jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LACHAT MOURONVALLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 3 décembre 2020, le 17 août 2021, le 9 décembre 2021 et le 14 janvier 2022, M. C B, représenté par la société d'avocats Lachat-Mouronvalle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2020 par laquelle le maire de Bourgoin-Jallieu a refusé de lui accorder l'autorisation de travaux n° 20B0028 ;
2°) d'enjoindre au maire de Bourgoin-Jallieu de réexaminer sa demande d'autorisation de travaux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bourgoin-Jallieu la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et de droit tirée de l'absence de changement de destination ; un permis de construire modificatif accordé le 3 mars 2017 prévoit expressément que le projet sur le lot n° 221 a pour destination une salle de réunion ;
- la décision attaquée mentionne à tort que la commission de sécurité n'a pas émis un avis favorable ; après la réalisation de travaux, l'ensemble des règles de sécurité a été respectée par tous les établissements qui exercent une activité dans le centre commercial ;
- elle est entachée d'une erreur de droit sur la sécurité.
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 juillet 2020 et le 24 août 2021, la commune de Bourgoin-Jallieu conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Bourgoin-Jallieu fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par une lettre du 20 décembre 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 24 février 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 12 septembre 2022.
Par lettres du 25 avril 2023 et du 16 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, la commune de Bourgoin-Jallieu a été invitée à produire des pièces pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
La commune de Bourgoin-Jallieu a produit le 18 mai 2023 le permis de construire du 11 mai 2015 et le permis de construire modificatif du 3 mars 2017.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces des dossiers ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2023 :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Lecoq, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Bourgoin-Jallieu a délivré à la société Mathimmo un permis de construire, le 11 mai 2015, pour la surélévation d'un niveau du bâtiment " Le Plein Centre- Les Halles Berjalliennes " situé 6 boulevard Saint Michel à Bourgoin-Jallieu, puis un permis de construire modificatif, le 3 mars 2017. Le 2 avril 2020, M. C B a sollicité, auprès des services de la commune de Bourgoin-Jallieu, la délivrance d'une autorisation de travaux d'aménagement pour la création d'une salle de réunion et de séminaire, sur le lot n° 221, située au R+2 dans le bâtiment " Le Plein centre - Les Halles Berjalliennes ", au titre des dispositions de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, alors en vigueur. Par décision du 25 juin 2020, le maire de Bourgoin-Jallieu a refusé d'accorder l'autorisation de travaux. Dans la présente instance, M. B en demande l'annulation.
Sur les conclusions en annulation :
2. Dans la décision attaquée, le maire de Bourgoin-Jallieu a refusé à M. B l'autorisation de travaux au motif qu'il ne disposait pas d'un permis de construire pour la construction d'une surface de plancher et d'un changement de destination des locaux litigieux au titre du code de l'urbanisme et il a informé le demandeur que l'établissement " Les halles du plein centre " fonctionne actuellement sous avis défavorable de la commission de sécurité.
3. En premier lieu, le requérant invoque une " erreur de droit ". Toutefois, en s'abstenant d'invoquer toute considération de droit dans ses écritures, M. B n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
4. En deuxième lieu et d'une part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () d) La nature des travaux ; e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 () ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. D'autre part, selon l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : () / b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; () ".
6. M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait au motif qu'un permis de construire modificatif a déjà été accordé et qu'une simple autorisation de travaux suffit.
7. Il ressort des pièces du dossier que lors du dépôt de la demande de permis de construire modificatif, le maitre de l'ouvrage a présenté plusieurs demandes successives pour le lot n° 221 au cours de l'année 2016. Le service instructeur a reçu le 22 juillet 2016, parmi les pièces qui lui ont été adressées, la pièce PC 39/40 " Plan R+2 " indiquant un changement de destination du lot n° 221 en " salle de réunion commerçant et réception de 232,34 m² ". Le 19 septembre 2016, il a reçu la même pièce PC 39/40 " Plan R+2 " sur laquelle figurait désormais un local technique de 248,42 m² pour le lot n° 221, ce qui indiquait que le maitre de l'ouvrage avait renoncé au changement de destination. Le 6 octobre 2016, le service instructeur a reçu à nouveau la pièce PC 39/40 " Plan R+2 " comportant une salle de réunion de 232,34 m², en remplacement du local technique. Cette dernière pièce, enregistrée par le service instructeur, n'est cependant pas corroborée dans le document Cerfa n° 13411*05 " Modification d'un permis délivré en cours de validité " n° PC 038 053 15 B 1008 01, déposé par la société Mathimmo le 15 septembre 2016, puisque l'objet de la demande porte uniquement sur la " modification de l'attique, du bâtiment, de la tour, des façades, de l'auvent (et) du stationnement " et ne comporte pas de surface complémentaire créée, ainsi que cela ressort de la rubrique 9.1 dudit document Cerfa, la surface existante avant et après travaux de 3 002,60 m² demeurant inchangée. En outre, le document Cerfa n° 13824*03 renseigné le 15 septembre 2016 par le maître de l'ouvrage précise à la rubrique 4.2 Activité " Avant travaux () R+2 : Restaurant. Après Travaux : () R+2 : Restaurant ", sans faire état de la création d'une salle de réception et, à la rubrique 4.3 - Nature des travaux, la case " Création de volumes nouveaux dans des volumes existants (modification du cloisonnement, par exemple), Surface de plancher avant travaux () et après travaux " n'est pas renseignée, signifiant là aussi qu'un changement de destination n'était pas demandé. Il suit de là que si, au cours de l'instruction de la demande de permis de construire modificatif, la dernière pièce PC 39/40 " Plan R+2 " enregistrée par le service instructeur portait, il est vrai, sur le changement de destination du lot n° 221 en salle de réception, cette seule pièce ne suffit pas, dans les conditions du dépôt de la demande de permis de construire modificatif qui viennent d'être rappelées, à retenir que la demande portait effectivement sur le changement de destination d'un local technique en une salle de réunion / réception de 232,34 m². Ainsi, le permis de construire modificatif accordé le 3 mars 2017 ne portait pas sur le changement de destination du lot n° 221 et la création de surface de plancher correspondante. Par suite, le maire de Bourgoin-Jallieu a pu retenir, sans entacher la décision attaquée d'inexactitude matérielle des motifs, qu'une demande de permis de construire modificatif était nécessaire pour refuser la demande de travaux présentée par M. B au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation.
8. Ce motif justifie à lui seul le refus d'autorisation de travaux opposé à M. B, alors qu'en tout état de cause, le maire de Bourgoin-Jallieu s'est borné à invoquer dans la décision attaquée que l'établissement fonctionne actuellement sous avis défavorable de la commission de sécurité. Dans ces conditions, les conclusions en annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les conclusions présentées par M. B, partie perdante, sont rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune de Bourgoin-Jallieu en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bourgoin-Jallieu en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Bourgoin-Jallieu et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 juin 2023.
La rapporteure,
C. LETELLIER
La présidente,
D. JOURDAN
La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026