mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SARL NOVAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2020, Mme B D, représentée par Me Combes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2020 par laquelle la commission de médiation de l'Isère a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement présentée sur le fondement du II de l'article L.441-2-3 du code de la construction et de
l'habitation ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de l'Isère de considérer sa demande de logement comme prioritaire et urgente et de lui attribuer un logement dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès-lors qu'elle ne peut être fondée sur les dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- la commission n'a pas procédé à une évaluation sociale de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès-lors qu'elle remplit les conditions pour bénéficier du droit au logement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 décembre 2021 et 26 octobre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la commission pouvait légitimement orienter la demande de Mme D vers un hébergement d'urgence au vu de sa situation financière et professionnelle difficile ;
- l'offre d'hébergement est adaptée aux besoins de Mme D.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2020.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Combes, représentant Mme D ;
- et les observations de Mme C, représentant le préfet de l'Isère.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a présenté devant la commission de médiation de l'Isère un recours amiable tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue prioritaire et urgente sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 15 juin 2020, la commission de médiation de l'Isère a orienté sa demande vers une structure d'hébergement, au motif qu'elle est dans une situation financière difficile au vu de l'importance de ses dettes locatives et du dépôt d'un dossier de surendettement à la Banque de France. Mme D demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Mme D soutient que la décision du 15 juin 2020 est illégale dès-lors qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article R. 441-15-1 du code de la construction et de l'habitation alors que celui-ci ne se rapporte pas aux demandes de logement. Il résulte toutefois de la décision attaquée que si elle mentionne expressément cet article, les dispositions qui sont explicitement citées sont celles de l'article L. 441-2-3-1 du même code, lequel est applicable en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
3. Aux termes du IV de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation :" Lorsque la commission de médiation est saisie d'une demande de logement dans les conditions prévues au II et qu'elle estime, au vu d'une évaluation sociale, que le demandeur est prioritaire mais qu'une offre de logement n'est pas adaptée, elle transmet au représentant de l'Etat dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'Etat dans la région cette demande pour laquelle doit être proposé un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. ". Ces dispositions permettent à la commission de médiation, saisie d'une demande de logement, de prévoir une mesure d'hébergement si elle estime qu'elle est mieux adaptée à la situation de l'intéressé.
4. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande. Toutefois, dans le cas particulier d'une personne se prévalant uniquement du fait qu'elle a présenté une demande de logement social et n'a pas reçu de proposition adaptée dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation, la commission peut légalement tenir compte de la circonstance que l'intéressé dispose déjà d'un logement, à condition que, eu égard à ses caractéristiques, au montant de son loyer et à sa localisation, il puisse être regardé comme adapté à ses besoins.
5. Il résulte également de ces dispositions que l'absence de capacité du demandeur d'accéder et de se maintenir dans un logement n'est pas au nombre des critères justifiant le refus de la commission de médiation. Il appartient dans cette hypothèse à la commission de faire procéder à une évaluation sociale du demandeur, puis, le cas échéant de l'orienter vers un hébergement.
6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet produit en défense une évaluation sociale de la situation de Mme D réalisée par le centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune de Saint-Egrève le 18 décembre 2019 laquelle fait apparaître qu'elle a une situation d'emploi précaire, qu'elle est dans une situation financière difficile dès-lors que son dossier de surendettement a été jugé recevable par la Banque de France, qu'elle envisage d'en déposer un second, et qu'elle est menacée d'expulsion de son logement. Il s'ensuit que Mme D n'est pas fondée à soutenir que la commission de médiation aurait procédé à l'orientation de sa demande vers un hébergement d'urgence sans avoir procédé à une évaluation sociale de sa situation. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les propositions faites en application du présent article aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière () ".
8. En l'espèce, Mme D soutient que sa situation financière s'est améliorée dès-lors que ses dossiers de surendettement ont été acceptés par la Banque de France, qu'elle a perçu entre le 1er septembre 2019 et le 2 juin 2020 une allocation de retour à l'emploi et qu'elle a retrouvé un travail en juin 2020. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le 15 juin 2020, date de la décision attaquée, Mme D était encore dans une situation financière difficile. Elle a d'ailleurs déposé un second dossier de surendettement auprès de la Banque de France en août 2020. Par suite, la commission de médiation a pu sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, considérer qu'elle ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un logement social.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.
10. La présente décision ne fait pas obstacle à ce que Mme D présente, si elle s'y croit recevable et fondée, une nouvelle demande de logement auprès de la commission de médiation.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Combes et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026