mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire enregistrés le 10 novembre 2020, le 29 décembre 2021, le 8 mars 2022 et le 6 mai 2022, M. C B, M. D H et M. E A, représentés par Me Fiat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2020 par lequel l'adjoint au maire de la commune du Sappey-en-Chartreuse a délivré à la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Ecurie du Sappey un permis de construire un manège, des écuries et un abri à fourrage et la décision ayant tacitement rejeté le recours gracieux du 10 juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sappey-en-Chartreuse une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les écritures de la commune sont irrecevables faute de délibération régulière du conseil municipal autorisant le maire à défendre au nom de la commune ;
- ils disposent d'un intérêt à agir au regard de l'importance du projet ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;
- le projet méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- les constructions autorisées méconnaissent l'article 2.1 du règlement de la zone agricole du PLUi de Grenoble Alpes Métropole ;
- les affouillements et exhaussements et l'aire de stationnement du projet ne répondent pas aux exigences de l'article 2.2 du règlement de la zone A du PLUI ;
- le permis de construire de décembre 2019 est frauduleux.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 juillet 2021, le 27 janvier 2022 et le 6 avril 2022, la commune de Sappey-en-Chartreuse, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- une délibération du conseil municipal autorise le maire à défendre au nom de la commune ;
-aucune des requérants ne dispose d'une qualité lui conférant un intérêt à agir contre le permis de construire contesté ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2021, la société civile d'exploitation agricole Ecurie du Sappey, représentée par Me Lepercq, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge conjointe des requérants la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- aucune des requérants ne dispose d'une qualité lui conférant un intérêt à agir contre l'arrêté attaqué ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ban,
- les conclusions de Mme Emilie Beytout, rapporteure publique,
- les observations de Me Fiat représentant M. B et de Me Touvier représentant la commune du Sappey-en-Chartreuse.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 août 2019, la SCEA Ecurie du Sappey, qui exploite un centre équestre, a déposé un dossier de demande de permis de construire visant à régulariser la construction d'un manège existant avec la construction adjacente d'écuries et d'un abri à fourrage correspondant à une surface de plancher existante de 1659 m² et créée de 316 m². Le terrain d'assiette de ce projet, constitué par la parcelle cadastrée section AC n°312 d'une superficie de 19 930 m2, est classé en zone agricole par le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grenoble Alpes Métropole. Le plan de prévention des risques naturels (PPRN) identifie sur ce terrain un aléa faible de glissement de terrain et un aléa faible de ruissellement sur versant. Par arrêté du 27 février 2020, l'adjoint au maire de la commune du Sappey-en-Chartreuse a délivré cette autorisation. Les requérants demandent l'annulation de ce permis de construire et la décision ayant tacitement rejeté leur recours gracieux en date du 10 juillet 2020.
Sur la recevabilité des écritures en défense de la commune :
2. L'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales alors en vigueur permet au conseil municipal de donner délégation au maire aux fins " ()16°D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal () ".
3. Par délibération du 11 juin 2020, le conseil municipal du Sappey-en-Chartreuse a donné délégation au maire notamment pour " intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le Conseil Municipal ". La seule circonstance que cette délégation reproduise les dispositions du code général des collectivités territoriales qui permettent de limiter sa portée aux cas fixés par le conseil municipal ne saurait, en l'absence de toute mention explicite restreignant son champ d'application, la priver d'une portée générale. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette délégation est irrégulière du seul fait qu'elle mentionne les cas définis par le conseil municipal sans que ce dernier se soit ultérieurement prononcé sur ces cas. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir du maire doit être écartée.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté :
4. L'arrêté du 27 février 2020 a été signé par M. G F, adjoint à l'urbanisme pour le compte du maire. Il bénéficiait à cette fin d'une délégation de signature accordée par arrêté du maire du 22 avril 2014, lequel a été transmis aux service de la préfecture de l'Isère et a été régulièrement affiché pendant une période ininterrompue de deux mois à compter du 23 avril 2014 selon les mentions du certificat établi par le maire le 16 juillet 2021 qui font foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du permis de construire attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne le dossier de demande permis de construire :
5. Aux termes de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". En vertu de l'article R. 431-4 du même code, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations limitativement énumérées aux articles R. 431-5 à R. 431-33-1 et aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente.
