mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007946 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL AABM AVOCATS ASSOCIES BERGERAS - MONNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 29 décembre 2020 et le 26 septembre 2022, M. A, représenté par Me Bergeras, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la commission des recours militaires en date du 27 octobre 2020 pris par le ministre de l'intérieur, le plaçant en congé longue maladie sans que l'affection ne soit reconnue comme survenue pour des raisons tenant à l'exercice de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre, au ministre de l'intérieur de prendre un arrêté reconnaissant son affection comme survenue pour des raisons tenant à l'exercice de ses fonctions, dans un délai de sept jours suivant la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) subisidiairement, de diligenter une expertise ;
4°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- la décision est entachée d'erreur dans l'appréciation de l'imputabilité de son affection au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique,
- et les observations de Me Angot, représentant M. A.
1. M. A, né en 1982, a intégré en 2006 la gendarmerie nationale en qualité de sous-officier. Le 15 octobre 2019, il a été placé en congé de maladie à la suite d'une blessure au genou lors d'une séance de sport programmée au service. Le 5 mai 2020, il a été placé, à compter du 1er juin 2020, en congé longue maladie sans lien avec le service. Le 8 juillet 2020, il a exercé un recours préalable obligatoire devant la commission des recours des militaires qui a été rejeté par une décision du 27 octobre 2020, notifiée le 3 novembre 2020. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 4138-13 du code de la défense : " Le congé de longue maladie est attribué () lorsque l'affection constatée met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Lorsque l'affection survient du fait ou à l'occasion de l'exercice des fonctions ou à la suite de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ce congé est d'une durée maximale de trois ans. Le militaire conserve, dans les conditions définies par décret en Conseil d'Etat, sa rémunération. Dans les autres cas, () le militaire servant en vertu d'un contrat réunissant moins de trois ans de services militaires bénéficie de ce congé, non rémunéré, pendant une durée maximale d'un an () ". Aux termes de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées () en service () peut être radié des cadres () ". Aux termes de l'article R. 4138-58 du code de la défense : " Le congé de longue maladie prévu à l'article L. 4138-13 est attribué () sur demande ou d'office, par décision du ministre de la défense () sur le fondement d'un certificat d'un médecin des armées, par périodes de six mois renouvelables. ".
3. Une maladie contractée par un fonctionnaire civil ou militaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. M. A fait valoir que les douleurs au genou ayant justifié son placement en congé de longue maladie le 5 mai 2020 résultent, d'une part, de l'épisode de douleur violente survenu lors d'un entraînement physique en service le 15 octobre 2019 qui a justifié la réalisation le 28 octobre 2019 d'une IRM montrant une lésion cartilagineuse récente et, d'autre part, d'une usure de l'articulation causée par ses obligations d'entraînement physique intensif. Pour écarter l'imputabilité au service, le ministre des armées s'est fondé sur un certificat médical du 30 janvier 2020 et un avis technique du 24 avril 2020, qui fait état pour le premier de la découverte d'une dysplasie, à savoir une malformation déstabilisant la rotule, avec lésion au stade IV du versant latéral de la patella, ce qui permet de conclure, pour le second, à l'absence d'imputabilité entre l'affection et le service.
5. Toutefois, l'existence d'une malformation ne permet pas d'écarter tout lien de la pathologie avec le service dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 3 ce lien de causalité n'a pas à être exclusif. En l'espèce, il est constant que, dans le cadre de son activité de gendarme mobile puis de membre du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie, M. A était astreint à un entraînement physique intensif aggravant l'usure de l'articulation, notamment le 15 octobre 2019. En ce sens, l'expertise médicale réalisée le 17 mars 2022 pour l'attribution d'une pension d'invalidité militaire à M. A retient un taux d'invalidité de 20% dont 15% imputable au service et 5% liée à la malformation. Par suite et quand bien même M. A ressentait déjà des douleurs aux genoux en septembre 2006, il doit être tenu pour acquis que les contraintes physiques de service ont aggravé l'état antérieur préexistant et que la pathologie est en lien causal direct, quoique non exclusif, avec le service.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son affection. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, la décision du 29 octobre 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. A et d'en tirer toutes les conséquences administratives et financières dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur du 29 octobre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de M. A et d'en tirer toutes les conséquences administratives et financières dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
Mme Coutarel, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La présidente-rapporteure,
A. B
L'assesseur le plus ancien,
F. DOULAT
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026