mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2021, Mme B A, représentée par Me Laurent, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 28 mai 2018 par laquelle le conseil municipal de la commune de Domessin a approuvé le plan local d'urbanisme ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Domessin a adopté un certificat d'urbanisme négatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Domessin la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que le certificat d'urbanisme négatif est entaché de l'illégalité du plan local d'urbanisme par la voie de l'exception ; le plan local d'urbanisme a été approuvé aux termes d'une procédure irrégulière au sens de l'article L. 123-16 du code de l'environnement ; le classement de son terrain est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les objectifs que se sont assignés les auteurs du plan local d'urbanisme dans leur projet d'aménagement et de développement durables.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2023, la commune de Domessin, représentée par Me Le Gulludec, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Holzem,
- les conclusions de Mme C,
- et les observations de Me Laurent, représentant Mme A, et de Me Le Gulludec, représentant la commune de Domessin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé, auprès de la commune de Domessin, une demande de certificat d'urbanisme pour la division en deux lots à bâtir de la parcelle cadastrée section C n°1716. Par arrêté du 12 novembre 2020 le maire de la commune a refusé de déclarer réalisable l'opération au motif que le terrain était majoritairement en zone A du plan local d'urbanisme. Mme A demande l'annulation de cet arrêté, ainsi que de la délibération approuvant le plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, le dernier alinéa de l'article L. 123-16 du code de l'environnement, dans sa version applicable prévoit que tout projet d'une collectivité territoriale ayant donné lieu à des conclusions défavorables du commissaire enquêteur doit faire l'objet d'une délibération motivée réitérant la demande d'autorisation ou de déclaration d'utilité publique de l'organe délibérant de la collectivité. Ces dispositions n'imposent pas que l'examen des conclusions défavorables du commissaire enquêteur fasse l'objet d'une réunion distincte de celle au cours de laquelle le conseil municipal approuve la modification du plan local d'urbanisme ni d'une délibération matériellement distincte de la délibération approuvant le projet. Elles n'exigent pas non plus que l'organe délibérant débatte spécifiquement des conclusions du commissaire enquêteur, mais lui imposent seulement de délibérer sur le projet en ayant eu connaissance du sens et du contenu des conclusions du commissaire enquêteur.
3. Il résulte des termes mêmes de la délibération contestée, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, qu'il a été fait lecture du rapport et des conclusions du commissaire enquêteur et cette délibération contient en annexe un tableau récapitulatif des remarques du commissaire ainsi que de leur prise en compte dans la version approuvée du plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-16 du code de l'environnement manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, alors en vigueur : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone agricole, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-22, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste, fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'un détournement de pouvoir.
5. Il résulte clairement du rapport de présentation et de l'orientation 1.2 du projet d'aménagement et de développement durables que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu limiter l'urbanisation des hameaux et conforter l'urbanisation du chef-lieu. Si la parcelle de la requérante est bornée au sud par des parcelles classées en zone urbaine, elle est intégrée au nord et à l'est dans une vaste zone classée agricole, la circonstance que la parcelle au Nord est construite étant neutre quant à la possibilité de classer la zone en zone agricole en tant que tel. Ainsi cette parcelle est située en extension du hameau existant, de sorte qu'il était loisible aux auteurs du plan local d'urbanisme de la classer en zone agricole conformément aux partis d'urbanisme qu'ils ont retenus. De plus, la circonstance que cette parcelle soit desservie par les réseaux est sans incidence sur ce classement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement de la parcelle en litige doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Domessin au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête est rejetée.
Article 2 :Mme A versera à la commune de Domessin une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Domessin.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
J. Holzem
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2100264
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026