mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006999 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 24 novembre 2020, le 7 décembre 2020, le 5 mars 2021 et le 17 mars 2023, la société CATM La Résidence, M. A I et la SCI la Résidence la Chaumière, représentés par Me Cherel, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler le permis de construire délivré le 3 juin 2020 par le maire de la commune des Allues à M. B, M. F, Mme C et la SCI Club 55, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux du 30 juillet 2020 ;
2°) de condamner la commune des Allues au versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de permis de construire est incomplet car : 1) il ne précise pas l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, l'état initial et l'état futur (articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme), 2) il ne comporte pas d'attestation de conformité au plan de prévention des risques (PPRN) prévue par l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, 3) il n'identifie pas toutes les ouvertures modifiées ou créées, ni ne précise les matériaux et couleurs utilisés ;
- les accès, avec les places de stationnement créées, ne sont pas conformes à l'article Ub.3.1.3 du plan local d'urbanisme et comportent un risque pour la sécurité publique, de sorte que le projet aurait dû également être refusé sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ou encore sur celui de l'article Ub. 3.2 du règlement qui reprend les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- l'article Ub.6 du plan local d'urbanisme est méconnu en ce qui concerne 1) l'implantation d'un auvent, 2) un mur de soutènement, 3) les débords de toiture ;
- les plans ne permettent pas de vérifier le respect de la distance minimale de 4 m par rapport à la limite séparative fixée par l'article Ub.7 ;
- la hauteur excède celle autorisée par l'article Ub.10 ;
- l'arrêté méconnaît l'article Ub.11 : 1) en ce qui concerne l'escalier extérieur (§ 2.1), 2) le dossier ne permet pas de s'assurer du respect de la profondeur maximale pour les balcons (§ 2.2.1), 3) il est également incomplet en ce qu'il ne permet pas de vérifier le respect du § 2.2.3 relatif à l'aspect des toitures ;
- les 5 places de stationnement en bordure de voie ne sont pas utilisables toute l'année, de sorte que l'article Ub.12 est méconnu ;
- le dossier ne comporte aucune information quant aux réseaux numériques et ne permet pas de vérifier le respect de l'article Ub.16 ;
- le projet n'est pas conforme au PPRN : 1) en l'absence de l'étude prescrite par la fiche B-Gf, ce qui conduit également à une violation de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, 2) l'article 18 des dispositions générales est méconnu, le SDIS n'ayant pas été saisi pour avis et l'accès au projet ne pouvant être assuré en cas d'urgence.
Par des mémoires en défense enregistrés le 29 octobre 2021 et le 27 septembre 2023 (ce dernier non communiqué), la commune des Allues, représentée par Me Pyanet, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute d'avoir été notifiée conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; en tout état de cause, cette notification est irrégulière ;
- elle est tardive, le recours gracieux n'ayant pas interrompu le délai en l'absence d'une notification régulière ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 décembre 2020 et 29 novembre 2022, M. E B, M. D F, Mme H C et la SCI Club 55, représentés par Me Poncin, concluent au rejet de la requête, subsidiairement à la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à la condamnation des requérants à verser à chacun d'eux une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable, faute d'avoir été notifiée conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sogno,
- les conclusions de Mme G,
- et les observations de Me Vino pour les requérants, de Me Chardonnet pour la commune des Allues et de Me Poncin pour les bénéficiaires du permis de construire.
Me Vino a produit à l'audience les originaux des preuves d'envoi des recours gracieux aux bénéficiaires, qui ont été examinés par la formation de jugement et ses contradicteurs.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, M. F, Mme C et la SCI Club 55 ont déposé le 16 mars 2020 une demande de permis de construire pour l'extension d'un chalet et la création de cinq places de stationnement. Par la décision attaquée du 3 juin 2020, le maire des Allues a fait droit à cette demande.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Les requérants justifient que leur recours gracieux déposé en mairie le 30 juillet 2020 a été notifié à chacun des bénéficiaires du permis de construire par envoi recommandé du 6 août 2020, dans le respect des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, ce recours gracieux a interrompu le délai de recours contentieux et les fins de non-recevoir tirées de l'irrégularité de la notification et de la tardiveté de la requête doivent être écartées.
3. De même, les requérants justifient de la notification de leur requête selon les modalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
Sur la composition du dossier de permis de construire :
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. En premier lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le dossier, dans son ensemble, permet parfaitement d'apprécier l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement, l'état initial et l'état futur, avec des plans des façades avant et après travaux qui permettent également d'apprécier les caractéristiques des fenêtres, toitures et fenêtres de toit existantes ainsi que celles du mur de soutènement. De même, le dossier est suffisamment précis quant aux matériaux et couleurs utilisés. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier au regard des articles R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.
6. En second lieu, les requérants ne peuvent utilement invoquer l'absence au dossier de l'attestation prévue par l'article R. 421-16 f) du code de l'urbanisme dès lors que celle-ci n'est requise que lorsque le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) impose la réalisation d'une étude préalable, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, ce plan indiquant simplement que, dans la zone BGf, que " une étude pourra être réalisée ".
