vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006984 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAUMONT MOUMNI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 novembre 2020 et 17 juin 2022, M. A B, représenté par Me Maumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision orale du 4 juin 2022 par laquelle le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Savoie lui a imposé de prendre 4 jours de congé et RTT, ensemble la décision implicite née le 29 septembre 2020 de rejet du recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au SDIS de procéder à la restitution de ses deux jours de RTT et de ses deux jours de congé ;
3°) de mettre à la charge du SDIS une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision méconnaît l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 et la décision du président du conseil d'administration du SDIS n° 01-2020 du 29 mai 2020 ;
- cette décision a méconnu le principe de non-rétroactivité des actes réglementaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2022, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le SDIS fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-74 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n°2020-290 du 23 mars 2020 ;
- la loi n°2020-546 du 11 mai 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- les observations de M. B ;
- et les observations de M. C, représentant le SDIS.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, agent technique principal de 2ème classe affecté au service matériel opérationnel et logistique du SDIS de la Haute-Savoie, a été placé, dans le contexte de l'épidémie de Covid 19, en position d'autorisation spéciale d'absence pour la période du 16 mars 2020 au 1er juin 2020. Dans la présente instance, il conteste la décision orale du 4 juin 2022 par laquelle le SDIS de la Haute-Savoie lui a imposé de prendre 2 jours de RTT les 11 et 12 mai 2020 et 2 jours de congé les 18 et 19 mai 2020 alors qu'il avait déjà posé 5 jours de RTT du 22 au 26 juin par demande du 30 janvier 2020.
2. Aux termes de l'article 1 de l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 : " Les fonctionnaires et agents contractuels de droit public de la fonction publique de l'Etat, les personnels ouvriers de l'Etat ainsi que les magistrats de l'ordre judiciaire en autorisation spéciale d'absence entre le 16 mars 2020 et le 31 mai 2020 inclus prennent dix jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels au cours de cette période, dans les conditions suivantes :/ 1° Cinq jours de réduction du temps de travail entre le 16 mars 2020 et le 16 avril 2020 ; / 2° Cinq autres jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa. Les personnes mentionnées au premier alinéa qui ne disposent pas de cinq jours de réduction du temps de travail prennent au titre du 1°, selon leur nombre de jours de réduction du temps de travail disponibles, un ou plusieurs jours de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa, dans la limite totale de six jours de congés annuels au titre du 1° et du 2°. / Le chef de service précise les dates des jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels à prendre après le 17 avril en respectant un délai de prévenance d'au moins un jour franc. ". Aux termes de l'article 2 de la même ordonnance : " Afin de tenir compte des nécessités de service, le chef de service peut imposer aux fonctionnaires et agents contractuels de droit public de la fonction publique de l'Etat, aux personnels ouvriers de l'Etat ainsi qu'aux magistrats judiciaires en télétravail ou assimilé entre le 17 avril 2020 et le 31 mai 2020 inclus de prendre cinq jours de réduction du temps de travail ou, à défaut, de congés annuels au cours de cette période. Le chef de service précise les dates des jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels pris au titre de l'alinéa précédent en respectant un délai de prévenance d'au moins un jour franc. " Aux termes de l'article 7 de la même ordonnance : " Les dispositions de la présente ordonnance peuvent être appliquées aux agents publics relevant de la loi du 26 janvier 1984 susvisée par décision de l'autorité territoriale, dans les conditions définies par celle-ci. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu imposer de prendre 2 jours de RTT les 11 et 12 mai 2020 et 2 jours de congé les 18 et 19 mai 2020, par une décision orale de son chef de service du 4 juin 2022, conformément aux dispositions précitées que la décision du président du conseil d'administration du SDIS n° 01-2020 du 29 mai 2020 se borne à décliner et qui ne constitue pas la base légale de la décision attaquée. En outre, ces dispositions de l'ordonnance précitée n'écartent pas la possibilité que les mesures qu'elle prévoit interviennent à titre rétroactif. Si M. B soutient qu'il avait déjà satisfait à l'obligation de prendre 5 jours de RTT au cours de la période considérée, du 22 juin au 26 juin, par une demande posée le 30 janvier 2020, d'une part, il est constant que le total des jours de RTT et de congé pris par M. B, soit 9 jours, n'excède pas le total de dix jours prévus par l'article 1er précité, d'autre part, M. B n'établit pas ni même n'allègue avoir demandé, à l'issue de la décision contestée du 4 juin 2020, à ne plus bénéficier des jours initialement posés du 22 juin au 26 juin. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreurs de droit ou aurait méconnu le principe de non-rétroactivité des actes règlementaires. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. B doivent être rejetées.
4. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. B, partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par le SDIS de la Haute-Savoie au même titre sont rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : Les conclusions présentées par le SDIS de la Haute-Savoie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2006984
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026