère de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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