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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2006327

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2006327

vendredi 24 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2006327
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 octobre 2020, Mme C B A, représentée par Me Huard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 2 septembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'intégration et de l'immigration a implicitement refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil à son profit ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement, de rétablir les conditions matérielles d'accueil ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision refusant implicitement le rétablissement des conditions matérielles d'accueil est illégale compte tenu de l'illégalité de la déclaration de fuite du 26 novembre 2018 ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- elle méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un courrier du 27 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer dès lors qu'il ressort de la décision du juge des référés n° 2006332 du 10 novembre 2020 que la décision attaquée a été retirée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que la requête est devenue sans objet dès lors que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été rétabli au profit de la requérante le 7 septembre 2020, avec effet rétroactif à compter du 2 juin 2020.

Par un mémoire enregistré le 1er février 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté ses observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office par le tribunal.

Mme B A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bardad, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B A, ressortissante angolaise née le 14 octobre 1976, a présenté une demande d'asile, le 18 avril 2018, qui a été enregistrée en procédure " Dublin ". Elle a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités portugaises, responsables de sa demande d'asile, le 21 août 2018. L'intéressée a été déclarée en fuite le 26 novembre 2018. L'Office français de l'intégration et de l'immigration lui a notifié, le 13 décembre 2018, son intention de lui retirer les conditions matérielles d'accueil puis, par une décision du 8 mars 2019, lui a retiré les conditions matérielles d'accueil. A l'expiration du délai de dix-huit mois, Mme B A a, de nouveau, sollicité l'asile. Le 2 juin 2020, sa demande a été enregistrée en procédure accélérée. Par un courrier du 25 juin 2020, reçu le 1er juillet 2020, la requérante a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Cette demande, demeurée sans réponse, a donné naissance à une décision implicite de rejet le 1er septembre 2020. Mme B A demande l'annulation de cette décision.

2. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rétabli au profit de Mme B A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 7 septembre 2020, avec effet rétroactif à compter du 2 juin 2020, date d'enregistrement de sa demande d'asile. Cette décision de rétablissement a eu implicitement, mais nécessairement pour effet de rapporter la décision contestée. Dans ces conditions, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation du refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil sont devenues sans objet ainsi que ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B A aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A, à Me Huard et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Heintz, premier conseiller,

Mme Bardad, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.

La rapporteure,

N. BARDAD

Le président,

V. L'HÔTE La greffière,

E. PROST

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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