lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006649 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BARONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 6 novembre 2020 et 13 novembre 2020, M. A, représenté par Me Barone, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
M. A soutient que la décision en litige :
- a été prise au terme d'une procédure viciée par la méconnaissance de l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 et de l'article L. 744-7 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnait les dispositions de l'article 13 alinéa 1er du règlement Dublin III, sa demande d'asile devait être placée en procédure ordinaire.
Un mémoire en défense de l'OFII, enregistré le 16 novembre 2022, 14 jours après la date de clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Par une lettre du 25 mai 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction était susceptible d'être close le 27 juin 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 2 novembre 2022, par l'avis d'audience du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. B a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 15 novembre 1996, de nationalité nigériane, est entré sur le territoire français le 20 avril 2018 et a déposé une demande d'asile. Le préfet de la Haute-Savoie a, aux termes d'un arrêté du 19 novembre 2018, décidé sa remise aux autorités italiennes aux fins d'examen de sa demande d'asile. La requête présentée par M. A contre cet arrêté a été rejetée par jugement du Tribunal administratif de Grenoble du 10 décembre 2018. M. A qui bénéficiait des conditions matérielles d'accueil s'est vu retirer ces dernières le 21 mars 2019 au motif qu'il avait été déclaré en fuite par la préfecture de Haute-Savoie. Par décision du 15 septembre 2020 la directrice territoriale de l'OFII a rejeté la demande de M. A tendant au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013, " Droit à l'information / 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. ". Aux termes de l'article 5 du même règlement " Entretien individuel / () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. () ".
3. Les dispositions de l'article 4 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 qui recensent l'ensemble des éléments d'information qui doivent être fournies au demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application dudit règlement ne s'appliquent pas à une décision statuant sur une demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, qui relève d'une procédure et d'un fondement juridique distincts. Le moyen doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ".
5. M. A, qui conteste le refus de rétablissement, ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions qui concernent le refus initial ou le retrait des conditions matérielles d'accueil. Au demeurant, il se borne à citer ces dispositions et à en résumer la teneur sans se prévaloir d'un manquement particulier. Par suite, les moyens tirés d'une insuffisance d'information ou du caractère " générique et injustifié " des motifs de la décision " au regard de son droit à l'assistance à un interprète " ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la légalité interne :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à l'évaluation des besoins en matière de conditions matérielles d'accueil : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ". Aux termes de l'article L. 744-8 du même code, applicable aux décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; () ".
7. Il résulte de ces dispositions que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
8. Pour refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, l'OFII s'est fondé sur l'absence de justification par M. A du non-respect des obligations lors de sa prise en charge initiale et notamment le fait qu'il n'a pas respecté son obligation de pointage et ne s'est pas présenté au vol à destination de l'Italie, ce qui a conduit à la décision de retrait des conditions matérielles d'accueil du 21 mars 2019. L'OFII relève également que M. A s'est maintenu dans l'hébergement qu'il lui avait demandé de quitter le 3 avril 2019. Enfin, la décision attaquée mentionne que l'évaluation de la situation personnelle et familiale de l'intéressé ne fait pas apparaitre de facteur particulier de vulnérabilité.
9. En se bornant à indiquer qu'il consacre l'essentiel de son temps à des rendez-vous médicaux et des achats en pharmacie, M. A ne justifie pas du non-respect des obligations imparties lors de sa prise en charge initiale. S'il fait valoir qu'il est dans une situation manifeste de vulnérabilité en raison de son état de santé, de son absence de ressources et d'hébergement, M. A se borne à se prévaloir de douleurs persistances traitées par antalgiques et ne justifie pas que sa situation caractériserait une situation de vulnérabilité particulière permettant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil alors qu'il est majeur, célibataire et sans enfant. Dans ces conditions, l'OFII n'a pas entaché sa décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil d'erreur d'appréciation.
10. En deuxième lieu, en faisant valoir que la France est désormais responsable de l'examen de sa demande d'asile, M. A, qui évoque sa remise aux autorités italiennes, ne se prévaut d'aucun moyen de droit pouvant être utilement invoqué à l'encontre de la décision contestée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
M.Villard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. B
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026