mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100306 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 janvier 2021, M. A B, représenté par Me Vabois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Rumilly lui a infligé la sanction de révocation, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de reconstituer sa carrière et de lui allouer une somme de 2 113,42 euros par mois, correspondant au traitement de base dont il a été privé depuis le 15 mars 2020, assortie des intérêts au taux légal ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rumilly une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le rapport introductif de saisine du conseil de discipline fait irrégulièrement apparaître des sanctions anciennes de l'intéressé, qui auraient dû ne plus figurer dans son dossier, si bien que le conseil de discipline s'est fondé sur des faits matériellement inexacts ;
- ayant été saisi le 7 janvier 2020, le conseil de discipline avait un mois pour rendre son avis suite à la suspension de l'intéressé à compter du 6 janvier 2020, conformément à l'article 13 du décret n°89-677 du 18 septembre 1989 ; or, en l'espèce, le conseil de discipline ne s'est réuni que le 14 février 2020, soit au-delà du délai réglementaire ;
- la sanction de révocation a été prise le 11 mars 2020, soit dans un délai excessif par rapport à l'avis du conseil de discipline rendu le 14 février 2020 ;
- l'arrêté de révocation est insuffisamment motivé ;
- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;
- la sanction de révocation est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, la commune de Rumilly, représentée par Me Duraz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que
- la requête est tardive, donc irrecevable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller;
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Montoya, représentant la commune de Rumilly.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent de maîtrise principal employé par la commune de Rumilly, a fait l'objet d'une sanction de révocation par l'arrêté susvisé du 11 mars 2020, dont il demande l'annulation dans la présente instance.
2. L'arrêté attaqué comporte les considérations précises de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est, par suite, suffisamment motivé.
3. La circonstance que le rapport introductif d'instance transmis au conseil de discipline ait mentionné des sanctions infligées par le passé à M. B et qui auraient dû être effacées de son dossier est sans influence sur la régularité de l'avis rendu par le conseil de discipline lui-même, qui ne fait aucun état de ces sanctions.
4. S'il résulte des dispositions de l'article 13 du décret n°89-677 du 18 septembre 1989 que lorsque le fonctionnaire poursuivi fait l'objet d'une suspension, le conseil de discipline doit rendre son avis dans le délai d'un mois après avoir été saisi par l'administration, cette obligation n'est toutefois pas prescrite à peine de l'irrégularité de cet avis. En tout état de cause, la circonstance qu'en l'espèce, le conseil de discipline a rendu son avis une semaine après l'expiration du délai d'un mois qui lui était imparti en vertu de ces dispositions est sans incidence sur la sanction de révocation contestée.
5. Si l'intéressé soutient que la sanction de révocation a été prise le 11 mars 2020, soit dans un délai excessif par rapport à l'avis du conseil de discipline rendu le 14 février 2020, il n'invoque aucun texte de droit ni aucun principe qui aurait été, en l'espèce, méconnu. En tout état de cause, ce délai n'apparaît pas excessif. Le moyen tiré d'un délai déraisonnable doit donc être écarté.
6. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable au litige: " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dispose : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. Quatrième groupe : - la mise à la retraite d'office ; - la révocation. () ".
7. Pour infliger la sanction de révocation attaquée, la commune de Rumilly reproche à M. B un manquement à son obligation d'obéissance hiérarchique, un manquement à son obligation d'effectuer les tâches confiées, un manquement aux règles d'hygiène et de sécurité en venant au travail sous l'empire d'un état alcoolique, et la persistance d'une attitude agressive et conflictuelle. Si M. B conteste en premier lieu s'être présenté au travail en état d'ébriété le 18 octobre 2019, n'ayant selon lui bu qu'un verre de vin blanc dans un contexte où il suivait un traitement contre son addiction, il n'établit pas que la constatation factuelle retenue par l'arrêté attaqué selon laquelle il s'est présenté ce jour-là au travail sous l'empire d'un état alcoolique, documentée par deux rapports circonstanciés établis par la directrice des ressources humaines et le responsable de la régie technique, serait matériellement erronée. S'il soutient, en outre, que les faits de désobéissance et d'agressivité relèvent en réalité de difficultés relationnelles ponctuelles, la récurrence des épisodes de contestation des consignes hiérarchiques et la virulence du comportement agressif et injurieux de M. B à l'égard de ses collègues et de sa hiérarchie sont bien documentées par les pièces du dossier, en particulier le rapport introductif de saisine du conseil de discipline et ses pièces justificatives, et le procès-verbal du conseil de discipline du 14 février 2020. Ces faits doivent donc être également regardés comme matériellement établis. Eu égard à la gravité et à la récurrence des faits de désobéissance et d'agressivité, la sanction de révocation n'apparaît pas disproportionnée ou entachée d'une erreur d'appréciation, quand bien même M. B n'aurait pas été en état d'imprégnation alcoolique le 18 octobre 2019. M. B n'est donc pas fondé à en demander l'annulation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune et tirée de la tardiveté de la requête.
9. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. B, la partie perdante, doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de de ce dernier la somme demandée par la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentée par la commune de Rumilly sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Rumilly.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président rapporteur,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210306
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026