jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DJINDEREDJIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2020, M. B A, représenté par Me Djinderedjian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros qui sera versée à Me Djinderedjian sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est dépourvue de motivation sur les raisons pour lesquelles sa demande d'asile a été requalifiée en procédure normale ;
- il dispose d'un motif légitime à être resté sur le territoire français ;
- il est dans une situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête ;
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 juin 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision 28 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, président-rapporteur
- les conclusions de Mme Bedelet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, entré en France le 25 octobre 2017, a formé une demande d'asile le 4 mai 2018. Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été accordé concomitamment. Par un arrêté du 8 août 2018, le préfet de la Haute-Savoie a décidé de son de transfert vers l'Espagne et l'a déclaré en fuite le 28 novembre 2018. Consécutivement, par un courrier du lendemain, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a signifié à M. A son intention de suspendre ses conditions matérielles d'accueil. A l'expiration du délai dont disposait la France pour le transférer vers l'Espagne, M. A a sollicité l'examen de sa demande d'asile par la France et, une fois obtenue que celle-ci soit examinée selon la procédure normale, il a sollicité de l'OFII le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil le 27 juillet 2020. M. A demande l'annulation de la décision du 30 septembre 2020 par laquelle l'OFII a rejeté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à la situation de M. A à la date de la décision attaquée : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ".
3. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de ces dispositions, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
4. En premier lieu, et en tout état de cause, la décision litigieuse mentionne de façon suffisamment précise les textes et les circonstances de fait relatifs à la situation personnelle de M. A. Ces indications qui constituent le fondement de la décision litigieuse permettent au requérant d'en contester utilement le bien-fondé.
5. Il résulte par ailleurs des principes énoncés au point précédent que la circonstance que la demande d'asile de M. A soit traitée selon la procédure normale ou selon une autre procédure est sans influence sur le droit au rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de ce que les motifs du traitement de sa demande d'asile selon la procédure normale ne figurent pas sur la décision litigieuse à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation.
6. En deuxième lieu, contrairement à ce qui est soutenu, la circonstance que la compagne et les deux enfants de M. A séjournent sur le territoire français ne saurait par elle-même constituer un motif légitime au sens des dispositions précitées du 1° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Enfin, il ressort des pièces produites par M. A lui-même qu'il est logé avec sa compagne, qui vit en France de façon régulière, et ses deux enfants. Cette dernière disposait à la date de la décision attaquée d'un contrat de travail, de revenus annuels de plus de vingt mille euros et d'aides sociales. Dans ces circonstances M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il est dans une situation de vulnérabilité justifiant que ses conditions matérielles d'accueil soient rétablies.
Sur les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais non compris dans les dépens :
8. Les conclusions à fin d'annulation de M. A devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président-rapporteur,
M. Hamdouch, premier conseiller,
Mme Beytout, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le président,
P. Thierry L'assesseur le plus ancien,
S. Hamdouch
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 20070812
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026