jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CORNET VINCENT SEGUREL LYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 novembre 2020 et 18 janvier 2021, M. G E et Mme C F demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2020 par lequel la commune de Janneyrias a accordé un permis de construire modificatif à M. B et Mme D.
Ils soutiennent que :
- en tant que voisins immédiats de la construction projetée, ils justifient d'un intérêt à agir ;
- les travaux du permis de construire modificatif ont été effectués avant l'affichage obligatoire de l'arrêté du 2 octobre 2020 et l'écoulement du délai de deux mois pour le recours des tiers ;
- l'arrêté méconnait l'article Ub 10 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;
- il méconnait également l'article Ub 11 du règlement du PLUi relatif à l'aspect des constructions, s'agissant plus particulièrement de son implantation qui occasionne des pertes de vue et d'ensoleillement, et de l'aspect de la construction, consécutive au choix d'un toit terrasse ;
-la demande de permis de construire pour la construction d'une piscine, distinct de celui qui est contesté, est également en contradiction avec le PLUi ; la construction de la piscine a déjà commencé et se situe à moins de 4 mètres de la limite séparative entre leurs deux propriétés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2021, la commune de Janneyrias conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. E et Mme F sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la requête, qui ne comporte aucun moyen en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, est irrecevable ;
-les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir contre le permis de construire modificatif ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Paillet-Augey,
- les conclusions de Mme Beytout, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 mars 2020, la 1ère adjointe au maire de la commune de Janneyrias a accordé à M. B et Mme D un permis de construire pour la construction d'une maison d'habitation sur une parcelle cadastrée n° AH 294, devenue depuis lors AH 419, située rue du Montanet sur la commune de Janneyrias. Par un arrêté du 2 octobre 2020, le maire de la commune de Janneyrias a accordé aux pétitionnaires un permis de construire modificatif aux fins, d'une part, de réduire la hauteur du garage en limite de propriété qui passe de 3,20 mètres à 2,90 mètres et, d'autre part, de remplacer la toiture à pans initialement prévue par une toiture terrasse, cette dernière modification ayant pour effet de rehausser le mur de façade le plus proche de leur habitation. M. E et Mme F, propriétaires de la parcelle directement voisine AH 307, demandent au tribunal l'annulation de ce permis de construire modificatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2020 :
2. En premier lieu, les conditions de publicité d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, la circonstance que les travaux du permis de construire modificatif ont été achevés avant même l'affichage obligatoire de l'arrêté du 2 octobre 2020, est sans influence sur sa légalité.
3. En deuxième, lieu, le terrain d'assiette du projet se situe en zone Ub du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la commune de Janneyrias. Au terme de l'article Ub 10 de ce document : " / Prescription d'une hauteur maximale : La hauteur maximale est fixée à 7,00m ", " La hauteur des annexes est limitée à 3,50m () Dans les secteurs déjà partiellement bâtis, présentant une unité d'aspect, l'autorisation de construire à une hauteur supérieure ou inférieure à la hauteur moyenne des constructions avoisinantes peut être refusée ou subordonnée à des conditions particulières. ".
4. M. E et Mme F soutiennent que le projet de construction présente une hauteur supérieure à la moyenne des constructions avoisinantes et aurait dû être refusée pour ce motif. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que cette construction, qui respecte la hauteur maximale de 7 mètres fixée dans la zone Ub, est plus haute que celle des requérants, qui est de plain-pied, d'autres constructions voisines présentent des hauteurs comparables dans le secteur. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de la commune a commis une erreur manifeste d'appréciation en délivrant le permis de construire modificatif litigieux.
5. En troisième lieu, au terme de l'article Ub 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la commune de Janneyrias : " Règles générales 1- Intégration dans le site et adaptation au terrain naturel- Aspect. L'aspect et l'implantation des constructions doivent être en harmonie avec le paysage naturel et le bâti existant. Dans le cas de plusieurs bâtiments sur le terrain, le traitement de chaque bâtiment doit présenter une unité et une harmonie architecturale d'ensemble. Les constructions de conception contemporaine sont autorisées lorsque la qualité de leur architecture permet une intégration satisfaisante dans le site naturel ou bâti () 2- Toitures. Les toitures doivent avoir deux pans minimum par volume (). Règles particulières. Dans le cas de dispositions architecturales particulières (intégration des systèmes d'énergies renouvelables ou d'architecture bioclimatique) ou de recherche architecturale contemporaine, ainsi que pour les constructions à usage d'équipements publics ou d'intérêt collectif, les dispositions du présent article pourront être adaptées ".
6. M. E et Mme F soutiennent que le toit terrasse du projet de construction litigieux, autorisé par le permis de construire modificatif, est interdit sur la commune par le PLUi. Une telle interdiction ne ressort toutefois pas des dispositions précitées du règlement de la zone. D'ailleurs, la commune de Janneyrias fait valoir, sans en être contestée, que des bâtiments situés à proximité sont pourvus de toitures-terrasses comparables à celle du projet. Dès lors, compte tenu de l'hétérogénéité des bâtiments dans le secteur où le projet de construction s'implante, celui-ci ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 11 du PLUi.
7. S'agissant plus particulièrement de l'implantation de la construction qui occasionne selon les requérants des nuisances sur leur propriété, telles que des servitudes de vue et une perte d'ensoleillement à leur détriment, le permis de construire modificatif ne porte pas sur l'implantation de la construction sur le terrain d'assiette, cette implantation étant la conséquence du permis de construire initial, que les requérants n'ont pas contesté. En tout état de cause, les autorisations d'utilisation du sol, qui sont accordées sous réserve des droits des tiers, ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la réglementation d'urbanisme. Dans ses conditions, M. E et Mme F ne sauraient utilement soutenir que le projet autorisé par le permis de construire modificatif délivré à M. B et Mme D, provoquera des nuisances sur leur propriété.
8. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ub 11 du PLUi doit être rejeté dans ses deux branches.
9. En quatrième et dernier lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du moyen selon lequel M. B et Mme D ont déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une piscine sur la parcelle litigieuse, projet qui méconnait le règlement du PLUi, dès lors qu'est concerné un permis de construire distinct de celui dont ils demandent l'annulation en l'espèce.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Janneyrias, que M. E et Mme F ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2020.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de M. E et Mme F une somme de 500 euros à verser à la commune de Janneyrias au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E et Mme F est rejetée.
Article 2 : M. E et Mme F verseront à la commune de Janneyrias la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G E, mandataire unique en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Janneyrias et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
C. PAILLET-AUGEY
Le président,
P. THIERRY La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026