mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LENZI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 janvier 2021 et le 11 février 2021, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Le Château Les Amoureuses, représentée par Me Lenzi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2020 par lequel le préfet de la Drôme l'a mis en demeure de supprimer ou de mettre en conformité l'enseigne publicitaire installée sur un bâtiment situé le territoire de la commune de Donzère ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté contesté est entaché d'un défaut de motivation ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur de qualification juridique en estimant que le dispositif en cause était un support publicitaire ;
- le dispositif en cause est situé dans une zone d'aménagement concerté et ne porte aucune atteinte au cadre de vie environnant ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article R. 581-31 du code de l'environnement concernant les dispositifs publicitaires scellés au sol.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Argentin,
- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCEA Le Château Les Amoureuses exerce une activité de culture de la vigne. Par un courrier du 5 octobre 2020, la direction départementale des territoires de la Drôme a informé cette société du constat, hors agglomération, d'un dispositif publicitaire faisant apparaitre sa dénomination commerciale sur un bâtiment implanté sur le territoire de la commune de Donzère. En l'absence de réponse de la société à ce courrier, un procès-verbal de constat d'infraction a été dressé le 27 novembre 2020 par un agent de la direction départementale des territoires. Par l'arrêté contesté du 2 décembre 2020, le préfet de la Drôme a mis en demeure le directeur de la SCEA Le Château Les Amoureuses de supprimer ou de mettre en conformité le dispositif publicitaire en cause et identifié comme tel.
2. Aux termes de l'article L. 581-3 du code de l'environnement : " () 1° Constitue une publicité, à l'exclusion des enseignes et des préenseignes, toute inscription, forme ou image, destinée à informer le public ou à attirer son attention, les dispositifs dont le principal objet est de recevoir lesdites inscriptions, formes ou images étant assimilées à des publicités ; 2° Constitue une enseigne toute inscription, forme ou image apposée sur un immeuble et relative à une activité qui s'y exerce ; 3° Constitue une préenseigne toute inscription, forme ou image indiquant la proximité d'un immeuble où s'exerce une activité déterminée. ". Aux termes de l'article L. 581-7 du même code : " En dehors des lieux qualifiés d'agglomération par les règlements relatifs à la circulation routière, toute publicité est interdite. () ". Aux termes de l'article L. 581-27 du même code, dans sa version applicable au litige : " Dès la constatation d'une publicité, d'une enseigne ou d'une préenseigne irrégulière au regard des dispositions du présent chapitre ou des textes réglementaires pris pour son application () l'autorité compétente en matière de police prend un arrêté ordonnant () soit la suppression, soit la mise en conformité avec ces dispositions, des publicités () ".
3. Il résulte de ces dispositions que doit être qualifiée d'enseigne, l'inscription, forme ou image installée sur un terrain ou un bâtiment où s'exerce l'activité signalée.
4. En l'espèce, d'une part, l'adresse du siège ou d'exploitation de la société requérante ne situe pas sur la commune de Donzère. D'autre part, le constat d'huissier, produit par la société requérante afin de justifier d'une activité de production et de commercialisation, a été dressé le 2 février 2021 postérieurement à la date de la décision attaquée. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le bâtiment sur lequel est apposé l'inscription " Château Les Amoureuses " constituerait un lieu d'exercice de l'activité de la société requérante. Dans ces circonstances, la SCEA " Le Château Les Amoureuses " n'est pas fondée à soutenir que le dispositif litigieux constitue une enseigne. Par conséquent, la société requérante n'est pas plus fondée à soutenir que le préfet de la Drôme aurait commis une erreur de fait et une erreur de qualification juridique en retenant que le dispositif en cause constituait une publicité au sens de l'article L. 581-3 du code de l'environnement. Par conséquent, les moyens correspondants doivent être écartés.
5. La société requérante ne peut utilement faire valoir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article R. 581-31 du code de l'environnement concernant les dispositifs publicitaires scellés au sol dès lors que l'arrêté contesté n'est pas fondé sur un tel motif. Par suite, le moyen correspondant doit être écarté.
6. Le dispositif publicitaire en cause ayant fait l'objet un constat d'infraction, il résulte des dispositions citées au point 2 que le préfet de la Drôme, autorité compétente en matière de police, se trouvait en situation de compétence liée pour ordonner à la SCEA " Le Château les Amoureuses " de le supprimer ou de le mettre en conformité. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que l'arrêté a été signé par une autorité incompétente, est insuffisamment motivé et que le dispositif litigieux, situé en zone d'aménagement concerté, ne porte aucune atteinte au cadre de vie environnant. Par suite, ces moyens ne peuvent être qu'écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête doivent être rejetées.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens soient mis à la charge de l'Etat, qui, dans la présente instance, n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCEA " Le Château les Amoureuses " est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCEA " Le Château les Amoureuses " et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, présidente,
M. Argentin, premier conseiller,
Mme Portal, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
S. Argentin
La présidente,
A. BedeletLe greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026