mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ARNAUD BASTID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 janvier 2021 et le 5 janvier 2022, Mme D C épouse B, représentée par Me Bastid, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2020 par lequel le maire de Samoëns a refusé de lui accorder un permis de construire pour la construction d'une maison à usage d'habitation d'une surface de plancher de 117 m², située sur la parcelle cadastrée à la section ZB 25, route des Peterets, Le Rossat, sur le territoire communal, ensemble la décision du 17 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Samoëns une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué méconnait l'autorité de la chose jugée, du fait du jugement n° 1707193 du 23 janvier 2020 devenu définitif par lequel un premier refus de construire a été annulé ; il est entaché d'une erreur de droit de ce fait ;
- le premier motif de refus de permis de construire fondé sur la méconnaissance par le projet de construction des dispositions de l'article L. 122-10 est infondé ; le terrain d'assiette ne fait l'objet d'aucune exploitation agricole ;
- le second motif fondé sur le raccordement au réseau électrique repose sur un avis du service gestionnaire périmé ; d'autres parcelles proches du terrain d'assiette ont été raccordées ; aucune demande ne lui a d'ailleurs été faite pour mettre à sa charge le raccordement.
Par un mémoire enregistré le 24 février 2021, la commune de Samoëns conclut au rejet de la requête.
La commune de Samoëns fait valoir que :
- du fait de la cristallisation des droits en application de l'article L.600-2 du code de l'urbanisme, les droits à construire ont été examinés au regard du règlement national d'urbanisme ;
- elle a suivi l'avis défavorable du préfet de la Haute-Savoie au projet de construction.
Par un mémoire enregistré le 22 novembre 2021, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Le préfet de la Haute-Savoie fait valoir que :
- la requérante ne peut se prévaloir de l'autorité de la chose jugée, l'arrêté qui a refusé le permis de construire ayant été annulé du fait que son exécution compromettrait l'exécution du futur plan local d'urbanisme et non au nom du maintien des activités agricoles et pastorales sur la parcelle en zone de montagne ;
- le terrain d'assiette se situe dans un secteur agricole à préserver ; la parcelle est inscrite au registre parcellaire graphique sans égard à la déclaration de l'exploitant agricole ; la parcelle est en outre classée en zone Ae dans le plan local d'urbanisme ;
- le second motif fondé sur les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est également fondé.
Par une lettre du 12 octobre 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 13 février 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 20 mars 2024.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 janvier 2025 :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de M. A,
- et les observations de Me Bastid, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 août 2017, le maire de Samoëns a sursis à statuer sur la demande de permis de construire présentée par Mme B en vue de construire une maison d'habitation d'une surface de plancher de 117 m², sur la parcelle ZB n° 25 route des Peterets, Le Rossat. Par jugement n° 1707193, rendu le 23 janvier 2020 et devenu définitif, le tribunal administratif a annulé l'arrêté du 14 août 2017. En application de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, Mme B a déposé une nouvelle demande de permis de construire le 5 juin 2020. Consulté au titre de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, le préfet de la Haute-Savoie a rendu un avis défavorable au projet de construction, le 6 juillet 2020. Par arrêté du 9 juillet 2020, le maire de Samoëns a refusé la demande de permis de construire. Le 7 septembre 2020, Mme B a présenté un recours gracieux qui a été rejeté par une décision du 16 novembre 2020. Dans la présente instance, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 9 juillet 2020, ensemble la décision du 16 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'autorité de chose jugée s'attachant au dispositif d'un jugement d'annulation devenu définitif ainsi qu'aux motifs qui en sont le support nécessaire fait obstacle à ce que, en l'absence de modification de la situation de droit ou de fait, le permis de construire sollicité soit à nouveau refusé par l'autorité administrative ou que le permis accordé soit annulé par le juge administratif, pour un motif identique à celui qui avait été censuré par le tribunal administratif.
3. Par arrêté du 14 aout 2017, le maire de Samoëns a sursis à statuer à la demande de Mme B d'un permis de construire, de même consistance et sur la même parcelle, au motif que celui-ci compromettrait l'exécution du futur plan local d'urbanisme dès lors que la parcelle serait classée en zone agricole et qu'elle s'insère dans un corridor écologique. Par jugement n° 1707193 du 23 janvier 2020 devenu définitif, le tribunal a annulé le refus de permis de construire présenté par Mme B au motif que le projet de construction n'était pas de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme ou à la rendre plus onéreuse.
4. Il ressort de l'arrêté attaqué que pour refuser le permis de construire en litige, le maire de Samoëns s'est fondé sur les motifs tirés de l'application de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme et de l'article L. 111-11 du même code. Par suite, l'arrêté attaqué dans le cadre de la présente instance repose sur des motifs distincts à ceux qui figuraient dans la décision de refus initiale, et qui avaient été censurés par le tribunal. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la commune s'est affranchie des motifs du jugement d'annulation n° 1707193 prononcée par le tribunal de céans et, qu'ainsi, l'arrêté attaqué méconnaît l'autorité de la chose jugée. Le moyen doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ".
6. En application de ces dispositions, le maire a compétence liée pour refuser un permis de construire en cas d'avis défavorable du préfet. Par suite, le maire de Samoëns était tenu de se conformer à l'avis défavorable du préfet de la Haute-Savoie du 6 juillet 2020. Ainsi, le moyen tiré de ce que le projet ne pourrait être raccordé au réseau électrique sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté comme étant inopérant.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme : " Les terres nécessaires au maintien et au développement des activités agricoles, pastorales et forestières, en particulier les terres qui se situent dans les fonds de vallée, sont préservées. La nécessité de préserver ces terres s'apprécie au regard de leur rôle et de leur place dans les systèmes d'exploitation locaux. Sont également pris en compte leur situation par rapport au siège de l'exploitation, leur relief, leur pente et leur exposition. ".
8. L'arrêté litigieux indique que le projet est situé sur un ilot agricole inscrit au registre parcellaire graphique des exploitations agricoles, travaillé en prairie permanente depuis plus de cinq ans et qu'ainsi, le projet est situé sur des terres nécessaires au maintien et au développement des activités agricoles et pastorales non conforme à l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme.
9. Toutefois, ces éléments ne suffisent pas à justifier à eux seuls que la protection de ce terrain, eu égard à son importance, serait nécessaire au maintien ou au développement des activités agricoles, pastorales et forestières de la commune. S'il ressort des pièces du dossier que les parcelles en cause se trouvent à proximité d'une vaste zone agricole, le projet de construction s'insère en bordure de voie publique et se situe entre deux constructions existantes. En dehors du registre parcellaire graphique de 2019, le préfet de la Haute-Savoie n'apporte aucun élément précis permettant de démontrer que la parcelle en cause même exploitée occuperait une place dans le système d'exploitation locale justifiant sa préservation. Dans ces conditions, la seule circonstance que la parcelle a été déclarée en prairie permanente au titre de la politique agricole commune n'est pas suffisante pour établir, eu égard à la localisation du tènement et à sa superficie, qu'elle serait nécessaire au maintien et au développement des activités agricoles, pastorales et forestières au sens et pour l'application de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de l'inexacte application de ces dispositions doit être accueilli et Mme B est fondée à solliciter l'annulation de la décision contestée et, par voie de conséquence, celle de la décision du 17 novembre 2020.
Sur les frais de justice :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Samoëns une somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du 9 juillet 2020 par lequel le maire de Samoëns a refusé d'accorder un permis de construire à Mme B et la décision du 17 novembre 2020 portant rejet du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : La commune de Samoëns versera une somme de 1 500 euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C épouse B et à la commune de Samoëns et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
J.-P. Wyss
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026