mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006612 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CATALDI |
Vu les procédures suivantes :
I°/ Par une requête enregistrée sous le n°2006612 le 9 novembre 2020 et un mémoire enregistré le 25 octobre 2021, M. A E et Mme G C, agissant en leur non nom propre et en qualité de représentants légaux de leur enfant D E, représentés par Me Cataldi, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier Métropole Savoie à leur verser :
- la somme de 9 175 euros en réparation des préjudices subis par leur enfant D E ;
- la somme de 2 000 euros chacun en réparation de leur préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Métropole Savoie la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leurs préjudices trouvent leur cause dans un défaut de surveillance de l'état cutané de leur enfant au sein du centre hospitalier Métropole Savoie, constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de cet établissement de santé ;
- les préjudices de Julia E peuvent être évalués ainsi :
*déficit fonctionnel temporaire : 175 euros ;
*souffrances endurées : 4 000 euros ;
*préjudice esthétique temporaire : 500 euros ;
*préjudice esthétique permanent : 1 500 euros ;
*préjudice moral : 3 000 euros.
- le préjudice moral de M. A E et Mme G C peut être évalué à 2 000 euros chacun.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 janvier 2021, le centre hospitalier Métropole Savoie, représenté par Me Dumoulin, conclut :
1°) à titre principal au rejet de la requête, faute de mise en cause des organismes sociaux ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que le tribunal ordonne une expertise au contradictoire du centre hospitalier Métropole Savoie et du centre hospitalier régional de Grenoble ainsi qu'au rejet des conclusions indemnitaires.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors, d'une part, que les caisses de la sécurité sociale doivent être appelées en déclaration de jugement commun en application des dispositions de l'article R. 376-2 du code de la sécurité sociale et, d'autre part, que la requête doit mentionner la dénomination, l'adresse de la caisse de la sécurité sociale ainsi que le numéro de sécurité sociale de la victime ;
- à titre subsidiaire, sa responsabilité n'est pas établie avec certitude.
Par un mémoire enregistré le 23 mars 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, fait valoir qu'elle n'entend pas intervenir dans l'instance.
II°/ Par une requête enregistrée sous le n°2102383 le 13 avril 2021 et un mémoire enregistré le 25 octobre 2021, M. A E et Mme G C, agissant en leur non nom propre et en qualité de représentants légaux de leur enfant D E, représentés par Me Cataldi, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional de Grenoble à leur verser :
- la somme de 9 175 euros en réparation des préjudices subis par leur enfant D E ;
- la somme de 2 000 euros chacun en réparation de leur préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Grenoble la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leurs préjudices trouvent leur cause dans un défaut de surveillance de l'état cutané de leur enfant au sein du centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble, constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de cet établissement de santé ;
- les préjudices de Julia E peuvent être évalués ainsi :
*déficit fonctionnel temporaire : 175 euros ;
*souffrances endurées : 4 000 euros ;
*préjudice esthétique temporaire : 500 euros ;
*préjudice esthétique permanent : 1 500 euros ;
*préjudice moral : 3 000 euros.
- le préjudice moral de M. A E et Mme G C peut être évalué à 2 000 euros chacun.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2021, le centre hospitalier régional de Grenoble, représenté par Me Dreyfus, conclut, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal ordonne une expertise et, à titre infiniment subsidiaire, à la réduction des sommes demandées au titre des conclusions indemnitaires ainsi qu'au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, aucune faute n'a été commise, la survenue de l'escarre constituant un aléa thérapeutique ;
- à titre subsidiaire, il y a lieu d'ordonner une expertise contradictoire ;
- les indemnités accordées ne pourront excéder :
*déficit fonctionnel temporaire : 91 euros ;
*souffrances endurées : 1 800 euros ;
*préjudice esthétique temporaire : 100 euros ;
*préjudice esthétique permanent : 1 000 euros ;
*les demandes présentées au titre du préjudice moral de Julia E et de ses parents doivent être rejetées.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Massal pour le centre hospitalier Métropole Savoie.