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant :1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ;e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : " () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ;d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse () ".
7. Le dossier de demande de permis de construire comporte une notice de présentation PC4 qui décrit suffisamment l'état initial du terrain et ses abords ainsi que son environnement. En reprenant les six points prévus par l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme portant sur les caractéristiques du projet, elle développe les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages. Il en ressort que la composition et les volumes du manège, des écuries et de l'abri à fourrage se situent dans la continuité à la fois des divers bâtiments existants sans nouvel impact supplémentaire sur le paysage avoisinant et que le terrain sera en herbage et les arbres existants conservés. Cette notice est, en outre, complétée par les autres pièces du dossier de permis qui comporte un plan de situation, une vue aérienne du site, les pièces PC7 et PC8 comprenant des vues sur l'environnement immédiat et lointain ainsi que les pièces PC6 d'insertion qui permettent d'apprécier l'impact du projet sur son environnement. Dès lors, le moyen tiré de la violation des dispositions citées au point 6 doit être écarté.
8. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que le dossier est insuffisant en ce que le projet de la SCEA Ecurie du Sappey a été " saucissonné " entre différentes demandes de permis de construire pour échapper aux dispositions protectrices du code de l'environnement relatives à l'eau. Toutefois, et en tout état de cause, les autorisations délivrées en application des articles L. 214-1 et suivants du code de l'environnement et le permis de construire sont accordés en vertu de législations distinctes et suivant des procédures indépendantes. Par conséquent, l'absence de déclaration ou d'autorisation au titre de la loi de l'eau est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision de permis et aurait pour seul effet possible de différer l'exécution des travaux dans l'attente de cette décision. Dès lors, le moyen, tel qu'il est formulé, doit être rejeté.
9. Par ailleurs, les requérants soutiennent encore au titre de la protection de l'environnement que le terrain d'assiette du projet est situé sur le bassin versant qui alimente en eaux de ruissellement le marais protégé des Sagnes et que le dossier de permis de construire ne justifie pas d'une étude mesurant les incidences de ces aménagements sur cette zone naturelle protégée. Toutefois, les requérants n'invoquent aucune disposition juridique qui imposerait une telle étude d'impact. Dès lors, et en tout état de cause, le moyen tiré de l'absence d'étude d'impact sur ce point doit être écarté.
10. En troisième lieu, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucun élément concernant l'accessibilité du projet et le dispositif incendie qui doit être renforcé. L'ensemble des pièces exigées figuraient toutefois au dossier de demande. En particulier, le plan de masse et la notice de présentation ont permis de porter une appréciation sur les conditions de desserte du projet et sur la suffisance du dispositif d'incendie.
11. En quatrième et dernier lieu, les pièces du dossier, notamment le plan de masse et la notice de présentation du projet, ont permis au service instructeur de porter une appréciation sur les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique au sens des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En particulier, il a été mis en mesure de vérifier si le projet comportait les mesures préconisées par " l'étude de dangers " du manège des Écuries du Sappey établie par la société Alp'géorisques qui recommande des aménagements en matière de gestion des risques de glissement des terrains et de gestion des eaux pluviales qui s'appuie elle-même sur deux autres études géotechnique et hydraulique fournies dans le dossier. Ces mêmes pièces mettaient en mesure le service instructeur de vérifier si les affouillements et exhaussements requis par le projet étaient de nature à aggraver le risque d'instabilité du terrain.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
12. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, un projet " peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
Quant aux conditions de desserte du projet :
13. ll ressort de la notice de présentation (PC4) et du plan de masse (PC2) que le terrain est desservi par la route de Bens qui est goudronnée et d'une largeur minimale de 4 mètres. L'accès débouche sur une aire de parking en enrobé à l'extrémité de la route de Bens, au niveau de la croisée de plusieurs chemins communaux et sur une aire de retournement. Si la route est affectée d'une forte déclivité, le trafic est peu intense sur cette partie finale de la route et la notice explicative mentionne que les poids lourds circulent sur cette voie uniquement deux fois par mois pour les besoins du centre équestre. Aussi, la desserte au projet autorisé présente des caractéristiques permettant, pour un secteur de montagne, de satisfaire aux exigences de sécurité publique de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme notamment pour les véhicules de lutte contre l'incendie.
