vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GRANGE MARTIN RAMDENIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 novembre 2020 et le 30 août 2022, Mme D A, représentée par Me Ramdenie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2020 par lequel le maire de Saint-Baudille-de-la-Tour a refusé de lui délivrer un permis de construire pour une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section C n° 341, sur le territoire communal, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux et le refus implicite de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite né le 7 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Baudille-de-la-Tour de lui délivrer le certificat mentionné à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- en application des articles R. 424-1 et R. 424-23 du code de l'urbanisme, elle est titulaire d'un permis de construire tacite né le 7 juillet 2020, que l'arrêté du 7 juillet 2020 notifié le 9 juillet 2020 a retiré en méconnaissance des dispositions des articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration instituant une procédure contradictoire ;
- l'article Uc2 du plan local d'urbanisme (PLU) de Saint-Baudille-de-la-Tour, sur lequel l'un des motifs de refus de permis de construire repose, est entaché d'illégalité caractérisée par une erreur manifeste d'appréciation à exiger que le projet de construction implique un rejet des eaux usées dans un réseau existant ou dans un exécutoire naturel en méconnaissance du schéma d'assainissement élaboré en 2014 ;
- en outre, la zone Ucrg sur laquelle se situe le projet de construction ne se caractérise pas par un risque même faible de glissement de terrain ; le classement de la zone Ucrg dans le PLU est entaché d'une erreur matérielle ; pour les mêmes raisons, le refus de permis de construire fondé sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur de droit ;
- le second motif de refus du permis de construire fondé sur les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2021, la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour, représentée par Me Le Gulludec, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Saint-Baudille-de-la-Tour fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 1er septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2022 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Par lettre du 23 janvier 2023, le tribunal a demandé aux parties une pièce pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Le 24 janvier 2023, la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour a transmis au tribunal l'avis d'ENEDIS du 23 avril 2020, qui a été communiqué à Mme A, le 31 janvier 2023.
Vu :
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 février 2023 :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme B,
- les observations de Me Bourdin substituant Me Ramdenie, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Le Gulludec, représentant la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 février 2020, Mme A a déposé une demande de permis de construire d'une maison individuelle d'une surface de 61 m² et d'un garage attenant sur la parcelle cadastrée section C n° 341, d'une superficie de 3 780 m², située Impasse de Betty Cœur au lieu-dit Torjonas, sur le territoire de Saint-Baudille-de-la-Tour. Par arrêté du 7 juillet 2020, le maire de Saint-Baudille-de-la-Tour a refusé de délivrer un permis de construire. Le 3 septembre 2020, Mme A a présenté un recours gracieux et a demandé la délivrance d'un certificat de permis de construire tacite dont elle s'estime être titulaire depuis le 7 juillet 2020. La commune de Saint-Baudille-de-la-Tour n'a pas répondu à cette demande. Dans la présente instance, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2020, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux et du refus implicite de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite. Elle présente également des conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'existence d'un permis tacite :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; () ". Aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / () b) Permis de construire () ".
3. D'autre part, selon l'article 12 ter de l'ordonnance du 25 mars 2020 susvisée : " Sans préjudice de la faculté de prévoir, pour les mêmes motifs que ceux énoncés à l'article 9, une reprise des délais par décret, les délais d'instruction des demandes d'autorisation et de certificats d'urbanisme et des déclarations préalables prévus par le livre IV du code de l'urbanisme, y compris les délais impartis à l'administration pour vérifier le caractère complet d'un dossier ou pour solliciter des pièces complémentaires dans le cadre de l'instruction, ainsi que les procédures de récolement prévues à l'article L. 462-2 du même code, qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus. Ils reprennent leur cours à compter du 24 mai 2020 ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du dépôt de sa demande de permis de construire par Mme A, le 24 février 2020, le délai d'instruction de deux mois, qui a été suspendu entre le 12 mars et le 24 mai 2020, en application des dispositions de l'ordonnance du 25 mars 2020 citées au point précédent, s'achevait le 7 juillet 2020 à minuit. Dès lors, à la date de la notification de la décision attaquée, le 10 juillet 2020, Mme A était titulaire d'un permis tacite.
5. Par suite, l'arrêté du 7 juillet 2020 doit être regardé comme procédant au retrait du permis tacite.
En ce qui concerne l'arrêté du 7 juillet 2020 :
6. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Selon l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ". La décision portant retrait de permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire. L'observation de celle-ci constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation d'urbanisme dont le retrait est envisagé.
7. Il est constant qu'à la suite du permis tacite né le 7 juillet 2020, le maire de Saint-Baudille-de-la-Tour n'a pas fait part à Mme A de son intention de retirer ce permis et ne l'a pas invitée à présenter ses observations avant de refuser, par un arrêté du 7 juillet 2020, le permis de construire qui constitue, comme il vient d'être dit au point 5, un retrait du permis de construire tacitement accordé. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour n'a pas respecté la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, la privant ainsi d'une garantie. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué du 7 juillet 2020 est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière et qu'il est, pour ce motif, entaché d'illégalité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2020, ainsi que de la décision implicite rejetant son recours gracieux portant sur le retrait du permis tacite.
En ce qui concerne le refus implicite de délivrer un certificat de permis tacite :
9. Aux termes de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme : " En cas de permis tacite (), l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur () ". Ainsi qu'il a été dit, Mme A est titulaire d'un permis tacite. Par voie de conséquence, le refus de délivrance d'un certificat de permis tacite doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
11. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint au maire de Saint-Baudille-de-la-Tour de délivrer à Mme A un certificat en application des dispositions précitées de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
12. D'une part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint Baudille de la Tour la somme que demande Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A, qui n'est pas la partie perdante, verse à la commune une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 juillet 2020 et le refus implicite de délivrer à Mme A un certificat de permis tacite sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Baudille-de-la-Tour de délivrer à Mme A un certificat de permis tacite, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A à la commune de Saint-Baudille-de-la-Tour.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Letellier, première conseillère,
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 mars 2023.
La rapporteure,
C. C
Le président,
J.-P. WYSS
La greffière,
V. JOLY
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026