mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ALDEGUER |
Vu les procédures suivantes :
I-Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 décembre 2020 et le 23 avril 2021, Mme B A, désormais non représentée, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°126102020 du 26 octobre 2020 par lequel le maire de Murianette l'a réintégrée dans les services de la Commune en la déchargeant de tout service ;
2°) d'enjoindre au maire de Murianette de procéder à sa réintégration dans un délai de 15 jours à compter de la date de son licenciement et sous astreinte journalière de 500 euros et de reconstituer sa carrière notamment en ce qui concerne ses droits sociaux et sa rémunération ;
3°) d'enjoindre au maire de Murianette de l'affecter sur l'emploi de secrétaire de mairie, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Murianette une somme de 2 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A soutient que :
- l'arrêté attaqué, en tant qu'il ne procède pas à sa réintégration juridique pour le passé, méconnaît le caractère rétroactif des annulations prononcées ainsi que l'autorité absolue de chose jugée attachée au jugement du tribunal administratif de Grenoble n°1706314 lu le 18 février 2020 ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'autorité absolue de chose jugée attachée au jugement précité en ce qu'il la décharge illégalement de toute fonction, alors qu'elle aurait dû être effectivement réintégrée pour l'avenir sur l'emploi unique de secrétaire de mairie ;
- la commune de Murianette l'a illégalement privée, par l'arrêté attaqué, d'une affectation régulière ;
- l'arrêté attaqué la prive illégalement de son traitement, dans la mesure où l'absence d'affectation est imputable à l'administration.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2021, la commune de Murianette conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Murianette fait valoir que :
- l'arrêté attaqué procédant à l'exécution du jugement du tribunal administratif de Grenoble n° 1706314 lu le 18 février 2020, le juge de l'exécution près le tribunal administratif de Grenoble ou près la cour administrative d'appel de Lyon est incompétent pour statuer sur sa légalité ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 octobre 2022 :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Aldeguer, représentant la commune de Murianette.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, recrutée par la commune de Murianette en janvier 2012, y exerçait les fonctions de secrétaire de mairie, en dernier lieu au titre d'un contrat à durée indéterminée. En raison de l'ouverture d'une procédure disciplinaire à son encontre, l'intéressée a été suspendue à titre conservatoire de ses fonctions par décision du maire de la commune de Murianette en date du 3 octobre 2016, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Grenoble n° 1606963 lu le 22 mai 2018, devenu définitif. A la suite, elle a été licenciée sans indemnité ni préavis par une décision du 13 octobre 2017 annulée pour un vice de légalité externe par jugement du tribunal administratif de Grenoble n°1706314 lu le 18 février 2020, contre lequel le maire de Murianette a interjeté appel. Dans la présente instance, Mme A demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 octobre 2020 par lequel le maire de Murianette, à la suite du jugement d'annulation précité, l'a réintégrée dans les effectifs de la commune, en tant que cet arrêté ne porte, d'une part, que pour l'avenir, et que, d'autre part, il la décharge de tout service en la privant en conséquence de tout traitement.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Contrairement à ce qui est soutenu en défense, Mme A ne demande pas l'exécution du jugement précité du 18 février 2020 en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative. Dès lors, la commune de Murianette n'est pas fondée à opposer l'incompétence du juge de l'exécution pour statuer sur la requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté, en tant qu'il refuse de réintégrer juridiquement Mme A à titre rétroactif, à la date de son licenciement :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ;
3. Par le jugement cité au point 1 du 18 février 2020, l'arrêté du 13 octobre 2017 prononçant le licenciement de Mme A a été annulé et il est de ce fait réputé n'avoir jamais existé. Ainsi, l'annulation d'une décision licenciant illégalement un agent public implique nécessairement, au titre de la reconstitution de sa carrière, la reconstitution des droits sociaux, et notamment des droits à pension de retraite, qu'il aurait acquis en l'absence de l'éviction illégale et, par suite, le versement par l'administration des cotisations nécessaires à cette reconstitution.