Sur la desserte et les accès au projet :
7. En premier lieu, en vertu du § 1.3 de l'article Ub.3 : " Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique. Notamment, la pente maximum des accès, non couverts ou non chauffés, aux constructions, ou parties de constructions à usage de stationnement, ou aux aires de stationnement, ne pourra être supérieure à 10 % ".
8. Si les requérants soutiennent que ces dispositions sont méconnues par les cinq places de stationnement réalisées en bordure de la route du Grand Cœur, ces places ne constituent pas un accès au projet ou une voie de desserte de celui-ci, de sorte que le moyen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, en vertu du § 2.1 du même article : " Les constructions doivent être desservies par des voies publiques ou privées adaptées à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie, aux exigences de la protection civile, au déneigement, à l'exception de constructions situées à moins de 100 m d'une voie déneigée. Dans ce cas le SDIS et les services gestionnaires de la voirie valideront si les caractéristiques de la desserte prévue sont compatibles avec les exigences de la protection civile et du déneigement. Cette distance est calculée du bord de la route au bord de la parcelle ".
10. La route du Grand Cœur, qui est une voie publique déneigée, n'apparaît pas inadaptée aux exigences supplémentaires de la protection civile ou de l'approche des matériels de lutte contre l'incendie tenant à la création de la surface de plancher autorisée de 161 m². Quant à la réalisation des places de stationnement en bordure de voie, elle ne fait pas obstacle au déneigement. Le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit être écarté.
11. En troisième lieu, les requérants semblent reprocher au projet de ne pas créer d'aménagement permettant aux véhicules de faire demi-tour alors que le § 2.3. de l'article Ub.3 dispose que " les voies privées se terminant en impasse doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire demi-tour aisément ". Dès lors qu'il n'y a pas création d'une voie privée pour les besoins du projet mais simplement utilisation de la voie publique existante, ce moyen doit être également être écarté.
12. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit, les requérants ne sont pas fondés à conclure à une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Sur le respect de l'article Ub.6 du règlement :
13. L'article Ub.6 impose un recul minimal de 7 m par rapport à l'axe de la bande de roulement des voies publiques en précisant toutefois que " les dépassés de toitures et les balcons sont autorisés à l'intérieur des marges de recul () dans la limite d'un mètre " et que " aucun recul n'est imposé pour () les murs de soutènement sur avis du gestionnaire de la voirie ".
14. Les murs de soutènement n'étant pas soumis à la règle de recul indiquée au point précédent et la route du Grand Cœur étant une voie communale, les requérants ne sauraient utilement faire valoir que la réalisation d'un mur de soutènement méconnaît les obligations fixées par l'article Ub.6.
15. Le plan de masse, comme les plans de façade qui comportent une échelle, permettaient au maire des Allues -comme aux requérants- d'apprécier le respect des dispositions de l'article Ub.6 fixant une tolérance d'un mètre pour l'implantation des dépassées de toiture.
16. En revanche, le projet emporte création en limite est d'un auvent situé à moins de 7 m de l'axe de la bande de roulement de la route du Grand Cœur. Cet élément de la construction ne saurait être assimilé à un dépassé de toiture ou à un balcon qui sont, par dérogation, autorisés à l'intérieur des marges de recul dans la limite d'un mètre. Dès lors, sur ce point, le permis de construire est illégal.
Sur le respect de l'article Ub.7 du règlement :
17. Aux termes de cet article : La distance comptée horizontalement entre tout point d'un bâtiment et le point le plus proche de la limite séparative doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 4 mètres, sauf dans les cas d'aménagement ou reconstruction d'un bâtiment dans le volume existant. Les débords de toiture, terrasses et balcons ne sont pas pris en compte dans la limite de 1 mètre. ".
18. En premier lieu, l'extension au nord du bâtiment à un niveau R+2 est située à une altitude de 12,28 m par rapport à la limite séparative. Le plan de masse permet de vérifier que, hors le balcon d'une profondeur d'un mètre qui n'a pas à être pris en compte, le bâtiment est implanté à plus de 6,14 m de la limite séparative, et non à 5,90 m, comme le soutiennent les requérants. L'article Ub.7 est ainsi respecté.
19. S'agissant, en second lieu, de la partie de façade ouest surélevée à la cote 1 490,10, une mesure réalisée dans le cadre de l'instruction sur le plan de masse démontre qu'elle est implantée à plus de 8,50 m de la limite séparative, ce qui est conforme à l'article Ub.7 compte tenu d'une différence d'altitude de 17 m.
