mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 décembre 2020, Mme C B, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mars 2019 par laquelle le maire de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze a déclaré caduc le permis de construire délivré le 22 mai 2014, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le constat de la caducité du permis de construire délivré le 22 avril 2014 est illégal dès lors que la durée de validité du permis de construire a été porté à trois ans en application du décret n°2016-6 du 5 janvier 201, qu'elle a entrepris des travaux d'une importance suffisante pour interrompre le délai de validité du permis et qu'en février 2019, le chantier était toujours en cours.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2022, la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze, représentée par Me Cozon, conclut au rejet de la requête, à ce que soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 336,16 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et qu'une amende soit prononcée à l'encontre de Mme B au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- une substitution de motifs peut être opérée, l'absence de travaux entrepris dans un délai de trois ans à compter de la notification de la délivrance du permis le 2 juin 2014 et l'interruption de travaux pendant un délai supérieur à un an pouvant également fonder la décision de caducité.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze a commis une erreur de droit en fondant la décision de caducité du permis de construire sur l'absence de travaux entrepris dans un délai de deux ans ;
- la décision attaquée est cependant également fondée sur l'interruption des travaux pendant une durée supérieure à une année ;
- au besoin, une substitution de motifs peut être opérée, l'absence de travaux entrepris dans un délai de trois ans à compter de la notification de la délivrance du permis le 2 juin 2014 et l'interruption de travaux pendant un délai supérieur à un an pouvant également fonder la décision de caducité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n°2016-6 du 5 janvier 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bedelet,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Chabal pour Mme B et de Me Cohendet pour la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 22 mai 2014, le maire de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze a accordé, au nom de l'Etat, à Mme B un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle. Par décision du 21 mars 2019, le maire a déclaré caduc le permis de construire délivré le 22 mai 2014. Mme B demande l'annulation de cette décision et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur le motif de la décision attaquée :
2. Pour déclarer caduc le permis de construire délivré le 22 mai 2014 à Mme B, le maire de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze s'est fondé sur le fait qu'il était périmé depuis le 2 juin 2016 en l'absence de travaux entrepris dans un délai de deux ans à compter de la notification de la délivrance du permis le 2 juin 2014 en application de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.
3. Aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au jour de la délivrance du permis de construire : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année () ". L'article 3 du décret du 5 janvier 2016 a porté à trois ans le délai mentionné au premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme. En vertu de l'article 7 de ce même décret, cette modification s'applique aux autorisations en cours de validité à la date de sa publication, soit le 6 janvier 2016.
4. Dès lors que le permis de construire délivré le 22 mai 2014 était en cours de validité à la date d'entrée en vigueur du décret du 5 janvier 2016, publié au Journal officiel de la République française du 6 janvier 2016, il a bénéficié du nouveau délai de trois ans fixé par l'article 3 de ce décret. Le moyen tiré de l'erreur de droit dans l'application de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme doit être accueilli.
5. Contrairement à ce que soutient la préfète de la Drôme, il ne ressort pas de la décision attaquée qu'elle serait également fondée sur l'interruption des travaux pendant une durée supérieure à une année.
Sur les substitutions de motifs demandées :
6. La préfète de la Drôme et la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze opposent en cours d'instance des nouveaux motifs de caducité tirés de l'absence de travaux entrepris dans un délai de trois ans à compter de la notification de la délivrance du permis en date du 2 juin 2014 et de l'interruption de travaux pendant un délai supérieur à un an.
7. Il résulte des dispositions de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au présent litige qu'un permis de construire est périmé en l'absence de travaux entrepris durant sa durée de validité de trois ans. Ce n'est que dans l'hypothèse où des travaux auraient été mis en œuvre durant la validité du permis de construire qu'à son échéance le délai peut être prolongé, sous réserve que l'interruption des travaux soit d'une durée inférieure à une année. Le démarrage des travaux suppose que soient entrepris des actes matériels d'exécution ayant un lien direct et une importance suffisante en rapport avec le projet de construction autorisé.
8. En l'espèce, Mme B a obtenu un permis de construire le 22 mai 2014 qui lui a été notifié le 2 juin 2014, ce dernier devenant ainsi périmé en l'absence de travaux entrepris au 2 juin 2017.
9. Il ressort des pièces du dossier qu'avant le 2 juin 2017, les seuls travaux effectués en lien avec le projet autorisé par le permis du 22 mai 2014 correspondent à un terrassement et à l'élévation d'un mur de soutènement de quelques dizaines de centimètres de hauteur au niveau de la façade nord. Eu égard aux caractéristiques du projet autorisé portant sur la réalisation d'une maison d'habitation d'une surface de plancher de 189,78 m², ces travaux ne peuvent être regardés comme étant d'une importance suffisante pour interrompre le délai de péremption prévu par l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme. Au surplus, il n'est pas établi que des travaux autorisés par le permis du 22 mai 2014 ont été réalisés entre le 20 juillet 2017, date la facture de la société 2bta et février 2019. L'interruption des travaux a donc été de plus d'un an.
10. Ainsi, le motif tiré de la péremption du permis de construire en l'absence de travaux entrepris dans un délai de trois ans ou de l'interruption des travaux pendant plus d'un an était de nature à fonder légalement la décision de caducité du permis de construire et il résulte de l'instruction que le maire de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze aurait pris la même décision en se fondant sur l'un de ses motifs. Dès lors que Mme B n'est pas privée d'une garantie procédurale, il y a lieu de faire droit à la substitution de motif demandée.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de Mme B doit être rejetée.
Sur la demande tendant au prononcé d'une amende pour recours abusif :
12. La faculté pour le juge, prévue à l'article R. 741-12 du code de justice administrative, d'infliger une amende à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive relève de son pouvoir propre. Dès lors, les conclusions de la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze tendant à cette fin ne sont pas recevables. En tout état de cause, la requête ne présente pas un caractère abusif.
Sur les frais d'instance :
13. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la requérante doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B une somme quelconque au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la commune de Sainte-Euphémie-sur-Ouvèze et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
La rapporteure,
A. Bedelet
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026