Quant au dispositif de lutte contre l'incendie :
14. Le plan de masse fait apparaitre deux poteaux incendie sur le site et une cuve incendie de 90 m3. L'avis " Défense Extérieur Contre l'Incendie " émis le 14 janvier 2020 par les régies eau et assainissement de Grenoble Alpes Métropole est favorable au motif qu'une réserve d'eau de 90m3 suffit à protéger l'ensemble des projets. Les requérants n'apportent pas d'éléments précis autres que ceux relatifs au précédent refus de permis qui ne comportait pas ces aménagements tendant à établir que le dispositif de lutte contre l'incendie serait insuffisant.
Quant aux risques de glissement de terrain et de ruissellements sur versant :
15. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'étude de dangers qu'en présence d'eau, le terrain d'assiette peut-être le lieu de glissements pelliculaires qui sont des décrochements superficiels. Ainsi, une instabilité a affecté en 2015 le talus aval de la plateforme du manège existant. L'étude géotechnique réalisée par la société Sage Ingénierie préconise un calage du talus par un mur de soutènement, la mise en place d'un masque drainant et le drainage des eaux pluviales. Ces travaux ont été réalisés sous le contrôle de cette société. L'étude de dangers conclut que le risque de dommage du bâtiment est modeste dès lors que " l'instabilité a été traitée par un calage en pied au moyen d'un mur de soutènement et d'un masque drainant, complété par une gestion des eaux pluviales, le risque de glissement est aujourd'hui fortement réduit ", Il précise que si un scenario " hypothétique " d'un tassement du niveau de fondation côté Est du bâtiment se produit, il est " peu probable que ce scénario se réalise de façon brutale, mais plutôt que des déformations lentes du sol soient observées avant le constat de déformation de la structure ".
16. S'agissant du risque de ruissellement sur versant lié au précèdent risque, l'étude mentionne que " Les fortes précipitations et/ou la fonte rapide du manteau neigeux peuvent occasionner un ruissellement en surface () Le risque pour les personnes est limité, d'autant que le projet se situe en sommet de versant et que l'impluvium est de taille réduite. Les hauteurs d'eau, sauf dans les axes de ruissellement concentrés et les fossés, ne sont pas de nature à mettre les personnes en danger. En revanche des phénomènes d'érosion peuvent entraîner des affouillements au droit des fondations du bâtiment ou le creusement de ravines potentiellement dangereuses (risque de chute, d'entraînement, etc.) ". La société Alp'Étude a été missionnée pour étudier la gestion des eaux pluviales du site et a élaboré un plan des aménagements de gestion des eaux pluviales sur le site. Il consiste à créer un système de collecte, de drainage, de stockage et d'évacuation des eaux pluviales du site tendant à réduire les phénomènes de ruissellement. La notice de présentation mentionne les préconisations de ces rapports et les plans du dossier, notamment le plan de masse, reprennent ces équipements de gestion des eaux pluviales et de limitation des désordres liés au glissement de terrain.
17. Enfin, les requérants n'apportent aucun élément précis tendant à établir que le biotope du marais des Sagnes serait affecté par les ruissellements provenant du terrain d'assiette.
18. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le projet comporte des aménagements visant à limiter les risques de glissement de terrain et de ruissellement sur versant dont la fiabilité s'appuie sur trois études techniques réalisées sur site. Dès lors, compte tenu tant de la faible probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité modérée de leurs conséquences tant pour les occupants que les tiers, s'ils se réalisent, le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publiques n'étaient pas de nature à justifier un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du règlement de la zone A :
19. L'article L.311-1 du code rural et de la pêche maritime dispose que : " Sont réputées agricoles toutes les activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. Les activités de cultures marines et d'exploitation de marais salants sont réputées agricoles, nonobstant le statut social dont relèvent ceux qui les pratiquent. Il en est de même des activités de préparation et d'entraînement des équidés domestiques en vue de leur exploitation, à l'exclusion des activités de spectacle () ". Il résulte des débats parlementaires relatifs à la loi n° 2005-157 du 23 février 2005 qui a ajouté ces dernières prescriptions aux dispositions de l'article L. 311-1 du code rural précitées, que l'activité de préparation et d'entraînement des équidés domestiques en vue de leur exploitation s'entend notamment des " activités de centre équestre lorsqu'un cheval est fourni, des activités de location d'équidés à des fins de promenade ainsi que la prise en pension ".