Sur la hauteur du bâtiment :
20. L'article Ub.10 du plan local d'urbanisme fixe une hauteur maximale à l'aplomb de la construction mesurée au droit de la façade hors superstructures et éléments techniques ne devra pas excéder 16 mètres par rapport au terrain naturel avant travaux. Les requérants commettent une erreur de lecture des plans en prenant en compte des cotes 1490,10 et 1473,10 qui ne sont pas situées à l'aplomb l'une de l'autre alors qu'ils auraient aisément pu vérifier à partir des plans de façades nord et sud que le faitage à la côte 1490,10 est à une hauteur inférieure à 16 m par rapport au terrain naturel avant travaux.
Sur l'aspect du bâtiment :
21. Au préalable, comme indiqué au point 5, le dossier de permis de construire permet de s'assurer de la conformité du projet à l'article Ub.11. Il appartenait aux requérants de mesurer la profondeur des balcons sur les plans, qui comportent tous une échelle, afin d'établir la violation de l'article Ub.2.2.1 qui limite leur profondeur, plutôt que de procéder par de simples affirmations et de renvoyer aux défendeurs le soin d'y procéder. De même, ils auraient pu aisément déterminer si la surface totale des châssis inclinés de type " velux " excédait les 3% de la superficie de toiture, maximum autorisé par l'article Ub.2.2.3. Quant à l'absence de précisions sur les matériaux et couleurs prévus pour ces fenêtres de toit, les requérants ne précisent pas si ceux-ci sont réglementés par l'article Ub.11. Ces moyens doivent être écartés comme dépourvus de précisions.
22. Si l'article Ub.11 2.1 précise que les " éléments dominants de superstructure, tels qu'ascenseurs, cage d'escaliers de type tour etc, ne seront pas admis en façade ", l'escalier d'accès au bâtiment, qui n'est pas implanté en façade, ne constitue pas un élément de superstructure visé par cette interdiction. De même, cet escalier ne constitue pas un " porche " ou un " sas d'entrée " dont l'aspect est réglementé par ce même article.
Sur les places de stationnement :
23. L'article Ub.12 exige, pour les constructions à destination d'habitation, " 1 place de stationnement par tranche de 60 m² de surface de plancher commencée avec un minimum d'une place par logement ".
24. D'une part, les cinq places créées en bordure de la route du Grand Cœur apparaissent utilisables même en hiver, leur déneigement étant à la charge des occupants du bâtiment.
25. D'autre part, le projet prévoit une extension de 161 m² du bâtiment existant, sans création de nouveau logement. De ce fait, seules trois places étaient requises et, donc, à supposer même que du fait de la configuration des lieux, l'une des places créées ne serait pas effectivement utilisable, comme le soutiennent les requérants, cet article serait respecté.
Sur le respect de l'article Ub.16 :
26. Cet article impose la mise en place d'infrastructures numériques, sauf pour la réhabilitation de bâtiments existants. Eu égard à la nature des travaux autorisés, le projet doit être regardé comme entrant dans le cadre de cette exception, de sorte que la méconnaissance de cet article ne peut être utilement invoquée.
Sur le respect du PPRN :
27. Le projet est situé en zone BGf au PPRN, correspondant à un risque de glissement de terrain faible. Comme indiqué au point 6, dans cette zone, une étude de définition des mesures constructives n'est pas obligatoire. Le moyen doit être écarté de même que, sous cet aspect, celui tiré de la violation de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
28. L'article 18 des dispositions générales du PPRN relatif à la sécurité des accès aux immeubles précise que " En cas d'exposition à un ou plusieurs phénomènes prédictibles, la sécurité des accès aux immeubles peut être assurée par la mise en œuvre du PCS. Toutefois, il est souhaitable qu'un des accès desservant la totalité de l'immeuble puisse être emprunté, à titre exceptionnel, pour cause d'urgence. L'aménagement de cet accès à l'abri de la façade la moins exposée de l'immeuble sera donc recherché pour les immeubles projetés, aménagés ou existants ".
29. Les requérants se prévalent de ces dispositions en faisant valoir que la route du Grand Cœur est en impasse et ne permet pas de faire demi-tour et que le SDIS n'a pas été saisi pour avis. Toutefois, les énonciations des dispositions générales du PPRN citées au point précédent ne constituent que de simples recommandations et n'ont pas de valeur impérative.
Sur les conséquences de l'illégalité relevée :
30. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce () ". Il résulte de ces dispositions que juge n'est pas tenu de surseoir à statuer si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir
31. En l'espèce, le vice relevé au point 16 est susceptible d'être régularisé. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme en annulant le permis de construire uniquement en tant qu'il autorise la réalisation d'un auvent en bordure de la route du Grand Cœur.
Sur les frais d'instance :
32. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Le permis de construire du 3 juin 2020 est annulé en tant qu'il autorise la réalisation d'un auvent en bordure de la route du Grand Cœur. La décision implicite de rejet du recours gracieux est annulée dans la même mesure
Article 2 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A I, à la commune des Allues, à M. E B, à M. D F, à Mme H C, et à la SCI Club 55.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
Le président, rapporteur,
C. Sogno
La première assesseure,
J. Holzem
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026