jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007073 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ZOUAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2020, M. D C, représenté par Me Zouaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 septembre 2020 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse et de ses deux enfants ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de faire droit à sa demande.
Il soutient que :
- il satisfait aux conditions de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- son épouse est repartie du territoire français depuis le mois de mars 2020 et ne s'est pas maintenue irrégulièrement sur le territoire ;
- le préfet se fonde sur le fait que l'acte de décès du père biologique des deux enfants du couple est un faux ce qui est erroné ;
- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3§1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 mars 2021, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Barriol, premier conseiller, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malgache, né en 1972, s'est marié le 30 mars 2019 avec Mme E B. Par jugement du 14 septembre 2020, le tribunal judiciaire de Thonon les Bains a prononcé l'adoption simple des deux enfants de Mme B par son époux. Le 4 février 2020, il a présenté une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse et de ses deux enfants. Par la décision attaquée du 29 septembre 2020, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de faire droit à sa demande en se fondant, d'une part, sur l'insuffisance du montant de ses ressources, ainsi que la circonstance que sa famille séjournait actuellement sur le territoire et enfin que l'acte de décès du père biologique des enfants du couple était falsifié.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 351-9, L. 351-10 et L. 351-10-1 du code du travail. Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième ()". Aux termes de l'article R. 411-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à :- cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".
3. Le préfet de la Haute-Savoie a retenu l'insuffisance de ressources de M. C. Il ressort des pièces du dossier qu'au cours de la période de référence allant de février 2019 à janvier 2020, M. C a travaillé dans le cadre d'un contrat de travail à durée déterminée du 18 septembre 2019 au 7 décembre 2019 avec la société SAS M § A transports en qualité de chauffeur livreur à temps plein, pour lequel il percevait un salaire mensuel brut de 1 304,67 euros. Ces ressources sont ainsi inférieures à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance exigé qui s'élève à 1 693,45 euros brut pour une famille composée de quatre personnes. M. C se prévaut de son avenant à son contrat de travail du 17 décembre 2019 lui octroyant un contrat à durée indéterminée ainsi que de la création d'une micro-entreprise immatriculée le 19 novembre 2019 soit antérieurement à la décision contestée. Toutefois, et alors qu'il est loisible à l'administration de prendre en compte, dans le cadre de son pouvoir de régularisation, l'évolution des ressources de l'intéressé postérieurement à la période de référence, par les pièces que le requérant produit, à savoir une déclaration trimestrielle de chiffre d'affaire pour le 1er trimestre 2020, il n'établit pas la réalité et la stabilité de ses revenus tirés de cette activité. De même, l'avenant de son contrat de travail indique que les autres termes du contrat restent les mêmes que ceux fixés par le CDD du 18 septembre 2019. Si le requérant se prévaut de fiches de paie avec un montant plus élevé, rien ne fait obstacle à ce qu'il redépose une demande de regroupement familial. Enfin, la circonstance, non assortie de précision, que son épouse est propriétaire d'un appartement à Annemasse ne saurait être valablement pris en compte. Par suite, le motif tiré de l'insuffisance de ses ressources justifiait le refus de regroupement familial opposé à l'intéressé.
4. En deuxième lieu, à supposer même que le motif tiré du maintien sur le territoire de Mme B soit erroné dès lors qu'elle aurait regagné Madagascar en mars 2020 et que l'acte de décès du père biologique ne serait pas falsifié, le préfet de la Haute-Savoie aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur l'insuffisance des ressources.
5. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
6. Le requérant soutient que la décision attaquée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, dès lors qu'il s'est marié en France, que ses enfants y ont été adoptés et y sont scolarisés. Toutefois, il n'est pas séparé de ses enfants puisqu'ils résident sur le territoire où ils sont scolarisés. Si sa femme serait dorénavant à Madagascar, rien ne fait obstacle à ce qu'il dépose une nouvelle demande de regroupement familial. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être rejetés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 29 septembre 2020 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse et de ses deux enfants. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Letellier première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
La rapporteure,
E. BARRIOL
La présidente,
D. JOURDAN La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026