LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2006055

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2006055

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2006055
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantVIVES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2020 et un mémoire enregistré le 17 août 2021, M. F A et Mme G H, représentés par Me Bergeras, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2020 par lequel le maire de la commune de la Motte-d'Aveillans ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de M. E portant sur la " création d'un abri semi-cloisonné de l'entrée à l'espace de stationnement " ;

2°) de mettre à la charge de la commune de la Motte-d'Aveillans une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le maire était en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable, dès lors que le projet nécessitait l'obtention d'un permis de construire ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme, en l'absence de mention des nom et prénom du signataire de l'acte ;

- le dossier de permis de construire est incorrect et entaché de fraude s'agissant de la distance matérialisée entre la maison et la limite parcellaire ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, à défaut de consultation du gestionnaire de la voirie ;

- il est entaché d'un vice de procédure, à défaut de consultation du préfet ;

- le projet empiète sur le domaine public ;

- le projet méconnait l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme relatif à la sécurité des accès ;

- il méconnait le plan de prévention des risques miniers (PPRM).

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2021, la commune de la Motte- d'Aveillans, représentée par Me Le Gulludec indique que la demande de M. E aurait dû faire l'objet d'un arrêté d'opposition.

Elle fait valoir que :

- le dossier de permis de construire comporte plusieurs insuffisances, la notion " d'abri semi-cloisonné de l'entrée à l'espace de stationnement " n'étant pas explicitée, et l'emprise au sol et la surface de la construction n'étant pas précisément renseignées ;

- le projet, compte tenu de sa surface d'emprise au sol, devait faire l'objet d'un permis de construire ;

- le recours à un architecte était obligatoire ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure, à défaut de consultation du préfet ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure, à défaut de consultation du gestionnaire de la voirie ;

- le projet méconnait le PPRM.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2021, M. D E, représenté par Me Vives, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, les requérants n'ayant pas intérêt pour agir ;

- la requête est irrecevable car tardive ;

- le projet n'emportant ni création ni modification de l'accès à la voie publique, l'avis du gestionnaire de la voirie n'était pas requis, et le moyen afférent était donc inopérant ;

- les autres moyens invoqués ne sont pas fondés.

La clôture d'instruction a été fixée au 3 février 2022 par ordonnance du même jour, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thierry, président-rapporteur

- les conclusions de Mme Lefebvre, rapporteur public,

- et les observations de Me Angot, représentant les requérants, de Me Le Gulludec, représentant la commune de la Motte-d'Aveillans, et de Me Vives, représentant M. E.

Une note en délibéré présentée par la commune de la Motte- d'Aveillans a été enregistrée le 14 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 19 mai 2020, le maire de la commune de la Motte-d'Aveillans ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de M. E, portant sur la " création d'un abri semi-cloisonné de l'entrée à l'espace de stationnement " sur les parcelles AB 544 et 291, sises au 36 route du Villard-Merlat. Par courrier du 14 septembre 2020, reçu le 15 septembre 2020, M. A et Mme H ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par la présente requête, ils en sollicitent l'annulation.

Sur la recevabilité de la requête :

En ce qui concerne l'intérêt pour agir :

2. L'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme subordonne l'intérêt pour agir d'une personne physique à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme à la condition que cette décision soit " de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ". Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

3. En l'espèce, les requérants sont propriétaires des parcelles AB 289 et 545, contigües au projet, et en sont donc voisins immédiats. L'abri projeté, accolé à la maison existante, prévoit une implantation sur la limite parcellaire ouest des requérants. Le terrain des requérants, et plus particulièrement leur terrasse et leur jardin, donnent directement sur cet abri. Ainsi ce futur abri, dont la hauteur est d'environ quatre mètres au faitage, va obstruer une partie de la vue dont ils bénéficiaient et engendrer une perte d'ensoleillement. Contrairement à ce qui est soutenu, M. A et Mme H justifient ainsi d'un intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté contesté. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être écartée.

En ce qui concerne la tardiveté de la requête :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".

5. Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage ". L'article A. 424-16 du même code indique que : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des construction, exprimée en mètres par rapport au sol naturel () ".

6. En imposant que figurent sur le panneau d'affichage du permis de construire diverses informations sur les caractéristiques de la construction projetée, dont la hauteur du bâtiment par rapport au sol naturel, les dispositions rappelées au point précédent ont eu pour objet de permettre aux tiers, à la seule lecture de ce panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet, le délai de recours ne commençant à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier. L'affichage ne peut être regardé comme complet et régulier si la mention de la hauteur fait défaut ou si elle est affectée d'une erreur substantielle, alors qu'aucune autre indication ne permet aux tiers d'estimer cette hauteur.

7. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment par les tiers une décision de non-opposition à déclaration préalable. Dans le cas où la preuve de l'affichage régulier de la décision de non-opposition à déclaration préalable faisant courir le délai de recours prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme n'est pas rapportée, mais où il est démontré que le tiers a eu connaissance de ses caractéristiques principales, le recours contentieux doit néanmoins, pour être recevable, être présenté dans un délai raisonnable à compter de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. En règle générale et sauf circonstance particulière dont se prévaudrait le requérant, un délai excédant un an suivant cette date ne peut être regardé comme raisonnable.

8. En l'espèce, il est constant que le panneau d'affichage de la déclaration préalable, placé sur le terrain d'assiette du projet en litige, ne mentionnait pas la hauteur de la construction, ni même aucun élément de sa superficie. Aucune autre indication ne permettait aux tiers d'estimer cette hauteur et la superficie. Dès lors, il ne leur était pas possible d'apprécier l'importance et la consistance du projet. Par conséquent, l'affichage ne pouvant être regardé comme complet, le délai de recours contentieux n'a pu commencer à courir à l'égard des requérants. Leur recours gracieux du 15 septembre 2020, n'a donc pas été formé hors délai. De même, leur requête contentieuse en date du 16 octobre 2020, intervenue avant même la naissance d'une décision implicite, n'est pas tardive. La fin de non-recevoir doit donc être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la compétence liée :

9. Aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : : () a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ". L'article R. 420-1 du même code précise que : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. () ".

10. Il ressort du plan de masse du dossier de déclaration préalable que la construction projetée va créer plus de 20 m² de surface d'emprise au sol, sa longueur étant respectivement de chaque côté de 7,96 m et 7,56 m, et sa largeur de 2,98 et 3,87 m. La réalisation du projet étant donc soumise à la délivrance préalable d'un permis de construire, le maire était en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux, et exiger le dépôt et l'obtention du permis de construire. Le moyen afférent doit donc être accueilli.

11. Compte tenu de la situation de compétence liée du maire pour s'opposer au projet, tous les autres moyens de la requête sont inopérants.

12. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à solliciter l'annulation de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 19 mai 2020.

Sur les frais de procès :

13. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. E doivent dès lors être rejetées.

14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de la Motte-d'Aveillans une somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 19 mai 2020 de la commune de la Motte-d'Aveillans est annulé.

Article 2 :La commune de la Motte-d'Aveillans versera à M. A et Mme H une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et Mme G H, à M. D E ainsi qu'à la commune de la Motte-d'Aveillans.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

M. B et Mme C, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

Le président,

P. Thierry L'assesseure la plus ancienne,

A. B

La greffière,

A. Zanon

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 20060552

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions