jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007078 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 novembre 2020, 29 novembre 2021 et 2 mai 2022, M. D C, représenté par Me Le Gulludec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision tacite du 20 août 2020 par laquelle le maire de Gières ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme A B les 15 juin et 20 juillet 2020 et portant sur la réalisation d'un escalier extérieur de secours en métal, l'agrandissement d'une ouverture et la pose d'un volet roulant en façade est de sa maison située sur la parcelle cadastrée section AR n° 5 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Gières une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier est insuffisant sur l'objet des travaux qui conduisent à créer un logement indépendant ;
- le dossier ne comporte pas de plan de masse permettant d'apprécier le positionnement de l'escalier et que les autres plans ne permettent pas d'apprécier ses dimensions ;
- la demande est entachée de fraude dès lors qu'une maison individuelle ne nécessite pas d'escalier de secours et que cet escalier méconnaît l'article 4.2 du règlement de la zone UD4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Grenoble applicable à Gières, relatif à l'implantation en limite séparative ;
- il méconnaît l'article 4.6 du règlement de la zone UD4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, relatif à la hauteur des constructions ;
- il méconnaît l'article 7 du règlement de la zone UD4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, relatif au stationnement des véhicules.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 avril 2021 et 1er février 2022, la commune de Gières, représentée Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteure publique,
- et les observations de Me Basset, substituant Me Le Gulludec, représentant M. C et de Me Barnier, représentant la commune de Gières.
Considérant ce qui suit :
1. Les 15 juin et 20 juillet 2020, Mme B a déposé à la mairie de Gières une déclaration préalable portant sur des travaux sur une construction existante et consistant en la réalisation en façade est de sa maison d'un escalier extérieur de secours en métal, l'agrandissement d'une ouverture et la pose d'un volet roulant sur cette ouverture. Une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable est née le 20 août 2020. Par un courrier du 18 septembre 2020 reçu par la commune de Gières le 21 septembre 2020, M. C a formé un recours gracieux, rejeté par une décision du maire de la commune de Gières du 23 septembre 2020. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable du 20 août 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme : " La déclaration préalable précise : [] c) La nature des travaux ou du changement de destination ; [] ".
3. Le projet, qui porte sur la création d'un escalier extérieur, n'entraîne la création d'aucune surface de plancher ni d'aucun logement supplémentaire. Par suite, M. C ne peut utilement invoquer l'insuffisance du dossier de déclaration préalable sur ce point.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : [] b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; () ". Aux termes du lexique du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Grenoble : " Une construction est un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface./ La notion de construction recouvre notamment les constructions en surplomb (constructions sur pilotis, cabanes dans les arbres) et les constructions non comprises dans la définition du bâtiment, notamment les pergolas, hangars, bris de stationnement, piscines, les terrasses surélevées de 60 cm ou plus, les sous-sols non compris dans un bâtiment. / La notion d'espace utilisable par l'Homme vise à différencier les constructions des installations dans lesquelles l'Homme ne peut rentrer, vivre ou exercer une activité. Les constructions utilisées pour les exploitations agricoles, dans lesquelles l'Homme peut intervenir, entrent dans le champ de la définition. A contrario, les installations techniques de petites dimensions (chaufferie, éoliennes, poste de transformation, canalisations ) et les murs et clôtures n'ont pas vocation à créer un espace utilisable par l'Homme ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Contrairement à ce que soutient la commune de Gières en défense, un escalier extérieur constitue un élément de construction qui accroît l'emprise au sol de la construction existante et, par suite, Mme B devait fournir un plan de masse à l'appui de sa demande. Il ressort des pièces du dossier que si un document intitulé plan de masse a été produit le 20 juillet 2020, ce document, sur lequel le projet d'escalier n'est pas représenté, ne constitue pas un plan de masse. Toutefois les autres documents produits étaient de nature à permettre au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à la réglementation en vigueur, s'agissant notamment des règles en matière d'implantation en limite séparative. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Grenoble Alpes Métropole applicable à la zone UD4 : " () 4.2. Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives () ' Règle générale / Sauf indication contraire mentionnée sur le document graphique D1 " Atlas des formes urbaines : implantations et emprises ", la distance comptée horizontalement de tout point du bâtiment au point le plus bas et le plus proche de la limite séparative doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points (L = H/2), sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. / () / Dans la bande qui sépare la construction de la limite séparative, aucune construction ne peut être implantée en dehors des ouvrages techniques liés fonctionnellement à la construction principale (ascenseurs, escaliers de secours, rampe d'accès). () ".
8. Un permis de construire ou une décision de non-opposition à déclaration préalable n'ont d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles ou la réalisation de travaux conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier de déclaration préalable que l'escalier extérieur prévu doit être réalisé à moins de trois mètres de la limite séparative avec la propriété de M. C. Ce dernier allègue que l'escalier litigieux a pour objet principal de desservir un logement étudiant situé à l'étage de sa maison et que Mme B l'a déclaré comme escalier de secours pour échapper, par fraude, aux règles de recul en limite séparative. Toutefois la réalisation d'un escalier de secours sur une maison individuelle ne saurait caractériser par elle-même une fraude et M. C n'apporte aucun élément de nature à établir ni l'existence d'un tel logement ni l'intention frauduleuse de Mme B. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'administration disposait d'éléments établissant une telle fraude à la date de la délivrance de la décision de non-opposition. Le moyen tiré du caractère frauduleux de l'autorisation en cause doit dès lors être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Grenoble Alpes Métropole applicable à la zone UD4 : " [] 4.6 Hauteur des constructions et des installations [] Dans l'ensemble de la zone, la hauteur des annexes est limitée à 3,50 m. [] ". Aux termes du lexique du règlement du plan local d'urbanisme intercommunale : " Une annexe est une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à celles de la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Elle doit être implantée selon un éloignement restreint par rapport à une autre construction, afin de marquer un lien d'usage. Elle peut être accolée ou non à la construction principale avec laquelle elle entretient un lien fonctionnel, sans disposer d'accès direct depuis la construction principale. En cas d'accès direct, il s'agit d'une extension () ".
11. L'escalier prévu par Mme B, qui est accessoire à la construction principale, ne constitue pas une annexe au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement invoquer les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal en matière de hauteur applicables aux annexes.
12. En cinquième et dernier lieu, comme indiqué au point 3, le projet de création d'un escalier extérieur n'emporte pas la création d'un logement supplémentaire ou de surface de plancher supplémentaire. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement invoquer les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal qui imposent la création de places de stationnement en cas de création de nouveaux logements.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gières, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans la présente instance.
15. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C le versement à la commune de Gières d'une somme de 1 000 euros à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera 1 000 euros à la commune de Gières en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la commune de Gières et à Mme A B.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Hamdouch, premier conseiller,
Mme Beytout, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRY La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026