mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | RAHACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2020, Mme C Benhenni, représentée par Me Rahache, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2020 refusant de renouveler son agrément d'assistante maternelle à compter du 15 octobre 2020 ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Isère une somme d'un montant de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme Benhenni soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de la communication tardive de son dossier ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2021, le département de l'Isère, conclut au rejet de la requête.
Le département de l'Isère fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 8 novembre 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vial-Pailler,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Mme D, représentant le département de l'Isère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Benhenni, assistante maternelle depuis le 28 août 2000 a demandé le renouvellement de son agrément afin d'obtenir la garde de deux enfants le 5 juin 2020. Par une décision du 13 octobre 2020, le président du conseil départemental de l'Isère a refusé de renouveler son agrément. Dans la présente instance, Mme Benhenni demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 13 octobre 2020.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. A, directeur adjoint de la direction de l'éducation, de la jeunesse et du sport, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature par arrêté n°2020-4891 du 18 septembre 2020, régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 13 octobre 2020 doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsque le président du conseil départemental envisage de retirer un agrément, d'y apporter une restriction ou de ne pas le renouveler, il saisit pour avis la commission consultative paritaire départementale mentionnée à l'article R. 421-27 en lui indiquant les motifs de la décision envisagée. / L'assistant maternel ou l'assistant familial concerné est informé, quinze jours au moins avant la date de la réunion de la commission, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, des motifs de la décision envisagée à son encontre, de la possibilité de consulter son dossier administratif et de présenter devant la commission ses observations écrites ou orales. La liste des représentants élus des assistants maternels et des assistants familiaux à la commission lui est communiquée dans les mêmes délais. L'intéressé peut se faire assister ou représenter par une personne de son choix. "
4. Mme Benhenni soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la communication de son dossier aurait été tardive. Toutefois, il ressort du courrier du 1er septembre 2020 la convoquant à la séance de la commission consultative paritaire départementale (CCPD) du 18 septembre 2020, que Mme Benhenni a été prévenue plus de quinze jours avant la date de la réunion de la CCPD de la possibilité de consulter son dossier. Par suite, la communication de son dossier n'était pas tardive et elle n'est pas fondée à soutenir que la procédure serait irrégulière.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. Un référentiel approuvé par décret en Conseil d'État fixe les critères d'agrément. () Les conditions de renouvellement de l'agrément sont fixées par ce décret. ()". Aux termes de l'article R. 421-3 du même code : " Pour obtenir l'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial, le candidat doit : / 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif ; / 2° Passer un examen médical qui a pour objet de vérifier que son état de santé lui permet d'accueillir habituellement des mineurs et dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de la santé et de la famille ; / 3° Disposer d'un logement ou, dans le cas d'un agrément pour l'exercice dans une maison d'assistants maternels, d'un local dédié dont l'état, les dimensions, les conditions d'accès et l'environnement permettent d'assurer le bien-être et la sécurité des mineurs, compte tenu du nombre d'enfants et des exigences fixées par le référentiel en annexe 4-8 pour un agrément d'assistant maternel ou par le référentiel en annexe 4-9 pour un agrément d'assistant familial. " Aux termes de l'annexe 4-8 du même code : " La santé de l'enfant accueilli / Il convient de prendre en compte : / 1° La capacité à appliquer les règles relatives à la sécurité de l'enfant accueilli, notamment les règles de couchage permettant la prévention de la mort subite du nourrisson / 2°La capacité à appliquer les règles relatives à l'administration des médicaments () La connaissance du métier, du rôle et des responsabilités de l'assistant maternel / Il convient de prendre en compte : () 4° La compréhension et l'acceptation du rôle d'accompagnement, de contrôle et de suivi des services départementaux de protection maternelle et infantile ".
6. Il ressort de la décision attaquée que pour refuser de renouveler l'agrément de Mme Benhenni, le président du conseil départemental de l'Isère se fonde sur ses connaissances insuffisantes des besoins fondamentaux des enfants accueillis, notamment en matière de santé, sur la méconnaissance des éléments essentiels tenant au rôle et aux responsabilités d'une assistante maternelle et sur l'impossibilité de vérifier la sécurité du matériel destiné à l'accueil des enfants au domicile de la requérante.
7. Il ressort du rapport de contrôle effectué par une puéricultrice dans le cadre de la demande de renouvellement que Mme Benhenni n'a pas connaissance du risque de mort subite du nourrisson et n'a que des connaissances partielles sur le syndrome du bébé secoué. De même, Mme Benhenni ne semble pas connaître les obligations vaccinales pour les enfants en bas âge telles que prévues par le décret n°2018-42 du 25 janvier 2018. Mme Benhenni, contrairement à ce qu'elle soutient dans sa requête, ne justifie pas davantage qu'elle disposait du matériel de puériculture lors de la visite de son domicile et qu'ainsi, les jouets destinés aux enfants auraient pu être contrôlés par l'infirmière puéricultrice. Par suite, le président du conseil départemental de l'Isère n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prenant la décision attaquée. Il en résulte que Mme Benhenni n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a également lieu de rejeter ses concluions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme Benhenni est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme C Benhenni et au département de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président-rapporteur,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
Le président-rapporteur,
C. VIAL-PAILLER
L'assesseure la plus ancienne, dans l'ordre du tableau
I. FRAPOLLI
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2007556
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026