mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006248 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GRANGE MARTIN RAMDENIE |
Vu les procédures suivantes :
I°/ Par une requête enregistrée sous le n°2006248 le 23 octobre 2020 et un mémoire enregistré le 5 août 2021, M. C B et Mme E D, représentés par Me Ramdenie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le permis de construire de régularisation tacite n°PC 026 061 20T 006 accordé par le maire de la commune de Bren à la SCI Sanfran pour la construction d'une piscine et d'un pool-house ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bren la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire de régularisation tacite méconnaît l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, celui-ci dans sa rédaction issue de l'article 39 la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 n'étant pas applicable à la carte communale approuvée le 8 novembre 2005 en l'absence de révision de celle-ci ; en tout état de cause, la construction litigieuse ne peut être qualifiée d'annexe à la maison d'habitation ;
- il méconnaît l'article R. 111-18 (en fait R. 111-17) du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2021, la commune de Bren, représentée par Me Champauzac conclut au rejet de la requête ou subsidiairement demande au juge de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir des requérants ;
- la requête est irrecevable dès lors que la formalité prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas été accomplie ;
- la requête est tardive en application de l'article R. 600-3 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés les 1er juin 2021 et 6 septembre 2021, la SCI Sanfran, représentée par Me Matras, conclut au rejet de la requête ou subsidiairement demande au juge de faire application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
A titre principal :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir des requérants ;
- la requête est irrecevable dès lors que la formalité prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas été accomplie ;
- la requête est tardive en application de l'article R. 600-3 du code de l'urbanisme ;
A titre subsidiaire :
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire distinct enregistré le 2 juin 2021, la SCI Sanfran, représentée par Me Matras, conclut, à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 33 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, à la condamnation des requérants à une amende de 10 000 euros et la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est abusive et leur a occasionné un préjudice financier et un préjudice moral.
Par un mémoire enregistré le 5 août 2021, M. C B et Mme E D, représentés par Me Ramdenie, demandent au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme par la SCI Sanfran ;
2°) de mettre à la charge de la SCI Sanfran la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II°/ Par une requête enregistrée sous le n° 2007671 le 18 décembre 2020 et des mémoires enregistrés les 5 août 2021 et 20 octobre 2021, M. C B et Mme E D, représentés par Me Ramdenie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le permis de construire modificatif n° PC 026 061 20T 006-01 accordé le 5 novembre 2020 par le maire de la commune de Bren à la SCI Sanfran concernant la modification de la toiture ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bren la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire modificatif méconnait l'article R. 111-18 (en fait R. 111-17) du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2021, la commune de Bren, représentée par Me Champauzac conclut au rejet de la requête ou subsidiairement demande au juge de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir des requérants ;
- la requête est irrecevable dès lors que la formalité prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas été accomplie ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été introduite en méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés les 1er juin 2021 et 6 septembre 2021, la SCI Sanfran, représentée par Me Matras, conclut au rejet de la requête ou subsidiairement demande au juge de faire application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
A titre principal :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir des requérants ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été introduite en méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme ;
A titre subsidiaire :
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire distinct enregistré le 2 juin 2021, la SCI Sanfran, représentée par Me Matras, conclut, à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 33 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, à la condamnation des requérants à une amende de 10 000 euros et la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est abusive et leur a occasionné un préjudice financier et un préjudice moral.
Par un mémoire enregistré le 5 août 2021, M. C B et Mme E D, représentés par Me Ramdenie, demandent au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme par la SCI Sanfran ;
2°) de mettre à la charge de la SCI Sanfran la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bedelet,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de de Me Eyango pour la commune de Bren et de Me Cunin pour la SCI Sanfran.
Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 13 juin 2023 dans les deux dossiers.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Sanfran a déposé, le 25 juin 2020, un permis de construire de régularisation pour la construction d'une piscine et son pool-house et d'un local technique. Un permis de construire tacite lui a été accordé le 25 août 2020. La SCI Sanfran a obtenu un permis modificatif portant modification de la toiture le 5 novembre 2020. Les requérants demandent l'annulation de ces deux décisions.
2. Ces deux requêtes sont dirigées contre un permis de construire tacite et son modificatif. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'une même décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme dans sa rédaction issue de l'article 39 la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " La carte communale délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et les secteurs où les constructions ne sont pas admises, à l'exception : 1° De l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension des constructions existantes ainsi que de l'édification d'annexes à proximité d'un bâtiment existant () ".
4. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, bien que la carte communale approuvée le 8 novembre 2005 n'ait pas été révisée, en l'absence de dispositions contraires, ces dispositions sont d'application immédiate.
5. Le permis de construire en litige porte sur la construction d'une piscine découverte située à 17,50 mètres de la maison d'habitation, de son pool-house de 35 m² de surface de plancher faisant office de cuisine d'été ainsi que d'un local technique de 4 m² de surface de plancher. Compte tenu de leur destination, de leurs caractéristiques, notamment, de leurs dimensions ainsi que de leur proximité avec la maison d'habitation, ces constructions constituent une annexe à celle-ci et pouvaient être autorisées en zone inconstructible de la carte communale de Bren en vertu des dispositions précitées au point 3. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à trois mètres ".
7. Les requérants soutiennent que le pool-house s'implante à moins de trois mètres de la limite parcellaire au nord-est et au nord-ouest. Cependant, il ressort de la notice et des plans du dossier de permis déposé le 25 juin 2020 que celui-ci porte également sur la terrasse couverte située à l'arrière du pool-house qui s'intègre à celui-ci et qui est implantée au nord en limite séparative, conformément aux dispositions précitées. Par ailleurs, le permis modificatif du 5 novembre 2020 ne modifie ni le caractère d'annexe du pool-house ni son implantation en limite séparative. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis tacite n°PC 026 061 20T 006 accordé le 25 août 2020 et le permis de construire modificatif du 5 novembre 2020 méconnaissent l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme.
8. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation des requêtes doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
9. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts () ".
10. En l'espèce, la requête ne traduit pas un comportement abusif de la part des requérants qui sont voisins immédiats du projet. En conséquence, les conclusions de la SCI Sanfran présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur la demande tendant au prononcé d'une amende pour recours abusif :
11. La faculté pour le juge, prévue à l'article R. 741-12 du code de justice administrative, d'infliger une amende à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive relève de son pouvoir propre. Dès lors, les conclusions de la SCI Sanfran tendant à cette fin ne sont pas recevables et, au demeurant, non fondées, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent.
Sur les frais d'instance :
12. La commune de Bren et la SCI Sanfran n'étant pas les parties perdantes dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à leur charge la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Bren et de la SCI Sanfran présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Les requêtes n°2002648 et 2007671 sont rejetées.
Article 2 :Les conclusions de la SCI Sanfran présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et celles tendant au prononcé d'une amende pour recours abusif sont rejetées.
Article 3 :Les conclusions de la commune de Bren et de la SCI Sanfran présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme E D, à la commune de Bren et à la SCI Sanfran.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
A. Bedelet
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 et 2007671
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026