lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 décembre 2020, M. D, représenté par
Me Lacroix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2020 par lequel le maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc s'est opposé à la déclaration préalable portant division en vue de construire, ensemble la décision du 11 décembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Chamonix-Mont-Blanc de lui délivrer un arrêté de non-opposition à sa demande de déclaration préalable de division dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chamonix-Mont-Blanc une somme de
3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente à défaut de produire une délégation de signature régulièrement publiée ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 123-6 du code de l'urbanisme et les dispositions du règlement de la zone IAUB.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2021, la commune de Chamonix-Mont-Blanc conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol ;
- les conclusions de Mme A ;
- et les observations de Me Plenet, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 août 2020, M. D a déposé une déclaration préalable pour la division en vue de construire d'une parcelle cadastrée section E n° 33 d'une superficie de 975 m2 située 168 chemin de Piralotaz supportant un chalet d'habitation. Par un arrêté du 31 août 2020, le maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc s'est opposé à la déclaration préalable. Par un courrier du 21 octobre 2020 réceptionné le 23 octobre 2020, la commune de Chamonix-Mont-Blanc a été destinataire de son recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 11 décembre 2020. M. D demande l'annulation de l'arrêté du 31 août 2020 ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu du I de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, tels que, notamment, les inondations et les avalanches. Ces plans ont notamment pour objet, en vertu du II du même article, de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire tout type de construction ou réalisation d'aménagements ou d'ouvrages, notamment afin de ne pas aggraver le risque pour les vies humaines, ou de prescrire les conditions dans lesquelles les constructions, aménagements ou ouvrages doivent être réalisés, utilisés ou exploités. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 562-4 du même code : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme ". L'article L. 151-43 du code de l'urbanisme dispose : " Les plans locaux d'urbanisme comportent en annexe les servitudes d'utilité publique affectant l'utilisation du sol et figurant sur une liste dressée par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 151-31 du même code : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : () / 2° Les secteurs où () l'existence de risques naturels () justifie[nt] que soient interdites les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols ". Enfin, aux termes de l'article R. 151-34 de ce même code : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : / 1° Les secteurs où () l'existence de risques naturels () justifie [nt] que soient soumises à des conditions spéciales les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols () ".
3. D'autre part, selon l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe () les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". L'article R. 151-31 de ce même code dispose : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : () 2° Les secteurs où les nécessités du fonctionnement des services publics, de l'hygiène, de la protection contre les nuisances et de la préservation des ressources naturelles ou l'existence de risques naturels, de risques miniers ou de risques technologiques justifient que soient interdites les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols ".
4. Il résulte de ces dispositions que les autorités compétentes en matière d'urbanisme sont seulement tenues de reporter en annexe du plan local d'urbanisme les servitudes environnementales résultant de plans de prévention des risques naturels prévisibles. Il leur est, par ailleurs, loisible, sur le fondement de la législation d'urbanisme et des prérogatives que leur confèrent les articles L. 101-2, R. 151-31 et R. 151-34 du code de l'urbanisme, de prévoir dans le plan local d'urbanisme leurs propres prescriptions destinées à assurer, dans des secteurs spécifiques exposés à des risques naturels qu'elles délimitent, la sécurité des biens et des personnes.
5. Les auteurs du plan local d'urbanisme de la commune de Chamonix-Mont-Blanc ont défini les zones AU comme " les secteurs à caractère naturel de la commune destinés à être ouverts à l'urbanisation. / En particulier, les secteurs I AUB circonscrivent des territoires exposés à des phénomènes naturels ayant conduit à les ranger en zone bleue au PPR. / Le départ à l'urbanisation de ces différents territoires est subordonné à l'établissement préalable des équipements et moyens de protection collectifs, tel que précisés au PPR, hors et dans leur périmètre ".
6. M. D soutient que ni le règlement du PLU ni aucun autre document opposable ne vient clairement déterminer les conditions d'ouverture à l'urbanisation de la zone 1AUB et que, dans, ces conditions, ces dispositions lui sont inopposables.
7. Le PPR inondations approuvé par arrêté préfectoral du 17 mai 2002 dispose notamment que dans les zones M correspondant à un risque moyen à fort, il n'existe pas à la date de l'établissement de ce PPR, de mesure de protection efficace et économiquement acceptable, pouvant permettre l'implantation de nouvelles constructions ou ouvrages autres que ceux cités dans les règlements correspondants, soit du fait des risques sur la zone elle-même, soit du fait des risques que des implantations dans la zone pourrait provoquer ou aggraver. Le règlement de cette zone M C indique également qu'aucune nouvelle implantation ni extension d'emprise au sol n'est autorisée. Ce même document autorise dans la zone J les constructions sous prescriptions et notamment de concevoir les façades exposées de façon à résister à une surpression de 3 tonnes/m2. Enfin, le règlement de la zone AB du PPR avalanches autorise les constructions sous prescriptions.
8. Il est établi que la parcelle cadastrée section E n° 33, terrain d'assiette du projet, est classée en zone violette " 31M " C approuvé par arrêté du 17 mai 2002 pour le tiers de sa partie située au Nord-ouest correspondant à un risque modéré à fort (risque torrentiel de glissement de berges en zone urbanisée en raison de sa proximité avec l'Arve) et pour les deux tiers restants en zone " 28J " C correspondant à un risque faible à modéré - zone bleue de débordement torrentiel. Elle est également en zone bleue " 18 AB " dans le PPRa (avalanches) approuvé par arrêté préfectoral du 28 mai 2015 correspondant à une zone à prescriptions moyennes constructible sous conditions.
9. La parcelle cadastrée section E n° 33 dont est propriétaire M. D est pour les deux tiers en zone bleue C et PPRa correspondant à un risque faible à modéré autorisant la construction sous réserve de respecter diverses prescriptions. Or, la zone IAUb du règlement auquel est soumis l'intégralité de cette parcelle prévoit que l'ouverture à l'urbanisation est subordonnée à l'établissement préalable des équipements et moyens de protection collectifs, tel que précisés au PPR. Or, le PPR tant pour les inondations que pour les avalanches prévoient la possibilité de construire en zone bleue sous prescriptions. Ainsi, si le règlement du PLU pouvait comporter ses propres prescriptions destinées à assurer la protection des biens et des personnes, il ne pouvait renvoyer la constructibilité de la zone bleue à la réalisation d'ouvrages de protection qui ne sont pas prévues dans les PPRi et PPRa. Ainsi, le maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc ne pouvait légalement refuser la déclaration préalable de division en se fondant sur la circonstance que les équipements et moyens de protection collectifs n'ont pas été réalisés alors que ceux-ci ne sont pas prévus en zone bleue par le PPRi et PPRa.
10. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier soumis au tribunal, de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 août 2020 par lequel le maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc s'est opposé à sa déclaration préalable de division en vue de construire ainsi que de la décision expresse rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fins d'injonction sous astreinte :
12. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ".
13. Le présent jugement implique nécessairement que la maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc délivre l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de deux mois. Il n'y a pas lieu d'assortir cette demande d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui ne présente pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune de Chamonix-Mont-Blanc et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Chamonix-Mont-Blanc, partie perdante, la somme de 1 500 euros au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 31 août 2020 par lequel le maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc s'est opposé à la déclaration préalable est annulé ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Chamonix-Mont-Blanc de délivrer l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de deux mois.
Article 3 : La commune de Chamonix-Mont-Blanc versera à M. D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la commune de Chamonix-Mont-Blanc.
Délibéré après l'audience du 9 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauveplane, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
M. Sauveplane La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2007905
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026