Considérant ce qui suit :
1. Julia E, née le 31 octobre 2017, a été adressée au centre hospitalier Métropole Savoie le 12 mars 2018 pour stagnation pondérale et mauvaise prise de biberons. Une radiographie, réalisée en raison du constat d'une position vicieuse de la jambe droite, a mis en évidence une fracture du fémur proximal droit. Elle a été transférée le lendemain au CHU de Grenoble où une réduction et une immobilisation en plâtre pelvi-pédieux a été réalisée. Après avoir rejoint le centre hospitalier Métropole Savoie le 16 mars 2018, elle a été de nouveau transférée, le 19 mars 2018, au CHU de Grenoble pour réalisation d'une IRM médullaire. Le 20 mars 2018, il a été constaté une escarre lombaire et sacrée sous plâtre qui a nécessité des soins infirmiers jusqu'au 26 avril 2018 puis un traitement par Cicalfat. Par les requêtes susvisées qu'il y a lieu de joindre, les parents de Julia demandent l'indemnisation du préjudice de leur enfant ainsi que la réparation de leur préjudice moral qu'ils imputent à un défaut de surveillance de l'état cutané de leur enfant au sein du centre hospitalier Métropole Savoie et au sein du CHU de Grenoble.
2. En premier lieu, les requérants ont mentionné, en cours d'instance, la caisse de sécurité sociale à mettre en cause, ses coordonnées ainsi que le numéro de sécurité sociale auquel leur fille est rattachée. Par ailleurs, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, a été appelée à la cause en application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier Métropole Savoie doit, en tout état de cause, être écartée.
3. En second lieu, les éléments versés au dossier ne permettent pas de se prononcer sur l'existence des fautes alléguées ni, le cas échéant, leur imputabilité et d'apprécier les préjudices qui en découlent. Par suite, il doit être ordonné, avant dire droit, une expertise.
4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, avant dire droit, d'ordonner une expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 3 du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er :Avant dire droit sur les requêtes de M. A E et Mme G C, il sera procédé à une expertise médicale.
Article 2 :L'expert sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission au contradictoire du centre hospitalier Métropole Savoie et du centre hospitalier régional de Grenoble dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-4 du code de justice administrative et rendra son rapport dans le délai qui lui aura été fixé par le président.
Article 3 :L'expert aura pour mission :
1°) de se faire remettre tous documents nécessaires et notamment le dossier médical de Julia E, d'entendre tous sachants ;
2°) de préciser l'état de santé de Julia E lors de son admission au centre hospitalier Métropole Savoie et au CHU de Grenoble ;
3°) de décrire les examens et soins qui ont été prodigués à Julia E au centre hospitalier Métropole Savoie et au CHU de Grenoble en indiquant notamment s'ils ont été attentifs, diligents, conformes aux données acquises de la science médicale et adaptés à son état ;
4°) de décrire les lésions de Julia Toshi que les requérants imputent au centre hospitalier Métropole Savoie et au CHU de Grenoble et d'émettre un avis sur leur relation avec un fait imputable à ces établissements, avec l'état initial de l'intéressée ou avec d'autres causes ;
5°) de dire si le dommage enduré par Julia E est anormal au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci ;
6°) de fixer la date de consolidation de son état de santé et si celle-ci n'est pas acquise d'indiquer le délai à l'issue duquel un nouvel examen devra être réalisé ; de donner toutes informations sur une évolution probable ;
7°) d'évaluer, par référence à la nomenclature " Dintilhac ", les éventuels préjudices découlant d'un manquement du centre hospitalier Métropole Savoie et du CHU de Grenoble ; de quantifier l'éventuelle perte de chance subie par Julia E d'éviter de voir son état de santé se dégrader en raison de ces manquements ;
8°) d'apporter au tribunal tous éléments utiles à la solution du litige dont il est saisi.
Article 4 :Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires et des copies en seront adressées aux parties par l'expert dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, dans le délai qui sera fixé par le président du tribunal.
Article 5 :Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas statué par la présente décision sont et demeurent réservés.
Article 6 :Le présent jugement sera notifié à M. A E et Mme G E, au centre hospitalier métropole Savoie, au centre hospitalier régional de Grenoble et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
A. F
Le président,
J-P. Wyss
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 et 2102383
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026