mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100159 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS ERNST & YOUNG SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 janvier 2021 et 23 mai 2022, M A et le syndicat SUD SDIS de la Drôme, représentés par Me Bacha, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2020 par laquelle le président du conseil d'administration du SDIS de la Drôme lui a infligé un blâme, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil d'administration du SDIS a refusé, d'une part de fixer les modalités d'accès aux technologies de l'information de la communication (TIC) par les organisations syndicales et d'autre part, de créer les listes de diffusion et pages d'informations sollicitées par le syndicat SUD ;
3°) d'enjoindre au SDIS de la Drôme de procéder à :
- la création de pages d'informations syndicales sur un espace dédié sur le site internet du SDIS de la Drôme, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
- la création d'une liste de diffusion de courriels dédiée aux communications syndicales, dans les mêmes conditions de délai ;
- la fixation des conditions d'utilisation par les organisations syndicales des TIC, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du SDIS de la Drôme une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- S'agissant de la sanction disciplinaire contestée :
* elle est entachée d'erreur de droit dès lors que les faits reprochés ne présentent pas de caractère fautif ;
* elle présente un caractère discriminatoire.
- S'agissant de la décision refusant de faire droit à la demande de fixation des conditions d'utilisation des TIC par les organisations syndicales et de création des listes de diffusion et pages d'informations :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation du comité technique ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistré les 23 mars 2021 et 4 juillet 2022, le SDIS de la Drôme, représenté par Me Vivien, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le SDIS conteste les moyens invoqués.
Par lettre du 3 mai 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 24 mai 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 7 novembre 2022.
Vu :
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°85-397 du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Me Bacha, représentant les requérants, et de Me Radi, représentant le SDIS de la Drôme.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjudant-chef des sapeurs-pompiers professionnels et secrétaire général du syndicat SUD SDIS de la Drôme, a fait l'objet d'un blâme par arrêté du 7 juillet 2020 en lien avec l'envoi d'un mail syndical. Le 8 septembre 2020, M. A a formé un recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté et a sollicité la mise en œuvre, dans le cadre des dispositions du décret du 3 avril 1985, d'un groupe de travail dont l'objet serait d'établir un projet de charte, soumis au comité technique, encadrant l'usage des technologies de l'information et de la communication (TIC) par les organisations syndicales au sein du SDIS de la Drôme ; la création de pages d'informations syndicales sur un espace dédié sur le site intranet du SDIS et la création d'une liste de courriels dédiée aux communications syndicales. Par un courrier du 5 novembre 2020 le président du SDIS a refusé de retirer le blâme contesté et est resté silencieux sur les autres demandes contenues dans le courrier du 8 septembre 2020. Par la présente requête, M. A et le syndicat SUD SDIS demandent l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2020, ensemble la décision rejetant son recours gracieux et l'annulation de la décision implicite née du silence de l'administration sur les autres demandes précédemment décrites.
Sur la légalité du blâme infligé à M. A.
2. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
3. L'arrêté du 7 juillet 2020 est motivé par les faits suivants. Il est reproché à M. A, d'avoir le jeudi 2 janvier 2020 à 19h36, envoyé à partir de la boîte à lettres fonctionnelle du syndicat " un mail à destination de tous les salariés du SDIS de la Drôme sans autorisation préalable de la direction comme le prévoit la charte de systèmes d'information et de communication du SDIS 26 contenant un document constitué de plusieurs photos présentant des équipements du SDIS ainsi que le logo de cet établissement public ".
4. Toutefois, aucune des dispositions de la charte citée par la décision attaquée, ne soumet à une autorisation préalable de la direction l'envoi d'un mail à objet syndical. Par suite, les faits reprochés à M. A ne présentent pas de caractère fautif et ne sont pas de nature à fonder une sanction disciplinaire.
5. En se bornant à décrire le document transmis comme contenant des photos présentant des équipements du SDIS, l'administration n'articule aucune critique relative à l'usage de ces images. Par suite, faisant valoir, au stade de la décision rejetant le recours gracieux de l'intéressé, que ces images étaient protégées, le SDIS doit être regardé comme se prévalant d'un nouveau motif pour justifier sa sanction. Toutefois, celui-ci ne peut être substitué à celui figurant dans la décision disciplinaire attaquée, dès lors que la prise en compte de ce nouveau motif, concernant un grief autre que le grief initial, serait de nature à priver l'intéressé des garanties attachées à la procédure disciplinaire et notamment celle tenant à la consultation de son dossier administratif individuel.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens dirigés contre la sanction contestée, que l'arrêté du 7 juillet 2020 infligeant un blâme à M. A doit être annulé, ensemble la décision du 5 novembre 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur la légalité de la décision implicite de rejet.
En ce qui concerne le refus de fixer les conditions d'utilisation par les organisations syndicales des TIC.
