mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAUMONT MOUMNI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 novembre 2020 et 21 décembre 2021, M. D G, représenté par Me Moumni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle la commission de recours de l'invalidité (CRI) a rejeté le recours préalable obligatoire qu'il a formé contre la décision du 13 décembre 2019 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de révision de pension pour aggravation et nouvelle infirmité présentée le 21 janvier 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de réviser à la hausse le taux d'invalidité de son infirmité liée aux séquelles de traumatismes de la cheville et du pied droit et de reconnaître imputable au service et fixer à 20 % le taux de son infirmité liée à ses rachialgies chroniques ;
3°) subsidiairement, de diligenter une expertise médicale.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de fait et d'erreur dans la qualification juridique des faits ;
- la décision est entachée d'erreur de droit ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que M. G n'établit aucune aggravation de la pathologie déjà reconnue, d'une part, et qu'il ne peut bénéficier du régime de présomption d'imputabilité au service et ne rapporte pas la preuve de l'existence d'un fait précis ou de circonstances personnelles exceptionnelles ou particulières de service pour la nouvelle pathologie, d'autre part.
Par ordonnance du 17 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Morel,
- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mougin représentant M. G.
Considérant ce qui suit :
1. M. G a été rayé des contrôles le 2 février 1997 au grade de sergent-chef de l'armée de terre alors qu'il était affecté au 2ème régiment étranger de parachutistes à Calvi. Il a été victime de deux accidents survenus les 13 février 1988 et 14 mai 1990 lors de sauts en parachute qui lui ont occasionné des fractures de la malléole externe droite et du péroné droit. Par arrêté du 5 août 2013 une pension militaire d'invalidité lui a été concédée au taux de 60 % dont 50% pour les séquelles du traumatisme de la cheville et de l'arrière pied droit causés par les deux accidents précités. Le 21 janvier 2019 M. G a demandé, d'une part, que le taux pour l'infirmité liée aux séquelles des traumatismes de la cheville et du pied droit soit aggravé et, d'autre part, qu'une nouvelle infirmité soit reconnue pour des rachialgies chroniques associées à une sciatalgie droite avec raideur. Par la décision attaquée du 30 septembre 2020, la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours contre la décision du 13 décembre 2019 par quelle la ministre des armées a refusé de faire droit à ces demandes.
Sur l'aggravation de l'infirmité résultant des séquelles du traumatisme de la cheville et de l'arrière pied droit :
2. Aux termes de l'article L. 154-1 du Code des Pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs des infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. / Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. / La pension définitive révisée est concédée à titre définitif ".
3. M. G soutient que son infirmité s'est aggravée et notamment que le volume de son avant pied a augmenté. Toutefois dans son rapport du 12 avril 2019 le docteur C médecin expert a conclu au maintien du taux d'invalidité de cette infirmité à 50 %. Le docteur E médecin en chef chargé des pensions militaires d'invalidité a dans son avis du 28 octobre 2019 confirmé ce diagnostic et retenu que M. G présentait une stabilité de son état fonctionnel. Le requérant ne produit aucune pièce pour contredire ces deux avis et établir l'aggravation alléguée. Sa demande de révision devra donc être rejetée sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale.
Sur l'infirmité nouvelle consistant en rachialgies chroniques associées à une sciatalgie droite avec raideur :
4. M. G soutient que cette infirmité est en lien avec son passé de militaire et notamment des nombreux sauts en parachute qu'il a été amenés à effectuer. Il soutient également que cette infirmité est en lien avec la première infirmité dans la mesure où il s'agit d'une complication habituelle d'une usure prématurée de l'ensemble du rachis cervical dorsal et lombaire qui est-elle même la conséquence de la boiterie secondaire résultant de son traumatisme de la cheville et du pied droit. Tant le médecin expert, le docteur C, que le médecin chargé des pensions militaires d'invalidité, le docteur E, ont retenu un taux de 20% concernant cette infirmité.
5. L'administration a pu à bon droit écarter le lien de causalité direct entre le service et cette infirmité au motif que, d'une part, M. G ne pouvait pas bénéficier de la présomption légale d'imputabilité au vu du délai écoulé et, d'autre part, que l'activité de militaire parachutiste ne permettait pas de se prévaloir de l'imputabilité prévue par les tableaux n°97 et n°98 des maladies professionnelles, à savoir respectivement " travaux exposant habituellement aux vibrations de basses et moyennes fréquences transmises au corps entier " et " travaux de manutention habituelle de charges lourdes ".
6. Toutefois l'intéressé peut demander une pension pour une nouvelle infirmité s'il est établi que l'infirmité précédente a été la cause directe et déterminante de l'infirmité nouvelle. Or, le certificat médical du docteur A du 12 juin 2019, produit par M. G, établit un lien de " filiation " entre l'infirmité liée à la cheville et au pied droit et les rachialgies chroniques, en raison d'une usure et d'un déséquilibre du rachis. Si ce lien n'a pas été retenu par le docteur E, une incertitude demeure quant à cette chaîne causale et il y a lieu de diligenter une expertise sur ce point.
D E C I D E:
Article 1er : Les conclusions tendant à l'aggravation de l'infirmité résultant des séquelles du traumatisme de la cheville et de l'arrière pied droit sont rejetées.
Article 2 : Avant dire-droit sur l'infirmité nouvelle consistant en des rachialgies chroniques associées à une sciatalgie droite avec raideur, il sera procédé à une expertise médicale contradictoire entre les parties, avec mission pour l'expert de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. G et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces de son dossier médical, ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) dire s'il existe un lien entre l'infirmité liée aux séquelles de traumatismes de la cheville et du pied droit de M. G et l'infirmité de rachialgies chroniques, et dans l'affirmative de déterminer si l'infirmité n°1 a été la cause directe et déterminante de l'infirmité n°2.
3°) fournir, plus généralement, tous éléments utiles susceptibles d'éclairer le tribunal quant à l'infirmité nouvelle.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. G, à Me Moumni et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Morel et M. Villard premier conseillers,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
Le rapporteur,
S. Morel
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026