mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2020, M. C B, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 2 octobre 2020 par laquelle la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil (CMA) ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des CMA à compter de mars 2018 ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée au regard de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision le déclarant en fuite est entachée d'un défaut de motivation et d'une erreur de droit puisqu'il a respecté toutes les convocations et a été empêché de prendre le train ;
- l'interruption du bénéfice des CMA est illégale et l'OFII s'est estimé en situation de compétence liée par la déclaration de fuite du préfet ; elle méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33/UE et des articles L. 744-1 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les conclusions de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite du dépôt d'une demande d'asile, M. B a obtenu le bénéfice des CMA le 25 mai 2017. Sa demande d'asile a été placée en procédure prioritaire et il a fait l'objet d'un arrêté de transfert avec assignation à résidence le 2 janvier 2018. Par une première décision du 1er avril 2018, l'OFII a suspendu le bénéfice des CMA au motif de la fuite de M. B. Le recours contre cette décision a été rejeté par jugement du tribunal du 1er octobre 2020. La demande d'asile de M. B a été, finalement, examinée en France en procédure prioritaire, le 12 août 2020. Par courrier daté du 1er septembre 2020, M. B a sollicité le rétablissement des CMA. Par la décision attaquée, la directrice de l'OFII a refusé de faire droit à cette demande.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Faute d'urgence compte tenu de la date d'introduction de la requête et de l'absence de dépôt d'un dossier, il y a lieu de refuser l'aide juridictionnelle provisoire demandée.
Sur les conclusions d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et mentionne également les raisons du refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, elle contient l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé l'OFII. Par suite, le moyen invoqué par M. B tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En second lieu, d'une part, il résulte des dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision méconnaît l'article L. 744-1 ou D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le requérant n'est pas plus fondé à se prévaloir d'une méconnaissance de l'article 20 de la directive 2013/33/UE qui a été transposé.
5. D'autre part, M. B ne conteste pas le motif de la décision tiré de ce qu'il ne présente pas de vulnérabilité particulière et, contrairement à ce qu'il soutient, l'OFII a vérifié son état de vulnérabilité en vertu de l'article de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est ainsi pas fondé à se prévaloir d'une erreur de droit sur ce point.
6. Enfin, l'OFII aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif tiré de l'absence de vulnérabilité de M. B. De sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner les moyens soulevés à l'encontre de la décision initiale de suspension des CMA, dont la légalité a, au demeurant, été validée par jugement du tribunal du 1er octobre 2020.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction et présentées au titre des frais de procès.
D E C I D E :
Article 1er :La requête est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Schürmann et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
J. D
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2007270
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026