lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007167 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEGAL PERFORMANCES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er décembre 2020, le 13 septembre 2021, le 25 janvier et 10 mai 2022, la société en nom commun (SNC) Ventimo, représentée par Me Desorgues, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2020 par lequel le maire de Megève s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux ;
2°) de confirmer à titre principal, la légalité de l'arrêté tacite du 3 octobre 2020 portant non opposition à déclaration préalable de travaux du 15 mai 2020 et d'enjoindre à la commune de Megève de délivrer un certificat de non opposition à déclaration préalable de travaux ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, en cas de non confirmation de l'arrêté tacite du 3 octobre 2020 portant non opposition à déclaration préalable de travaux du 15 mai 2020, de délivrer un arrêté portant non opposition à sa demande de déclaration préalable de travaux, dans un délai de 15 jours à compter de la notification à intervenir, et ce sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à défaut, à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Megève de procéder au réexamen de sa demande ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Megève une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SNC Ventimo soutient que :
- la décision d'opposition à déclaration préalable a été notifiée postérieurement au délai d'instruction et une décision tacite de non-opposition est née ; l'arrêté du 28 septembre 2020 doit s'analyser comme une décision de retrait qui est entachée d'une erreur de droit, d'un vice de procédure et porte atteinte à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'article UH 11.2 a) du règlement du PLU n'a pas vocation à s'appliquer sur un élément de façade, qui ne relève pas de la construction principale ; l'arrêté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le projet ne méconnait par l'article UH 11.2 c) dès lors que chacune des constructions possède une toiture principale à deux pans ;
- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er février 2021, le 2 février 2021, le 24 décembre 2021, le 21 avril 2022 et le 25 mai 2022, la commune de Megève, représentée par Me Antoine, conclut au rejet de la requête et demande la condamnation de la SNC Ventimo à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Antoine, représentant la commune de Megève.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 mai 2020, la SNC Ventimo a déposé une déclaration préalable pour la modification d'une des façades de sa construction à usage d'habitation individuelle implantée sur la parcelle cadastrée section C n° 4077 au lieu-dit " La Cry " avec augmentation de la surface de plancher de 9,97 m2. A la suite du recours gracieux formulé par la pétitionnaire, la commune a retiré l'arrêté du 19 juin 2020 portant opposition à déclaration préalable et a invité la SNC Ventimo a confirmé sa demande. Après avoir réceptionné la confirmation de la demande de la société requérante, le maire de la commune de Megève, par un arrêté du 28 septembre 2020, s'est opposé une seconde fois à cette déclaration préalable relevant que la façade pignon Sud du bâtiment dépassait la hauteur maximale autorisée et que l'extension créait une toiture multi pans interdite par la réglementation du plan local d'urbanisme. La SNC Ventimo demande l'annulation de cette décision d'opposition à déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'existence d'une autorisation tacite :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : /a) Un mois pour les déclarations préalables ; () ". Selon l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 424-10, alinéa 1er du même code : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, ou, dans les cas prévus à l'article R. 423-48, par échange électronique. " Aux termes de l'article R. 423-47 dudit code : " Lorsque les courriers sont adressés au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, l'intéressé est réputé en avoir reçu notification à la date de la première présentation du courrier ".
3. En application de ces dispositions, l'auteur d'une déclaration préalable n'est réputé être titulaire d'une autorisation que lorsqu'aucune décision ne lui a été notifiée avant l'expiration du délai réglementaire d'instruction de son dossier.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions apparaissant sur l'avis de réception produit par la commune de Megève, que la notification de cette décision a été faite le 1er octobre 2020, par première présentation du pli. Ainsi, et dès lors que la société SNC Ventimo a confirmé sa demande de déclaration préalable par courrier du 1er septembre 2020 réceptionné par la commune le 3 septembre 2020, le délai d'un mois n'était pas expiré et aucune décision tacite de non opposition est née.
En ce qui concerne la toiture :
5. Pour s'opposer à la déclaration préalable, le maire de la commune de Megève a considéré que le projet d'extension méconnaissait le c) de l'article 11.2UH du règlement au terme duquel toute construction doit être couverte par une toiture principale à deux pans, sans accident de toiture, sans trouée de toiture, sans découpes, sans angle coupé et que les toitures multi pans sont interdites.
6. Il ressort notamment de la notice et du plan de toiture du dossier de déclaration préalable que le projet prévoit une extension sur la façade Sud de la construction existante consistant en une large ouverture dans le pan de toiture afin de dégager un volume à l'étage. Cette extension d'une longueur de 10,10 mètres et d'une hauteur de 6,86 mètres sera couverte par une toiture à deux pans, perpendiculaire au faîtage existant, pour une surface de plancher créée de 9,97 m2. Dès lors, cette extension a pour conséquence de créer une toiture multi pans qui est prohibée par le c) de l'article 11.2 de la zone UH et ce alors même que la hauteur du faitage de l'extension projetée est inférieure au faîtage de la construction existante.
En ce qui concerne la hauteur de l'extension :
7. Aux termes de l'article 10 du règlement du plan local d'urbanisme, la hauteur maximum des constructions est de 9 mètres dans le secteur UH3. La hauteur est mesurée " entre tout point situé sur la ligne de faîtage la plus haute de l'ensemble immobilier indivisible, projeté sur le point le plus bas du terrain fini après travaux d'exhaussement ou d'affouillement de sol nécessaires pour la réalisation du projet, pris dans le périmètre d'emprise au sol au droit des façades (hors balcons) dudit ensemble immobilier indivisible ". L'article 11.2UH du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur prévoit que : " Dans les secteurs UH2, UH3 et UH3p,- dans le cas d'une construction nouvelle ou d'extensions d'une construction existante, le rapport entre la hauteur maximum telle que définie à l'article 10 et la longueur de la façade pignon (hors éléments de débord) des constructions principales doit être au maximum de 0,65. "
8. Pour l'application de ces dispositions en l'absence de définition au sein du règlement écrit du plan local d'urbanisme, la façade pignon doit s'entendre comme le mur extérieur perpendiculaire à l'axe de faîtage de la toiture dont la forme de la partie supérieure épouse celle du comble, indépendamment du nombre d'ouvertures. Dans ces conditions, l'extension projetée sur la façade Sud d'une hauteur de 6,86 mètres n'a pas le caractère d'un mur pignon au sens de l'article 11.2 UH du règlement du PLU de Megève. Ainsi, le maire de Megève ne pouvait pour s'opposer à la déclaration préalable déposée indiquer que le projet méconnaissait le a) de l'article 11.2UH du règlement au motif que le rapport de 0,65 limitait à 6,56 mètres la hauteur autorisée et le moyen doit être accueilli.
9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le maire de Megève aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur l'autre motif tiré de la méconnaissance du c) de l'article 11.2UH du règlement.
En ce qui concerne le détournement de procédure :
10. En se bornant à indiquer que les motifs illégaux ont été " construits " dans le seul but de s'opposer à son projet et que des constructions similaires ont été parfaitement autorisées et sont fréquentes dans la zone, la SNC Ventimo n'établit pas le détournement de pouvoir allégué.
11. Il résulte de ce qui précède que la SNC Ventimo n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le maire de la commune de Megève s'est opposé à sa déclaration préalable le 28 septembre 2020. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais de procès :
12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la SNC Ventimo doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SNC Ventimo une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Megève au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er :La requête présentée par la SNC Ventimo est rejetée.
Article 2 :La SNC Ventimo versera une somme de 1 500 euros à la commune de Megève au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à la SNC Ventimo et à la commune de Megève.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauveplane, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2023.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026