4. Il résulte de ce qui précède, qu'en l'absence de circonstance de fait ou de droit nouvelle, l'annulation de l'arrêté de licenciement du 13 octobre 2017 fait obstacle à ce que le maire de Murianette ait pu prononcer la réintégration de Mme A uniquement à compter de la date d'édiction de l'arrêté en litige, soit le 26 octobre 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté susvisé du 26 octobre 2020 doit être annulé en tant qu'il est dépourvu d'effet rétroactif et ne prend effet qu'à compter de la date de son édiction.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté, en tant qu'il refuse, pour l'avenir, de réintégrer effectivement Mme A dans l'emploi qu'elle occupait à la date de son licenciement et la prive de tout traitement :
6. Lorsque le juge administratif annule une décision ayant évincé un agent occupant un emploi unique, l'intéressé bénéficie, en exécution de cette annulation, d'un droit à réintégration dans l'emploi unique dont il a été écarté, au besoin après retrait de l'acte portant nomination de l'agent irrégulièrement désigné pour le remplacer. Seule une nouvelle décision légalement prise par l'autorité compétente mettant fin, sans effet rétroactif, aux fonctions de l'agent illégalement évincé est susceptible de faire obstacle à sa réintégration effective dans les fonctions relevant de cet emploi unique.
7. Eu égard au caractère d'emploi unique de l'emploi de secrétaire de mairie, Mme A devait, en application du principe ci-dessus rappelé, être effectivement réintégrée dans cet emploi. Si la Commune fait valoir que l'emploi de secrétaire de mairie ne pouvait plus être occupé par un agent contractuel à la date du jugement du 18 février 2020, il ne l'établit pas.
8. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté susvisé du 26 octobre 2020 doit être annulé en tant qu'il refuse de réintégrer effectivement Mme A dans l'emploi qu'elle occupait précédemment et la prive en outre de tout traitement.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
10. En premier lieu, eu égard aux motifs d'annulation retenu aux points 5 et 8, le présent jugement implique nécessairement de réintégrer juridiquement Mme A dans les effectifs de la commune à compter de la date d'effet de son licenciement décidé par l'arrêté du 13 octobre 2017, incluant la reconstitution des droits sociaux, et notamment des droits à pension de retraite qu'elle aurait acquis en l'absence de l'éviction illégale. Il y a lieu d'adresser au maire de Murianette une injonction en ce sens et de lui impartir un délai de quatre mois. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme A a à nouveau été licenciée par arrêté n°1092021 du 9 juillet 2021 devenu définitif, faute d'avoir été contesté. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction tendant à sa réintégration effective dans les effectifs de la Commune doivent être rejetées.
12. En troisième lieu, en l'absence de service fait, la demande de versement des traitements inhérents à l'emploi que Mme A occupait avant l'adoption du licenciement du 13 octobre 2017 ne peut être accueillie. Par ailleurs, les clauses du contrat dont l'intéressée était titulaire ne lui donnent droit à aucune reconstitution de carrière. Les conclusions à fin d'injonction de ce chef doivent également être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Murianette une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des frais d'instance. Les conclusions présentées par la commune de Murianette, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté susvisé du 26 octobre 2020 est annulé, en tant qu'il refuse de réintégrer Mme A dans l'emploi de secrétaire de mairie de la commune de Murianette à compter de la prise d'effet du licenciement qui avait été décidé par l'arrêté du 13 octobre 2017.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Murianette, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, de réintégrer juridiquement Mme A dans les effectifs de la commune à compter de la date d'effet de son licenciement décidé par l'arrêté du 13 octobre 2017, incluant la reconstitution des droits sociaux, et notamment des droits à pension de retraite qu'elle aurait acquis en l'absence de l'éviction illégale.
Article 3 : La commune de Murianette versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Murianette.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
Le rapporteur,
I. D
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2007897
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026