7. Aux termes de l'article 4-1 du décret du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale, issu du décret n°2014-1624 du 24 décembre 2014 : " Les conditions d'utilisation par les organisations syndicales, au sein d'une collectivité ou d'un établissement, des technologies de l'information et de la communication ainsi que de certaines données à caractère personnel contenues dans les traitements automatisés relatifs à la gestion des ressources humaines, sont fixées par décision de l'autorité territoriale, après avis du comité technique, dans le respect des garanties de confidentialité, de libre choix et de non-discrimination auxquelles cette utilisation est subordonnée. Le cas échéant, cette décision précise les conditions dans lesquelles cette utilisation peut être réservée aux organisations syndicales représentatives au sens de l'article 3, compte tenu des nécessités du service ou de contraintes particulières liées à l'objet des facilités ainsi accordées. "
8. En application de ces dispositions, la détermination par les collectivités des conditions d'utilisation des TIC par les organisations syndicales revêt un caractère obligatoire. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le refus implicite né du silence de l'administration est entaché d'un vice de procédure, en l'absence d'avis du comité technique.
9. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, la décision implicite refusant de fixer les conditions d'utilisation des TIC doit être annulée.
En ce qui concerne le refus de créer une page d'information syndicale sur le site intranet du SDIS et une liste de diffusion de courriels dédiée aux communications syndicales.
10. La circulaire du 20 janvier 2016 relative à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale a pour objet de détailler les règles et principe applicables dans la fonction publique territoriale en matière de droits et moyens syndicaux, conformément au décret du n° 85-397 du 3 avril 1985 modifié par le décret 2014-1624 du 24 décembre 2014. Ayant pour destinataires " les collectivités territoriales pour mise en œuvre ", elle indique en son point B : " Accès au TIC (article 4-1 du décret du 3 avril 1985) " : " L'autorité territoriale fixe les conditions d'utilisation par les organisations syndicales, au sein d'une collectivité ou d'un établissement, des technologies de l'information et de la communication (TIC) ainsi que de certaines données à caractère personnel contenues dans les traitements automatisés relatifs à la gestion des ressources humaines. Elle définit, le cas échéant, les nécessités du service ou les contraintes particulières qui justifieraient que l'utilisation de ces TIC soit réservée aux organisations syndicales représentatives. /Les technologies de l'information et de la communication sont constituées de la mise à disposition des organisations syndicales d'une adresse de messagerie électronique aux coordonnées de l'organisation syndicale ainsi que de pages d'information syndicale spécifiquement réservées sur le site intranet de la collectivité ou de l'établissement. / Chaque organisation syndicale peut demander la création de listes de diffusion, sous réserve de la définition par l'autorité territoriale d'un critère de représentativité pour l'utilisation des TIC. Les données personnelles utilisées pour constituer les listes peuvent être, outre l'adresse de messagerie professionnelle nominative des agents et le service au sein duquel ils sont affectés, le cadre d'emplois auquel ils appartiennent ou, pour les personnels qui ne sont pas fonctionnaires, la catégorie dont ils relèvent. () ".
11. Il ne résulte pas des termes de cette circulaire, invocable par les requérants en application de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, que la création de pages d'information syndicale spécifiquement réservées sur le site intranet de la collectivité serait laissée à l'appréciation de l'autorité territoriale. Il en va de même pour la création de listes de diffusion en l'absence de toute contestation du caractère représentatif du syndicat SUD SDIS de la Drôme. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le refus implicite opposé par la collectivité est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
12. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, la décision implicite refusant de créer une page d'information syndicale sur le site intranet du SDIS et une liste de diffusion de courriels dédiée aux communications syndicales doit être annulée.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
13. Le présent jugement implique d'une part, qu'il soit enjoint au SDIS de la Drôme de fixer les conditions d'utilisation des TIC par les organisations syndicales en application de l'article 4-1 du décret du 3 avril 1985, de créer une page d'information syndicale sur le site intranet du SDIS et une liste de diffusion de courriels dédiée aux communications syndicales dans un délai de 6 mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du SDIS de la Drôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par le SDIS de la Drôme, la partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 juillet 2020, infligeant un blâme à M. A est annulé, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.
Article 2 : La décision implicite refusant de fixer les conditions d'utilisation par les organisations syndicales des technologies et l'information et la communication, de créer une page d'information syndicale sur le site intranet du SDIS et une liste de diffusion de courriels dédiée aux communications syndicales est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au SDIS de la Drôme, dans un délai de 6 mois à compter de la notification du présent jugement, de fixer les conditions d'utilisation des TIC par les organisations syndicales en application de l'article 4-1 du décret du 3 avril 1985, et de créer une page d'information syndicale sur le site intranet du SDIS et une liste de diffusion de courriels dédiée aux communications syndicales.
Article 4 : Le SDIS de la Drôme versera à M. A et au syndicat SUD SDIS 26 la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au syndicat SUD SDIS de la Drôme et au service départemental d'incendie et de secours de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au A le 9 mai 2023.
La rapporteure,
F. B
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026