lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100412 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 janvier 2021, Mme C D née F, Mme A B née F et M. G E, représentés par Me Dubois, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 23 juillet 2020 par laquelle le conseil municipal de Choisy a modifié le plan local d'urbanisme approuvé le 24 février 2020, ensemble le rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Choisy la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération contestée est irrégulière en l'absence de sa publication ;
- la convocation des conseillers municipaux est irrégulière en l'absence de preuve de la mention de l'ordre du jour de la séance ;
- les modifications votées ne résultent pas de l'enquête publique et portent atteinte à l'économie générale du plan en méconnaissance de l'article L.153-21 du code de l'urbanisme ;
- le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée A n°1050 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Une mise en demeure de défendre, restée sans réponse, a été adressée à la commune de Choisy le 24 avril 2021 en application de l'article R.612-3 du code de justice administrative.
Un courrier a été adressé le 26 avril 2021 aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la date ou de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2.
Par une ordonnance du 24 novembre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Par une lettre du 29 avril 2024, le tribunal a informé les parties de ce qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation du vice affectant la légalité de la délibération du 23 juillet 2020 modifiant le plan local d'urbanisme, tenant au non-respect de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales (convocation des conseillers municipaux).
Vu la décision contestée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aubert,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts F sont propriétaires de la parcelle cadastrée section A n°1050, située sur le territoire de la commune de Choisy, classée en zone A par le nouveau plan local d'urbanisme de la commune approuvé par une délibération du 24 février 2020. A la suite du recours gracieux exercé le 23 juin 2020 contre cet acte par le préfet de la Haute-Savoie, le conseil municipal a, par la délibération contestée du 23 juillet 2020, apporté des modifications au plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la méconnaissance des règles de publicité :
2. Aux termes de l'article R.153-20 du code de l'urbanisme : " Font l'objet des mesures de publicité et d'information prévues à l'article R. 153-21 : / ()2° La délibération qui approuve, révise, modifie ou abroge un plan local d'urbanisme ; / () ". Selon les termes de l'article R.153-21 du même code : " Tout acte mentionné à l'article R. 153-20 est affiché pendant un mois au siège de l'établissement public de coopération intercommunale compétent et dans les mairies des communes membres concernées, ou en mairie. Mention de cet affichage est insérée en caractères apparents dans un journal diffusé dans le département. "
3. D'une part, la branche du moyen tirée de l'irrégularité de la délibération du 24 mars 2016 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme est inopérant à l'encontre de la délibération l'approuvant. D'autre part, la publicité de la délibération contestée du 23 juillet 2020, dès lors qu'elle lui est postérieure, ne conditionne pas la légalité de cet acte mais seulement son caractère exécutoire. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la convocation des conseillers municipaux :
4. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse ". Aux termes de l'article L. 2121-11 du même code : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion () ". L'article L. 2121-13 du même code affirme le droit de tout membre du conseil municipal d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération.
5. Les requérants se prévalent de l'irrégularité de la convocation des conseillers municipaux en ce qu'il n'est pas justifié qu'elle indiquait les questions posées à l'ordre du jour. La commune, sur qui repose la charge de cette preuve, n'a pas défendu malgré une mise en demeure. Par suite, il n'est pas démontré que les conseillers municipaux ont été régulièrement convoqués à la séance du 23 juillet 2020. L'irrégularité des convocations, qui est susceptible d'avoir exercé une influence sur le sens de la délibération et qui a, par elle-même, privé les membres du conseil municipal d'une garantie, entache d'illégalité la délibération du conseil municipal prise au cours de la séance du 23 juillet 2020. Par suite, le moyen doit être accueilli.
En ce qui concerne la procédure applicable aux modifications du plan local d'urbanisme :
6. L'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dispose : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : () / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8. "
7. En l'espèce, le plan local d'urbanisme de Choisy, approuvé par une délibération du conseil municipal en date du 24 février 2020, est devenu exécutoire le 27 février 2020, date de sa transmission au préfet, dès lors que la commune est couverte par un schéma de cohérence territoriale. Dans ces conditions, la délibération contestée du 23 juillet 2020 n'entre pas dans le champ de l'article L.153-21 du code de l'urbanisme qui régit les modalités de modification du plan à l'issue de l'enquête publique antérieurement à son approbation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ce texte ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le classement de la parcelle cadastrée section A n°1050 :
8. Il résulte des articles L. 151-5, L. 151-9 et R. 151-22 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
9. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
10. La parcelle cadastrée A n°1050 appartenant aux consorts F est un tènement d'environ 2 500 m², vierge de toute construction. S'il est bordé à l'est et au sud de parcelles construites et classées en zone urbaine Uh, il jouxte au nord des bois, classés en zone naturelle, et s'ouvre sur une vaste zone agricole à l'ouest. Il appartient au secteur de Véry, pour lequel le rapport de présentation fait le choix de limiter le développement de son hameau compte tenu de la prédominance des enjeux agricoles. Par suite, et compte tenu tant des caractéristiques propres du terrain que de celles du secteur dans lequel il s'insère, son classement en zone A n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Choisy une somme de 1 500 euros à verser aux requérants.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de Choisy en date du 23 juillet 2020 est annulée, ensemble le rejet du recours gracieux des consorts F.
Article 2 : La commune de Choisy versera une somme de 1 500 euros aux requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. G E, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune de Choisy.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Barriol, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
E. Aubert
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026