20. L'article 2.1 du règlement de la zone A du PLUi du Grenoble Alpes Métropole autorise notamment " Dans l'ensemble de la zone, sauf en secteur As : les constructions destinées à l'exploitation agricole sous réserve de ne pas porter atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et paysagers, ni à la qualité paysagère du site ".
21. Eu égard à ce qui a été dit au point 19, l'activité de la société Ecurie du Sappey doit être regardée comme ayant le caractère d'une activité agricole au sens de l'article L. 311-1 du code rural et de la pêche maritime alors même qu'elle ne concerne pas l'élevage de chevaux. Compte tenu de leur usage, le manège existant, les écuries et l'abri à fourrage, qui font l'objet de la demande de permis de construire, sont donc directement destinées à l'exploitation agricole que constitue le centre équestre et leur construction est, par suite, autorisée par l'article 2.1 cité au point précédent.
22. L'article 2.2 du règlement de la zone A autorise " Les affouillements et exhaussements du sol, sous réserve de satisfaire au moins une des conditions suivantes : - être nécessaires à l'édification des constructions, aux usages, affectations des sols, activités et installations autorisés dans la zone () Dans l'ensemble de la zone, sauf en secteur As : être strictement nécessaires à l'exploitation agricole () Les aires de stationnement ouvertes au public, dans l'ensemble de la zone sauf en secteur As, à condition :- qu'elles soient strictement nécessaires aux équipements d'intérêt collectif et aux services publics,- qu'elles soient compatibles avec l'exercice d'une activité agricole ou pastorale exercée sur le terrain sur lequel elles sont implantées,- et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages ()Ces conditions sont cumulatives () ".
23. Il n'est pas contesté que les affouillements et exhaussements du sol que prévoient le projet sont nécessaires à l'édification des constructions du projet. Dès lors, ils sont autorisés par l'article 2.2 précité.
24. Par ailleurs, l'aire de stationnement projetée sera exclusivement utilisée par les clients du centre équestre privé et ne constitue pas ainsi une aire de stationnement ouverte au public. Ainsi, elle n'est pas soumise aux conditions énoncées au point 22 dont les requérants ne peuvent utilement se prévaloir à l'encontre du projet.
25. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à invoquer la méconnaissance par le projet des dispositions du règlement de la zone A du PLUi de Grenoble Alpes Métropole.
En ce qui concerne le moyen tiré du caractère frauduleux du permis de construire :
26. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " () lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code () les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense () ".
27. En l'espèce, le premier mémoire en défense a été mis à disposition dans l'application informatique le 23 juillet 2021 et il a été consulté le lundi 26 juillet 2021. En application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme cité ci-dessus, les requérants ne pouvaient plus soulever de nouveaux moyens à compter du 26 septembre 2021. Dès lors, le moyen tiré de ce que le permis de construire serait entaché de fraude, qui a été soulevé pour la première fois, dans le mémoire enregistré le 8 mars 2022, doit être écarté comme étant irrecevable.
28. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants, que ces derniers ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés à l'instance :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sappey-en-Chartreuse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire des requérants une somme de 1 000 euros à verser d'une part à la commune de Sappey-en-Chartreuse et, d'autre part, à la SCEA Ecurie du Sappey.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et autres est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront solidairement à la SCEA Ecurie du Sappey une somme de 1000 euros et une autre somme de 1 000 euros à la commune de Sappey-en-Chartreuse au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la société civile d'exploitation agricole Ecurie du Sappey et la commune de Sappey-en-Chartreuse.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
M. Ban, premier conseiller.
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
J-L. Ban
Le président,
C. Sogno
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026